BALISES. Mushobekwa démonte Sawyer !

Bien que la première soit actrice politique (pour l’instant elle est membre du gouvernement) et la seconde activiste des Droits de l’homme, la Congolaise et l’Américaine ont en commun le journalisme.

Mushobekwa a acquis ses lettres de noblesse surtout sur AA (Antenne A), Sawyer a été journaliste «indépendante» au Caire, en Egypte. A deux, elles connaissent le fonctionnement des médias.

Dès la publication de son dernier rapport pour le compte de Hrw le 4 décembre 2017, Ida Sawyer a littéralement été portée en triomphe par la presse «internationale»,  relayée peu après par la presse nationale. Quant à Marie Ange Mushobekwa, elle est bien obligée de le réaliser à ses dépens : ses réactions sont timidement reprises par les médias internationaux. Et même quand elles le font, c’est pour les isoler de l’essentiel.

C’est bien le cas avec les précisions livrées le 7 décembre 2017 au cours de sa conférence de presse. L’essentiel, on s’en doute, est l’observation faite au sujet de la correspondance échangée entre Hrw et le gouvernement congolais. C’est une tradition établie : avant de publier tout rapport, une ONG prend les avis et considérations des officiels et les y intègre en l’état.

La ministre des Droits humains soutient que la partie congolaise, par l’entremise du coordonnateur national du Mécanisme national de suivi, le Lieutenant général Denis Kalume réputé méticuleux, a donné ses avis et considérations au courrier réceptionné.

Or, révèle-t-elle, ces éléments ne sont pas repris dans le rapport publié le 4 décembre. Effectivement, ils n’y sont pas. Or, au chapitre VII, il est écrit : «Human Rights Watch a communiqué les conclusions des recherches documentées dans ce rapport dans des courriers envoyés à de hauts responsables congolais, rwandais et ougandais en août et en septembre 2017. Les gouvernements congolais et rwandais n’ont pas fourni de réponses officielles à Human Rights Watch» !

«A malin, malin et demi», dit-on. Car, dans la chronique intitulée «Ida Sawyer rate sa propre ‘mission spéciale’!», Hrw a omis de référencier ce passage situé pourtant entre les numéros 170 et 171.

Aussi, pour avoir sollicité en août et en septembre 2017 les avis et considérations du Gouvernement pendant qu’elle n’avait même pas encore établi les conclusions de ces recherches (l’entretien avec Bertrand Bisimwa a eu lieu le 15 novembre), Hrw a fait preuve de «malhonnêteté intellectuelle».

Que, du reste, Marie Ange Mushobekwa ait déclaré le jeudi 7 décembre que «Du premier mot jusqu’au dernier, on sent la haine et la rage de Madame Ida Sawyer contre le gouvernement congolais pour des raisons qui lui sont propres» avant de qualifier ce rapport de «ridicule et grossier », quoi de plus normal ! Qu’elle en soit venue à se demander «Comment comprendre qu’une ONG des droits de l’homme censée rester neutre et formuler des critiques constructives, afin de permettre une meilleure promotion des droits de l’homme, peut aujourd’hui démontrer ouvertement son penchant pour un groupe politique et décider de lâcher un autre», quoi davantage de plus normal !

Au lieu alors de s’en prendre à ceux qui démontrent et démontent les faiblesses contenues dans ce rapport, l’opinion pro-Ida Sawyer devrait commencer par s’interroger sur les raisons profondes pour lesquelles HRW a publié un document qu’elle savait par avance attaquable…

 

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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