Processus électoral. Communauté internationale : renversement d’alliances ?

  • La réponse responsable est OUI, MAIS ! En réalité, les partenaires extérieurs font preuve de pragmatisme après avoir constaté le mauvais rôle que l’Opposition radicale, les ONGDH et les mouvements pro-démocratie veulent leur faire jouer…

 

  • A l’analyse des réactions de «Rassemblement/Limete» et de ses alliés de circonstance autour de la publication du calendrier électoral par la Céni le 5 novembre 2017, la grande révélation est que ni Félix Antoine Tshilombo, ni Pierre Lumbi, encore moins Vital Kamerhe et Eve Bazaïba – tous participants aux négociations du Centre interdiocésain – n’ont fait des élections la priorité des priorités…

 

Dans sa dépêche du 6 novembre 2017 intitulée « RDC: Kabila reste au pouvoir jusqu’au début 2019, l’opposition exige son départ fin 2017», l’Afp fait état au troisième paragraphe la déclaration de Corneille Nangaa selon laquelle « Ce calendrier a été élaboré sous la pression de la communauté internationale, des acteurs politiques et de la société civile congolaise». Au quatrième paragraphe, l’agence note : «Le président Joseph Kabila, dont le deuxième et dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016, se maintiendra au pouvoir jusqu’en janvier 2019, selon ce calendrier attendu depuis des mois par les grands partenaires de la RDC (Etats-Unis, France, Belgique, Union européenne, et bien sûr, les Nations unies, qui entretiennent dans ce pays l’une de leurs missions parmi les plus anciennes, onéreuses et pléthoriques, la Monusco)». Fait avéré : le calendrier électoral a été rendu public le 5 novembre 2017 à l’issue d’une tournée ayant conduit le président de la Ceni aux Etats-Unis (Département d’Etat et Onu), en Europe (Union européenne) et en Afrique (Union africaine). Dès le lendemain, à l’exception de la Belgique, tous les partenaires bilatéraux et multilatéraux d’obédience occidentale ont salué ce chronogramme. DEMONSTRATION…

 

             Nikky Haley a publié le 6 novembre 2017 un communiqué dans lequel elle a noté que «Les États-Unis travailleront avec la communauté internationale pour aider la RDC à respecter ce calendrier, et nous sommes prêts à faire en sorte que le président Kabila respecte ses engagements conformément à la constitution et à l’accord du 31 décembre».

Le même jour, Heather Nauert, porte-parole du Département d’État, a publié un communiqué dans lequel «Les États-Unis se félicitent de l’annonce par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) en République démocratique du Congo (RDC) que des élections attendues depuis longtemps auront lieu. Avec l’annonce de la date du 23 décembre 2018 pour la tenue de la présidentielle, la RDC a fait un pas important vers la réalisation de son premier transfert pacifique et démocratique du pouvoir». L’Administration américaine s’engage «à travailler avec les peuples et les institutions de la RDC, l’Union africaine, les partenaires régionaux et internationaux et la Mission de stabilisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUSCO) pour s’assurer que les 45 millions de Congolais les électeurs peuvent voter à l’heure et comme prévu en décembre 2018».

Le 7 novembre 2017, la France, par son ministère des Affaires étrangères, a rappelé que «le conseil de sécurité des Nations unies s’est exprimé le 30 octobre» et «a salué l’offre faite par la SADC, l’OIF, l’UA et l’UE en vue de la constitution d’une équipe coordonnées d’experts pour appuyer la préparation des élections».

Le même jour, l’Union africaine a enjoint les institutions de la RDC, les partis politiques, la société civile et les dirigeants religieux «d’œuvrer résolument ensemble  pour que le nouveau calendrier publié par la CENI soit scrupuleusement respecté».

Le 8 novembre 2017, le Canada a pris «acte de la publication du calendrier électoral en République Démocratique du Congo, annonçant la tenue des élections générales en décembre 2018”, avant de souligner «aussi l’importance cruciale de consacrer tous les efforts nécessaires à organiser les élections et à assurer le respect complet des droits de la personne à toutes les étapes du processus électoral».

Le 9 novembre 2017, l’Union européenne s’est félicitée «de la sortie de ce calendrier fixant date et modalités du processus électoral en RDC», estimant «en outre, que cela ouvre le cycle des élections en République démocratique du Congo qui doit mener à une transition démocratique». Par la voix de son porte-parole Catherine Ray, elle a pris l’engagement de travailler «avec les acteurs congolais et ses partenaires, en particulier les Nations Unies, l’Union Africaine, la Communauté de développement de l’Afrique australe et l’Organisation Internationale de la Francophonie, pour contribuer à atteindre cet objectif».

Toujours le 9 novembre, l’Onu et l’Union africaine ont publié un communiqué commun exhortant les parties prenantes «à trouver un consensus sur le processus électoral afin d’assurer la tenue d’élections transparentes, pacifiques et crédibles conformément à l’accord du 31 décembre 2016» et réaffirmant «leur détermination à soutenir le processus électoral». Se félicitant «de la publication du calendrier électoral en RDC et ont réaffirmé «la détermination de l’ONU et l’UA à continuer à soutenir le processus électoral en cours en RDC, notamment par la fourniture d’un soutien logistique et autres par la MONUSCO», elles ont lancé en direction des autorités congolaises et de toutes les institutions un appel à «prendre toutes les mesures nécessaires, y compris l’adoption de la loi électorale, pour assurer la fourniture des ressources financières et logistiques, ainsi que la sécurité dans tout le pays».

La Belgique s’est contentée, le même jour, de demander «le consensus le plus large possible», souhaitant, «après la diffusion du calendrier électoral intervenue dimanche à Kinshasa», que «tant les différents mouvements politiques que la société civile soient inclus dans son élaboration». Une façon subtile d’en réclamer la révision. Paradoxalement, elle a dit prendre note de l’annonce par la Céni du calendrier et a demandé aux autorités congolaises de «prendre toutes les mesures nécessaires afin d’exécuter le calendrier et de parvenir à un processus fiable et consensuel« .

Devoir d’ingratitude envers le parrain

Du côté de l’Opposition radicale, des ONGDH et des mouvements pro-démocratie acquis à sa cause, c’est quasiment la «rupture de consensus» avec les partenaires extérieurs, sauf peut-être avec la Belgique.

Félix Antoine Tshilombo a été le premier à utiliser la canonnière la nuit du 5 au 6 novembre 2017. «Nous allons demander à notre peuple de réagir à cela, de résister, et de finalement chasser Kabila et sa bande de malfaiteurs», a-t-il déclaré avant de «demander à la communauté internationale de prendre ses responsabilités et surtout de ne pas essayer de nous convaincre de ce crime qui est en train de se passer sous nos yeux».

Augustin Kabuya a carrément qualifié de «provocation du peuple» la publication du calendrier. «Même si Nangaa nous dit que demain il y a élection, on ne peut pas lui faire confiance. C’est quelqu’un qui roule pour Monsieur Joseph Kabila, il faut tout pour le maintenir au pouvoir. Il n’est pas prêt pour organiser les élections que nous attendons», a-t-il renchéri.

Moïse Katumbi a suivi en écrivant sur son compte twitter : «Ce régime prédateur veut prolonger l’instabilité la misère du peuple (…) ce calendrier fantaisiste. Stop. Kabila doit partir».

Fayulu, Okende, «Lucha», «Filimbi» et autres «Mouvement Congolais Debout» en ont rajouté. Mais la palme d’or revient à Delly Sessanga qui a publié son calendrier dit alternatif, calendrier qui puisse fixer «les élections au mois de juillet 2018» et «scinder les élections en commençant par la présidentielle» publié le 6 novembre 2017. Preuve qu’il l’avait sur lui avant la publication de celui de la Cenco, sans en discuter au préalable avec ses partenaires de l’AR, pas plus que de « Rassop/Limete». Le 11 novembre, il est revenu à la charge. Acquis à la candidature de Moïse Katumbi, Il a considéré que «Même la reconnaissance du calendrier électoral de la CENI par la communauté internationale ne l’impressionne pas» et que que «si la population rejette le calendrier officiel au profit du calendrier alternatif, la communauté internationale suivra» !

Bref, les filleuls usent de leur devoir d’ingratitude envers les parrains.

Ils ont délibérément menti au peuple !

Seulement voilà : s’il est une interrogation à être suscitée par cette «guerre des tranchées» entre, d’un côté, les parrains occidentaux et, de l’autre, les filleuls congolais, c’est bien celle de savoir ce qu’avait été l’objectif premier des négociations sous la médiation Cenco. Car, l’agitation autour du calendrier électoral de la Céni avec la prolifération des calendriers alternatifs, chacun y allant avec ses dates (avril, mai, juin, juillet, septembre 2018), incite à croire qu’au centre interdiocésain, le processus électoral était tout, sauf la priorité des priorités.

Ce qui veut simplement dire que du 1er janvier au 5 novembre 2017, les filleuls congolais ont eu la tête ailleurs. Réclamant à cor et à cri des élections pour au plus tard le 31 décembre 2017 et prônant des schémas du genre «Transition Sans Kabila», ils se sont abstenus de viser l’essentiel, à savoir la confection du calendrier électoral.

Ils ont délibérément menti au peuple !

Le vrai objectif n’aura été que la conquête pour les uns, la reconquête pour les autres, du pouvoir au moyen des négociations. C’est cela même l’évidence !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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