Parlons vrai et franc. L’Udps jamais prête pour les élections depuis 1990

  • A l’annonce de chaque échéance électorale, elle réagit de la même manière et avec le même argument : soupçon de fraude électorale de la part du pouvoir organisateur !

 

Félix Antoine Tshilombo a terminé le mois d’octobre 2017 avec une conférence de presse le mardi 31 après un séjour tumultueux à Lubumbashi en prélude du séjour de l’américaine Nikki Haley en RDCongo. «La position du Rassemblement n’a pas changé. Nous avons tenu à la marteler auprès de Mme Nikki Haley. C’est-à-dire, transition certes, mais transition sans Kabila», a-t-il déclaré aux chevaliers de la presse en insistant sur le fait que le chef de l’Etat actuel «ne peut plus se mêler ou être mêlé au processus électoral en cours», au motif que «De 2011 à ce jour, M. Kabila n’a jamais songé à l’alternance démocratique» et que «le peuple ne veut plus de lui». Message, a-t-il dit,  «présenté à Mme Nikki Haley. Il a demandé au peuple «de se mobiliser encore davantage pour répondre à l’appel du Rassemblement pour des actions pacifiques mais résolues». En plus, a-t-il répété, la Céni – qui cesse d’être crédible à ses yeux – ne peut plus «conduire le processus électoral à des élections crédibles». Exit donc Joseph Kabila, exit aussi la Céni en la personne de Corneille Nangaa…

 

La position de Fatshi n’a rien de surprenant pour ceux qui connaissent très bien l’histoire de l’Udps de ces 27 dernières années. Il suffit de remonter cette histoire pour la circonscrire et démontrer, preuve à l’appui, que ce parti a pour spécialité de créer et de multiplier des incidents la veille de chaque rendez-vous électoral.

Tenez :

– ANNEE 1990. Mobutu met fin au règne du Mpr Parti-Etat, à une année de son deuxième septennat arrivant à terme en 1991.

L’Udps s’en attribue la victoire tout en sachant que le processus démocratique enclenché ne peut se consolider que par l’annonce et la tenue des élections libres, démocratiques et transparentes.

Curieusement, Etienne Tshisekedi – pourtant en très bonne position pour gagner le premier scrutin – s’éloigne subtilement de l’échéance en amenant le peuple dans le schéma du soulèvement populaire. Exactement comme le fait Félix aujourd’hui.

Résultat : pas d’élections, mais surtout maintien de Mobutu au pouvoir jusqu’au 16 mai 1997. Le maréchal va se taper quasiment six ans de glissement à son poste.

Si l’Afdl n’était pas venue, peut-être serait-il mort le 7 septembre 1997 en étant au pouvoir, avec tous les effets collatéraux effrayants qu’on imagine : famille biologique se disputant en interne la succession, famille politique faisant autant, voire l’armée ou le peuple !

ANNEE 1996. Auparavant, Kengo, devenu Premier ministre en 1994 à la faveur des Accords du Palais du Peuple ayant mis fin aux schémas de la Conférence nationale souveraine et du Conclave politique de Kinshasa, se lance dans les préparatifs électoraux. L’Union européenne annonce une contribution équivalant à 250 millions de dollars US.

En octobre, la guerre de l’Afdl commence.

Au lieu de s’investir dans le processus électoral en voie d’enclenchement, l’Udps apporte plutôt son soutien au mouvement insurrectionnel parti de Lemera, qualifiant au passage  Laurent-Désiré Kabila de «digne fils du pays».

Voici un parti qui a bâti sa lutte politique sur la non-violence et qui donne sa caution à la violence.

Résultat : pas d’élections et avènement de Laurent-Désiré Kabila au pouvoir.

ANNEE 1997. Laurent-Désiré Kabila succède à Mobutu Sese Seko à la tête du pays. Il annonce les élections dans les deux ans à venir, entendez au plus tard 1999.

Dès l’investiture du nouveau Président de la République, Etienne Tshisekedi – qui ne s’entend finalement pas avec L-D. Kabila au motif véritable de non-retour à la légalité établie à la Conférence nationale souveraine qui l’avait élu Premier ministre – prend position en faveur des puissances et des ONGDH occidentales qui se servent du rapport publié par l’Azadho (actuelle Asadho) faisant état de disparition des centaines de milliers de réfugiés hutu pendant la guerre de libération.

D’où les pressions surtout américaines exercées sur le nouveau pouvoir par des personnalités comme Madeleine Albright et  Jesse Jackson.

Les enquêtes dites internationales menées d’abord par la Commission Roberto Garreton remplacée par la Commission Kofi Améga sont quasiment mises à mal. Le 2 août 1998, l’agression installe le pays sous trois administrations concurrentes, la première contrôlée par le Gouvernement, la deuxième par le Rcd, la troisième par le Mlc.

A la surprise générale, l’Udps se range du côté du Rcd. Etienne Tshisekedi est même l’invité d’honneur de ce parti à un défilé organisé à Kisangani où se battront en terre congolaise deux armées étrangères : celles de l’Ouganda soutenant le Rcd/N en plus du Mlc et du Rwanda soutenant le Rcd/Goma.

Résultat : pas d’élections !

ANNEE 2001 : Laurent-Désiré Kabila est assassiné le 16 janvier. L’Udps fait partie des partis qui s’en réjouissent ouvertement. Au fait, cet assassinat bloque le processus électoral escompté.

ANNEES 2005-2006. La Commission électorale indépendante (CEI) lève l’option  d’enrôlement des électeurs. Au Dialogue intercongolais, l’Udps avait réussi à imposer l’option du recensement général de la population.

S’estimant abusée, l’Udps ordonne le boycott primo du fichier électoral, secundo du référendum constitutionnel, tertio des élections proprement dites. D’où la non-participation à l’ensemble des opérations préélectorales et électorales.

Résultat : pas d’élections pour les Udépésiens !

Ainsi, l’Udps n’aura sous le premier cycle électoral ni députés national, ni sénateur, ni député provincial, ni gouverneur ou vice-gouverneur de province.

ANNEE 2011. Contre toute attente, de Bruxelles où il est en convalescence, Etienne Tshisekedi annonce en 2009 la participation de l’Udps au deuxième cycle électoral.

Une année auparavant, le parti se réunit en congrès pour investir les candidats à la présidentielle (Etienne Tshisekedi) et à la députation nationale. Il se constate seulement que l’Udps n’a à proprement parler ni de logistique électorale (moyens de transport, affiches et affichettes etc.), ni de programme de gouvernement. D’ailleurs, d’Afrique du Sud où il est en convalescence, Etienne Tshisekedi crée la surprise en se déclarant vainqueur avant même la tenue des élections.

Quand la campagne électorale commence, il peine à se déplacer d’un coin à un autre du pays. A l’étape de Kindu, par exemple, l’équipage sud-africain le lâche dans la nature pour cause de fin de contrat.

Bien plus, il suscite à Kinshasa des incidents le 26 novembre 2016, soit 48 heures avant la date du 28 novembre fixée pour le scrutin.

Résultat : il échoue à la présidentielle, ce qui ne l’empêche pas de disqualifier les premiers députés élus de l’Udps depuis 1982.

Cela dure depuis 27 ans !

Authentiques, ces éléments le sont pour les élections antérieures. Nous voici maintenant en 2016 et 2017. Le constat est le suivant :

ANNEES 2016 et 2017.  Depuis sa rencontre de Paris le 10 décembre 2015 avec Moïse Katumbi, Félix Antoine Tshilombo est de tous les débats, sauf celui des préparatifs de l’Udps pour les élections consacrant l’alternance politique.

En 2016, ce parti s’est lancé dans «Yebela !», «Carton rouge !», «Carton jaune», «Régime spécial». Au final : échec total.

En cette année 2017, outre la fameuse «Transition Sans Kabila», l’Udps nous bombarde via Internet avec des messages du genre «Esili».

Au fait, si on analyse bien les faits et geste de ce parti, l’évidence implacable à se présenter est celle d’une organisation politique qui cherche par tous les moyens à obtenir le leadership de l’Opposition sans cependant payer le vrai prix, en l’occurrence la participation effective au processus électoral.

En témoigne, la non-tenue du congrès électif.

L’Udps, en effet, ne s’applique pas ses propres statuts qui prévoient certes la succession du président dans les 30 jours après le décès, la démission ou l’empêchement définitif du président national d’exercer ses fonctions, mais aussi l’opérationnalisation de la Convention démocratique du parti et de la Commission électorale du parti.

Effectivement, depuis 2010, ni la Cdp ni la Cep ne fonctionnent. Or, sans ses trois structures, l’Udps vit et agit en violation stricte de ses propres statuts.

En définitive, ce parti n’est pas prêt pour les élections de 2017, de 2018 ou de 2019. Tout simplement parce que depuis 1990, il n’a jamais été prêt pour les élections.

Il va s’en dire que la dernière prestation de Félix Antoine Tshilombo est simplement une diversion.

Parti se disant non-violent, l’Udps ne carbure que par la violence. Parti se disant démocratique, l’Udps ne carbure que par la pensée unique et inique.

Et cela dure depuis 27 ans !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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