Communication par images. Félix a signé son «suicide» à Lubumbashi !

 

  • Des images parmi les plus éloquentes à garder de son séjour au chef-lieu du Haut Katanga, la première est celle le présentant prêt à en venir aux mains avec des policiers. Même si on n’entend pas les propos qu’il leur tient certainement en français (les témoins pourraient les rapporter), on devine ce dont il s’agit. La seconde image est le message de la fédération Udps « Je suis dans le Père et le Père est en moi« . Deux images qui traduisent la dangerosité du culte de la personnalité…

 

Si dans son agenda secret le G7 voulait disqualifier le président national de « Rassemblement/Limete » de la course à la présidentielle en faveur de son candidat déclaré Moïse Katumbi, on peut affirmer que le coup monté a bien réussi : Félix Antoine Tshilombo s’est mis hors-jeu. Car, la posture d’homme d’État appelé à un grand destin a des exigences. Au nombre desquelles la capacité de retenue devant tout ce qui a l’air d’une provocation. Même Gabriel Kyungu – son « manager » le temps du séjour lushois – ne réagit jamais en usant des voies de fait sur un agent de l’ordre. Encore moins Moïse Katumbi. Peut-être parce qu’ils ont assumé les fonctions de gouverneur. Les images saisissantes entrées dans l’histoire (Ghandi, Lumumba, Luther King, Mandela) sont celles des personnages ayant gardé le sang-froid même lorsqu’ils étaient malmenés par les agents de l’ordre…

 

La question posée alors dans la chronique « Que fait Félix à Lubumbashi ? » la veille de l’arrivée à Kinshasa de Nikki Haley revient d’elle-même. D’autant plus que rien ne justifiait ce séjour qui se révèle finalement contreproductif pour lui.

Déjà une petite curiosité dans les médias dits périphériques : VOA a superbement ignoré la présence de Fatshi dans la capitale du cuivre. RFI l’a certes fait, mais en reprenant in extenso ses propos ravageurs en interne comme en externe. En externe particulièrement, le fait de qualifier d’«irresponsables» les 153 États membres de l’Onu à avoir élu la RDCongo  au Conseil des droits de l’homme de l’Onu, les deux tiers n’étant même pas africains.

Comment effacer la gaffe de Lubumbashi ?

En tant que primature et présidentiable

De prime abord, il est essentiel de rappeler à tout acteur politique congolais qui ne le sait pas ou fait semblant de ne pas le savoir que l’armée ou la police est un corps de discipline. Chaque militaire, chaque policier obéit avant tout à l’ordre. Il ne sert à rien de lui demander de s’appliquer par exemple le fameux alinéa 1 de l’article 64.

La Constitution dont l’Opposition se fait l’avocat dit exactement de l’article 182 à l’article 184 de la police ce qui suit :

– «La Police nationale est chargée de la sécurité publique, de la sécurité des personnes et de leurs biens, du maintien et du rétablissement de l’ordre public ainsi que de la protection rapprochée des hautes autorités». (Article 182).

– «La Police nationale est apolitique. Elle est au service de la Nation congolaise. Nul ne peut la détourner à  ses fins propres» et «La Police nationale exerce son action sur l’ensemble du territoire national dans le respect de la présente Constitution et des lois de la République» (Article 183).

– «La Police nationale est soumise à l’autorité civile locale et est placée sous la responsabilité du ministère qui a les affaires intérieures dans ses attributions». (Article 184).

La même Constitution dit de l’armée à l’article 188 : «Les Forces armées sont républicaines. Elles sont au service de la Nation toute entière. Nul ne peut, sous peine de haute trahison, les détourner à ses fins propres. Elles sont apolitiques et soumises à l’autorité civile».

Mais, surtout, en tant que primaturable dans le cadre de l’Accord du 31 décembre 2016 et présidentiable dans celui des élections à venir (on ne voit pas comment va-t-il s’y prendre pour les deux à la fois), Félix Antoine Tshilombo sait qu’aux termes de l’alinéa 4 de l’article 91, le Gouvernement (sans distinction de statut ni de période) «dispose de l’administration publique, des Forces armées, de la Police nationale et des services de sécurité».

Aussi, quelles que soient les circonstances, il ne pouvait, il ne peut, il ne pourra jamais porter la main ou tenter de le faire sur un militaire ou un policier.

Même s’il a l’ADN de son père, au moins Etienne Tshisekedi ne l’osait pas !

Modus operandi inculqué aux combattants

Comment effacer la gaffe ? La première initiative louable de sa part n’est pas de demander pardon aux forces de défense et de l’ordre. Félix a sa fierté.

Mais il doit absolument s’éloigner d’un «héritage» légué par son père aux «combattants» : la culture de défiance de tout homme en uniforme ou en arme.

Le grand défaut de son père est et restera la désacralisation de l’Autorité de l’Etat avec pour conséquence la désacralisation de l’Autorité politique, de l’Autorité religieuse et de l’Autorité coutumière.

Sous la Transition 1990-1997 appelée aussi «Transition Mobutu-Tshisekedi», le lider maximo n’était pas à proprement parler un meneur d’hommes exemplaire. Il avait  fait ou laissé faire du combattant-type un militant au mépris facile, prêt à en découdre avec toute personne qui tente de soutenir le discours contraire ou de l’entraver dans sa marche confondue généralement avec la liberté.

Injurier les gouvernants, brûler le drapeau ou la monnaie, déformer l’hymne national, terroriser les membres du parti en désaccord avec certains actes du chef (phénomène auto-exclusion), tourner en dérision des ministres de Dieu et des chefs coutumiers, faire la chasse aux opérateurs économiques, culturels et sportifs, promettre l’enfer aux professionnels des médias dont le seul tort aura été d’afficher leur droit à la différence, c’était cela, le modus operandi inculqué aux combattants sous le leadership d’Etienne Tshisekedi.

Une laborieuse «remontada» à entreprendre

Au final, l’Udps est le seul et unique parti à aligner jusque-là le lot le plus important des personnes mortes, blessées, arrêtées, pillées, forcées au chômage, voire à l’exil, ce au nom de la lutte pour la démocratie.

Ce serait alors de la part de Félix Antoine Tshisekedi une grosse faute que de croire le Congolais lambda prêt à d’autres sacrifices. La preuve est qu’à chacune de ses prestations publiques à Kinshasa, la mobilisation de la base est de moins en moins forte.

L’Udps a une laborieuse «remontada» à entreprendre.

Fatshi est bien placé pour le savoir : depuis sa création en 1982, ce parti ne s’est jamais véritablement et sérieusement préparé pour une échéance électorale. Ce sera le sujet de la prochaine chronique.

En attendant, il va bien falloir qu’il s’en rende compte et n’en nie pas l’évidence : le séjour à Lubumbashi n’aura pas été un succès. Si le G7 – tête pensante et agissante de «Rassemblement/Limete» – a cherché par cette occasion à le décrédibiliser aux yeux des «parrains occidentaux», c’est désormais fait.

A lui d’en tirer la leçon !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

PROCHAINEMENT

PARLONS VRAI

L’Udps n’a jamais été prête pour les élections depuis 1990 !

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