EDITORIAL. «Rapport de Human Rights Watch : le BCNUDH veut une enquête»

Le titre est du site www.radiookapi.net. La dépêche concernée a été publiée le 7 décembre à 12h10. A en croire Abdoul Aziz Thioye, directeur du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH), «Human Rights Watch est une ONG internationale indépendante, considérée comme une organisation sérieuse qui, je pense, ne peut pas s’aventurer à avancer ce type d’allégations si elle ne dispose pas de preuves pour confirmer et soutenir ces allégations-là. Je pense ce que nous pouvons attendre en termes de réactions, c’est l’ouverture d’une enquête pour faire la lumière sur ces allégations-là».

La dépêche poursuit : «Selon cette récente enquête de HRW en effet, des ex-combattants du Mouvement M23 auraient été recrutés par des officiers des Forces armées de la RDC (FARDC) à partir de leurs camps d’hébergement en Ouganda et au Rwanda et exfiltrés vers Goma, Kinshasa et Lubumbashi en vue de leur participation aux opérations de répression des manifestations de l’opposition en décembre 2016».

Et Abdoul Aziz Thioye de renchérir : «Des révélations assez sérieuses et extrêmement graves de manière à pouvoir déclencher l’ouverture d’une enquête».

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Il est à espérer qu’il n’y a pas là tentative de fuite en avant.

En effet, depuis un certain temps, le BCNUDH tient un monitoring documenté sur les cas des violations des droits de l’homme qui se commettent au pays. C’est presque chaque mois qu’il publie les résultats de ses investigations fortement médiatisés par la presse congolaise, étrangères et internationale.

Structure intégrée dans la Monusco, il est censé savoir par le canal de sa tutelle ce qui se passe notamment dans des camps abritant des réfugiés congolais dans des pays de l’Est, précisément l’Ouganda et le Rwanda, s’agissant des ex-éléments M.23.

Qu’une double centaine de ces éléments aie disparu de ces camps entre octobre et décembre 2016 pour y réapparaître à partir de janvier 2017 sans que la Monusco ne l’ait su, c’est tout de même étrange !

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Déjà, comme relevé dans la chronique intitulée «Ida Sawyer rate sa propre ‘mission spéciale’ !», cette activiste a eu l’occasion, lors de son entretien téléphonique avec le président de l’ex-M.23 Bertrand Bisimwa, de lui demander «si, après avoir constaté d’abord la disparition puis le retour des ‘recrues’ dans des camps situés au Rwanda et en Ouganda », il a saisi «officiellement les instances garantes des Accords de Nairobi, notamment l’Onu via la Monusco, l’Union africaine, la Cirgl et la Sadc».

Vraisemblablement, Bisimwa ne l’a fait. Autrement, il l’aurait déclaré en produisant, au besoin, des preuves.

Ce serait donc d’une extrême gravité que les Nations Unies (Conseil de sécurité et Secrétaire général) et la Monusco n’aient pas été au courant du recrutement des éléments ex-23. Preuve, si besoin est, que ceux-ci peuvent s’en aller où et quand ils veulent, et revenir aux camps au gré de leur humeur.

On peut, à partir de cet instant, douter de la capacité de la Mission onusienne de contribuer à la restauration de la paix dans la sous-région des Grands Lacs, précisément en République Démocratique du Congo.

Dans ce cas, c’est la crédibilité même de la Monusco qui est mise en cause.

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S’agissant de celle de Human Rights Watch, elle a déjà été entamée en RDC.

S’il se donne le temps de se ressourcer dans sa documentation, Abdoul Aziz Thioye apprendra, par exemple, que dans la foulée des événements du 26 novembre 2011 (clôture de la campagne électorale pour la présidentielle et les législatives), HRW avait affirmé dans son rapport prétendument documenté le meurtre, par les éléments de l’Appareil sécuritaire congolais, d’une dizaine de combattants de l’Udps.

L’information avait été livrée par Anneke Van Woudenberg, chercheuse senior.

Ministre de la Communication et Médias, Lambert Mende l’avait mise au défi de produire ses preuves à la Haute cour militaire, de façon à contribuer à l’ouverture des enquêtes.

Six ans après, non seulement qu’elle continue de les garder, mais en plus elle n’en parle plus. D’ailleurs, depuis l’installation à Bruxelles d’Ida Sawyer, Anneke Van Woudenberg semble avoir été «déchargée» du Desk Congo.

Abdoul Aziz Thioye se doit déjà de se demander s’il est normal, pour une organisation sérieuse comme HWR, de requérir les avis et considérations du Gouvernement congolais avant bouclage des conclusions et de publier son rapport sans intégrer les réponses reçues…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

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