En retraite depuis 3 ans, Cardinal Monsengwo : reconversion difficile ?

 

  • Etant en droit de changer de carrière, notamment en intégrant pleinement la classe politique, l’archevêque de Kinshasa a au moins conscience du fait qu’il violerait la Constitution s’il venait à céder à la tentation de devenir «Président de la République intérimaire», poste vers lequel le pousse désespérément Rassop/Limete pour réaliser son fameux  schéma de ‘Transition Sans Kabila’…»

 

Le «rescrit» ou «texte de l’autorité impériale dans l’Empire romain ayant force exécutive» est du pape François. L’agence ZENIT, constituée «de professionnels et de bénévoles convaincus que la sagesse extraordinaire du Souverain Pontife et de l’Eglise catholique peuvent nourrir l’espérance et aider l’humanité à trouver la vérité, la justice et la beauté», se dit spécialisée dans «ce qui se passe dans les dicastères de la curie romaine, dans les universités pontificales, les Conférences épiscopales, les sanctuaires, les diocèses, les paroisses». Elle affirme signaler et couvrir «les grands événements qui concernent les chrétiens, les croyants et les non-croyants, dans les 5 continents». Dans un article intitulé «De l’âge de la retraite pour les évêques et les membres des dicastères», Anita Bourdin relève que le «rescrit» du pape date du 3 novembre 2014 et note à ce sujet : «Le pape y exhorte les évêques et ceux qui exercent des charges équivalentes à ‘remettre volontairement, pas plus tard que 75 ans, leur démission de leurs fonctions’», conformément aux «décisions entérinées par le Code de Droit Canonique de 1983 (can. 401-402 et 411 du CIC et 210-211, 218 et 313 du Code des Églises orientales»…

 

Né alors le 7 octobre 1939 à Mongobelé (ex-Bandundu), le Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya est fin carrière en tant prince d’Église. Il a aujourd’hui 78 ans. Depuis trois ans, il est en principe libre. A moins de bénéficier d’une exception papale.

Actif sur le terrain politique depuis la Conférence nationale souveraine en 1991-1992, il accompagne le processus démocratique au cours de ce quart de siècle.

Dès lors qu’il est en vie et jouit du droit de reconversion, il peut se lancer dans la carrière politique. Ses ambitions sont tout à fait légitimes.

Seulement voilà : pour des raisons d’éthique, il ne peut le faire aujourd’hui au risque de violer la Constitution et, surtout, d’y lier pour l’histoire autant son propre nom que l’Eglise catholique romaine.

En effet, l’Accord du 31 décembre 2016 – dont l’application intégrale inspire à la Cenco le «concert des coches» commençant le 14 décembre 2017 – engage les parties prenantes au respect strict de la Constitution et des Lois de la République. D’ailleurs, dans sa déclaration du 24 novembre 2017 issue de son assemblée plénière extraordinaire, la Cenco insiste sur cette application en sachant pertinemment bien que la Constitution, à l’alinéa 1 de son article 70, dispose que «Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois» et son l’alinéa 2 «A la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu».

Quelle que soit l’interprétation qu’en font les protagonistes, l’important est l’arrêt de la Cour constitutionnelle. A son article 168, la loi fondamentale dit de ses arrêts qu’ils «ne sont susceptibles d’aucun recours et sont immédiatement exécutoires. Ils sont obligatoires et s’imposent aux pouvoirs publics, à toutes les autorités administratives et juridictionnelles, civiles et militaires ainsi qu’aux particuliers» et que «Tout acte déclaré non conforme à la Constitution est nul de plein droit».

Le schéma de la «Transition Sans Kabila» préconisé par Rassop/Limete en cette année 2017, à l’instar de celui du «régime spécial» brandi par la même plateforme en 2016, étant anticonstitutionnel, toute personne physique ou morale appelée à la succession du Président de la République en fonction sait par avance qu’elle viole délibérément l’alinéa 2 du fameux article 64 selon lequel «Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’Etat. Elle est punie conformément à la loi».

Tôt ou tard, une personne physique ou morale peut saisir les instances judiciaires pour une action en justice à l’égard de l’auteur de la violation de cet article, et la loi sera de son côté.

Raccourci d’un coup d’Etat

Il est de notoriété publique que faute de choix réaliste et d’alternative crédible, «Rassop/Limete» est comme rivé à son schéma «burkinabé» : celui du soulèvement populaire. D’où les couleuvres qu’il fait avaler à son opinion, à savoir la Transition animée par une personnalité neutre, de préférence de la société civile.

Dans un premier temps, il a misé sur Dr Denis Mukwege. Apparemment, le chirurgien – bloqué aussi par la «géopolitique à la congolaise» – n’est pas chaud pour le grand saut dans l’inconnu. Il se sait de l’Est, et son avènement à la magistrature suprême serait de nature à corser plutôt qu’à simplifier les choses.

Dans un second temps, «Rassop/Limete» mise sur le cardinal Laurent Monsengwo, favorisé, lui, par cette géopolitique, le prélat étant de l’Ouest.

Il se fait seulement que le contexte politique est tellement inflammable que toute succession anticonstitutionnelle à la magistrature suprême est de nature à susciter la division du peuple. Le peuple de Dieu, si cette personne est d’obédience religieuse, car elle aura pris position pour un camp contre un autre.

Pour autant qu’elle soit convaincue d’être l’homme (ou la femme) de la situation, Monsengwo et Mukwege doit plutôt attendre l’ouverture de la période du dépôt des candidatures à la présidentielle. C’est du 24 juin au 8 juillet 2018, selon le calendrier électoral publié le 5 novembre 2017 par la Ceni, calendrier dont la Cenco a pris acte.

On imagine bien ce qu’elle deviendra en réalisant sa reconversion au travers du raccourci d’un coup d’Etat.

Déjà, dans le cas précis du cardinal, la curiosité est l’invite du Comité Laïc de Coordination aux «Congolaises et Congolais à rester vigilants quant à la suite des événements après le délai du 15 décembre 2017 conformément à son message du 2 décembre 2017».

Elle soulève de grosses interrogations dès lors qu’elle coïncide avec la publication de la photo du cardinal Laurent Monsengwo aux côtés de Moïse Katumbi et Olivier Kamitatu (BALISES).

On n’est pas loin des « Opérations Caban-Barracuda » en version revue, corrigée et actualisée. Un pays en est mort : la République centafricaine !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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