Calendrier électoral. Rassop/Limete et Alliés : réactions mal planifiées…

 

  • Corneille Nangaa est bien obligé de s’expliquer sur les calendriers de 504, de 365 et finalement de 306 jours

 

A défaut d’une plénière à l’Assemblée nationale ou au Sénat – voire les deux réunis exceptionnellement en congrès –  le président du Bureau de la Ceni sait que son grand oral de l’année est, sauf imprévu, pour ce samedi 11 novembre 2017 sur « Top Congo Fm ». On pourra en savoir plus, mieux davantage sur le timing exact de l’organisation des élections. Une chose est vraie : Nangaa n’a eu de cesse de dire et de redire que ce timing est tributaire des contraintes indépendantes de la Centrale électorale. Effectivement, ce n’est pas la Ceni qui produit les lois, génère les recettes constituant le financement électoral ou sécurise les opérations pré-électorales et électorales…

 

La veille de la publication du calendrier électoral le 5 novembre 2017, l’opinion avertie a vu et entendu le président de la Centrale électorale séjourner successivement aux États-Unis, en Europe (Union européenne) et en Afrique (Union africaine). D’ailleurs, il a dû revenir précipitamment à Kinshasa pour rencontrer le 23 octobre 2017 Nikki Haley avant de reprendre son périple à l’étranger.

On peut supposer qu’à l’occasion de ce tour des partenaires extérieurs, il a obtenu des assurances sur le soutien de la communauté internationale, soutien ayant fait défaut à la Ceni qui, jusque-là, bénéficie du financement du Gouvernement seul et de la logistique de la Monusco.

Si tel est le cas, le procès qu’on lui fait sur le timing est tout ce qu’il y a de gratuit, d’injuste.

Réagir sous l’impulsion de l’épiderme

Ce qui est déjà malheureux du côté des forces politiques et sociales dites acquises au changement, c’est la spontanéité des réactions de rejet. C’est même à croire que ces réactions ont été apprêtées avant et n’attendaient que la publication pour être médiatisées.

Aucun acteur de Rassop/Limete, aucun activiste de la société civile alliée, aucun animateur d’un mouvement pro-démocratie n’a, en effet, annoncé une réunion de son organisation pour préparer une réponse appropriée. Chacun s’est lancé en solitaire dans des déclarations incendiaires.

Il suffit d’analyser les premières déclarations de Rassop/Limete et de ses Alliés pour s’en rendre compte. Dans aucune, mais alors aucune allusion n’est faite à une réunion du comité directeur, du directoire ou du bureau politique. Chaque « patron » a décidé unilatéralement et souverainement, sans associer les membres, de prendre position.

En plus, de Félix Antoine Tshilombo à Floribert Anzuluni en passant par Moïse Katumbi, Martin Fayulu, Eve Bazaiba et autres Eugène Diomo, tout le monde a agi, ou plutôt réagi comme si on obéissait à une consigne ! Comment, du reste, s’en étonner puisque le mot prononcé est le même : «PROVOCATION» !

Ce n’est que plus tard que les « patrons » ont commencé à se souvenir de l’existence des partis, des ONGDH, des mouvements pro-démocratie.   Et même quand ils l’ont fait, les uns se sont bornés à des coquilles, d’autres à des lapsus. Aucun n’a produit une critique complète, point par point. Certains ont publié des calendriers alternatifs qualifiés de réalistes.

Tous, par contre, se sont distingués avec des menaces.

Prenons les tweets de Lucha : c’est carrément un appel à insurrection.  On ne connaît au monde aucun État qui puisse verser ce genre d’appels au compte des libertés fondamentales.

Résultat : les prises de position de Washington et de Paris – puissances auprès desquelles les anti-Kabila devenus anti-Nangaa se ressourcent – exprimées le lendemain résonnent comme un désaveu de tous les fatwas brandis.

D’ailleurs, on attend de Fatshi et de Fayulu le courage de qualifier d’irresponsables les Américains et les Français comme le premier l’a déclaré à l’égard des 153 États ayant élu la RDC au Conseil des droits de l’homme de l’Onu et, le second, à l’égard des membres de la délégation de la Commission africaine ayant félicité la Ceni du travail jusque-là abattu. Après tout, Washington a adressé à la Ceni les mêmes félicitations, allant jusqu’à désavouer le schéma «Transition Sans Kabila».

Quoi de plus normal que les esprits avisés en viennent à se demander comment peut-on laisser le pays entre les mains des forces politiques et sociales qui, pour une matière de si grande portée politique qu’est le calendrier électoral, continuent de réagir sous l’impulsion de l’épiderme.

Sur ce point précis, Corneille Nangaa marque un point important : son calendrier a sorti du bois une Opposition radicale, une Société civile et des mouvements pro-démocratie assoiffés à la fois de pouvoir et de sang…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s