10 décembre 2015. Le jour où Katumbi et Fatshi ont liquidé le Dialogue !

 

  • Effectivement, après avoir fait bloquer les pourparlers Mp-Udps, ils ont fait rater le Dialogue de la Cité de l’Union africaine et compliquer les Négociations de la Cenco…

 

  • Au moment où l’Udps/Limete s’apprête à organiser son congrès de normalisation, la question prioritaire est de savoir ce que le parti d’Etienne Tshisekedi a réellement gagné du rapprochement avec le G7 de Katumbi étant donné que l’Udps a énormément perdu : mort de son président, scission au sein de la famille politique et de la famille biologique, dilution du leadership dans l’Opposition…

 

Le 10 décembre 2015 est une date à retenir. C’est ce jour-là, à Paris, devant des médias, que Félix Antoine Tshilombo (avec à ses côtés un Samy Badibanga, alors président du groupe parlementaire Udps et Alliés) et Moïse Katumbi (flanqué de son homme de confiance Salomon Idi Kalonda Della) ont décidé d’une coalition anti-Dialogue alors que dix jours plus tôt, précisément le 1er décembre 2015, à Bruxelles où il était en soins de santé, Etienne Tshisekedi venait, dans un communiqué, primo de prendre «acte de l’annonce de Monsieur Joseph Kabila du 28 novembre 2015 relative au Dialogue National», secundo de prier «instamment le Secrétaire Général des Nations-Unies de désigner un Facilitateur…», tertio de fixer parmi les objectifs du Dialogue «L’élaboration d’un calendrier électoral réaliste et consensuel, qui tient compte des délais constitutionnels» et «L’organisation d’un processus électoral crédible et dans un climat apaisé», quarto de préconiser «Le transfert pacifique du pouvoir, dans le respect de l’expression de notre peuple»…

 

L’histoire devra retenir pour la postérité que deux jours seulement après la rencontre «Katumbi-Fatshi» du 10 décembre 2015 à Paris, les forces politiques et sociales coalisées se sont réunies du 12 au 15 décembre à Ile de Gorée sous le thème «Les élections et les processus démocratiques en Afrique subsaharienne».

Il va se révéler seulement que, «initiés» par Filimbi et Lucha et financés par les fondations allemande Konrad Adenauer et sud-africaine Brenthurst, les travaux dont les débats étaient censés rester secrets seront connus de l’opinion.

Normal : avec une concentration de personnalités comme «Félix Tshisekedi et Samy Badibanga, pour l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Vital Karmerhe, pour l’Union pour la nation congolaise (UNC), Eve Bazaiba pour le Mouvement pour la libération du Congo (MLC), Martin Fayulu pour les Forces acquises au changement (FAC), Olivier Kamitatu, pour le ‘G7’, ou encore l’Abbé Léonard Santedi, pour l’Église catholique», selon «Jeune Afrique» dans sa livraison du 11 décembre 2015, une telle rencontre ne pouvait que susciter curiosité. Surtout quand, en plus, la modération était assurée notamment par Jean-Jacques Wondo (passant pour spécialiste des questions militaires et sécuritaires congolaises) et l’identité de l’un des directeurs de la fondation Brenthurst sera rendue publique. Greg Mills, réputé parmi les étrangers qui prônent la balkanisation de la RDCongo, est barbouze des services secrets occidentaux. Ayant fait l’Afghanistan et le Pakistan, il était conseiller militaire de Paul Kagame en 2008.

Un tel cocktail ne pouvait qu’ôter à la réunion de Gorée toute dimension politique et démocratique.

C’est l’herbe qui en pâtit

Depuis la rencontre de Paris entre Moïse Katumbi et Félix Antoine Tshilombo ainsi que le rendez-vous d’île de Gorée, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Si bien qu’il n’est pas déplacé de s’interroger sur le bilan de deux ans de la coalition «G7-UDPS».

Premier constat : le G7 n’a enregistré aucune nouvelle recrue au cours de ses 24 mois d’existence. Non parce qu’il n’aura exercé aucun attrait sur l’une ou l’autre des forces politiques et sociales acquises à l’Opposition radicale mais, vraisemblablement, parce qu’il a gardé sa composition fidèle à la lettre de sa fondation et à l’esprit de son fondement.

Déjà, dans sa déclaration du 10 octobre 2015, ses sociétaires avaient déclaré exactement ceci : «Le G7, plate-forme désormais organisée, se positionne clairement comme une force de l’opposition et en appelle à toutes les forces politiques et sociales-tant de l’intérieur que de la diaspora-convaincues de la nécessité d’assurer l’alternance politique de se joindre à lui, dans un large front républicain, pour la réussite de ce combat». Ce n’est pas le G7 qui a rejoint l’Opposition radicale. C’est l’inverse !

Conséquence, et c’est le deuxième constat ; il a réussi à s’imposer à l’Udps.

Contrairement à ce qu’avancent les Tshisekedistes, le conclave de Bruxelles-Genval n’a jamais été l’initiative du lider maximo. C’est le G7 qui, par le canal de Moïse Katumbi, en a «vendu» l’idée à Thomas Pierrello et à Didier Reynders. Ces deux acteurs politiques américain et belge, à l’instar de tous les Occidentaux, savaient Etienne Tshisekedi très malade et, comme on dit, à l’article de la mort. Tout le monde l’a vu marcher péniblement en entrant au Château du Lac, à Bruxelles-Genval, lors de la cérémonie d’ouverture des travaux ayant abouti à la création de «Rassemblement».

Troisième constat : le G7 a pratiquement précipité la dégradation de l’état de santé du président du Conseil des sages de «Rassop». Du conclave de Bruxelles-Genval tenu du 8 au 10 juin 2016, Etienne Tshisekedi avait été ramené à Kinshasa le 27 juillet (sa descente d’avion à l’aéroport de Ndjili sera une dure épreuve), conduit Bd Triomphal pour le meeting le 31 juillet qui n’a pas pris 15 minutes, entraîné difficilement au centre interdiocésain dans le cadre de la médiation Cenco le 6 décembre et ramené précipitamment sur Bruxelles le 24 janvier 2017 pour y mourir le 1er février.

Surtout la nuit du 19 au 20 décembre 2016, on l’a vu prononcer un message préenregistré qualifié à raison de «vidéo-suicide». A peine pouvait-il articuler les mots et tenir le papier.

Quatrième constat, cette fois on est en 2017, le G7 va inciter Etienne Tshisekedi à nommer un Udépésien au poste de Premier ministre, jeter son dévolu sur Félix Antoine Tshilombo et confirmer l’existence d’une correspondance dans ce sens jamais.

Cinquième constat : le G7 va quasiment arracher à l’Udps le poste de président du Conseil des sages, refilant à Félix Antoine Tshilombo une présidence protocolaire, suscitant même la scission au sein de la famille politique et biologique.

Bref, à l’heure du bilan, le G7 a, comme qui dirait, littéralement tué le parti phare de l’Opposition radicale, parti ayant cru, par la seule volonté de Félix Antoine Tshilombo, gagner du rapprochement avec les dissidents de la Mp !

Au final, l’Udps est comme l’herbe qui pâtit de la bataille entre deux éléphants.

Débattre du bilan

A son congrès, il faut s’attendre à ce qu’une voix crie fort pour réclamer la vérité.

Il ne peut en être autrement dès lors que ce n’est pas la première fois que ce parti se fait prendre en étau dans une «guerre fratricide» entre protagonistes consanguins.

En 1991, à la naissance de l’Udi réunissant les derniers Mobutistes à lâcher Mobutu, Etienne Tshisekedi avait ouvert l’Opposition aux Kengistes. L’Union sacrée fut renforcée avec l’expertise et le portefeuille de ces dissidents. Comme le G7.

La suite est connue : par l’Udi vint la troisième voie initiée par Monseigneur Laurent Monsengwo. Ce fut le schéma «ni Conférence nationale souveraine, ni Conclave politique de Kinshasa». D’où les Accords du Palais du peuple de 1994 ayant ramené Léon Kengo à la primature.

A l’époque, Félix Antoine Tshilombo avait 27 ans. L’âge mature.

De l’Udi, le G7 garde un rescapé : Christophe Lutundula, son égérie.

A l’heure du bilan, il y a lieu de l’admettre : le leadership «G7-UDPS» n’a fait avancer ni le processus démocratique, ni le processus électoral au cours de ces deux dernières années. Au contraire, le lobbying en international actionné par Moïse Katumbi – non sur fond d’idée mais d’argent – a sérieusement entamé la foi des Congolais en eux-mêmes.

Ce lobbying fait même pire : séparer l’Eglise, corrompre une bonne frange de la jeunesse via des mouvements dits pro-démocratie et décrédibiliser la classe politique.

Le 10 décembre 2017, peu sont les chances de voir Katumbi et Tshilombo, sinon le G7 et l’Udps, évoquer le rendez-vous de Paris du 10 décembre 2015. Ils ne voudront pour rien au monde en débattre parce qu’ils savent qu’en «tuant» le Dialogue initié par Joseph Kabila avec la caution d’Etienne Tshisekedi, ils ont fait mal, très mal au processus démocratique et électoral.

Cette analyse est en grande partie tirée de la chronique intitulée «Deux ans d’une Opposition SDF : ça suffit» !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

 

PROCHAINEMENT :

«Halte aux calendriers dits alternatifs !»

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