EDITORIAL. Cenco : l’initiative de trop !

En acceptant la médiation initiée par le Président de la République pour impliquer le plus largement possible «Rassemblement» dans le consensus nécessité par la gestion de ce que se dessinait déjà comme étant la «période pré-électorale et électorale», entendez «période de temps qui va de la signature du présent Accord jusqu’à l’installation effective des institutions issues des élections», les Evêques de la Cenco – qui revendiquent la mission prophétique de l’Eglise catholique romaine en RDCongo – connaissaient la conséquence première, normale et logique de tout mandat. Un mandat se donne, s’exécute et se restitue au mandant.

En remettant le 28 mars 2017 le mandat au mandant Joseph Kabila Kabange, la Cenco avait terminé sa mission.

Or, le 30 mars 2017, elle a réussi son lobbying auprès des Nations Unies au travers de la Résolution n°2348 faisant de cet accord un «instrument international».

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Ainsi, le Conseil de sécurité va demander dans cette résolution «à toutes les parties prenantes en République démocratique du Congo, y compris au Président Kabila, à la majorité présidentielle et à l’opposition, de mettre en œuvre sans délai l’accord du 31 décembre 2016, en toute bonne foi et dans son intégralité, et à redoubler d’efforts en vue de parvenir rapidement à la conclusion des pourparlers en cours sur les ‘arrangements particuliers’, afin de nommer sans tarder un Premier Ministre présenté par le Rassemblement, conformément à l’accord conclu, de mettre en place le Conseil national de suivi de S/RES/2348 (2017) 6/19 17-05210 l’accord et d’appliquer pleinement les mesures de confiance, afin de commencer sans plus tarder la préparation des élections présidentielle et législatives qui doivent avoir lieu avant la fin de 2017» mais, surtout au point 7, va-t-il souligner qu’«une mise en œuvre complète et rapide de l’accord du 31 décembre 2016 est essentielle pour appuyer la légitimité des institutions chargées de la transition…». Le Conseil de se sécurité exprimera dans la même résolution «son plein appui à la médiation conduite par la Conférence épiscopale nationale du Congo», non sans demander «instamment à toutes les parties prenantes nationales de poursuivre la concertation de manière transparente et ouverte et de coopérer avec la Conférence à cet égard», le Secrétaire général de l’Onu étant, quant à lui, prié «de fournir un appui politique à ces efforts conformément aux dispositions de la présente résolution, notamment en usant de ses bons offices».

En d’autres termes, profitant de la médiation qui lui a été confiée par le Président de la République, la Cenco a trouvé en l’Onu un nouveau mandant auprès de laquelle elle est désormais censée rendre compte.

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Conséquence déplorable : le nouveau mandant fait des Evêques catholiques un acteur décisif non plus comme organe de médiation mais comme un membre à part entière de l’une des parties prenantes de l’Accord de la Saint Sylvestre.

A preuve : bien que désignée membre du Cnsa (VI.2.2), la Cenco n’a toujours pas intégré cette structure pourtant déterminante dans l’application de l’Accord, car cette institution d’appui à la démocratie a «pour mission de veiller au respect de l’Accord politique par tous les animateurs des Institutions et d’assurer le suivi ainsi que l’évaluation de sa mise en œuvre en vue de garantir l’organisation des élections crédibles, transparentes et apaisées ». A cet effet, poursuit d’ailleurs l’Accord au chapitre VI.2.3. relatif aux Attributions, le Cnsa devra : «1. Assurer le suivi du chronogramme de mise en œuvre de l’Accord» ;  «2. Réaliser des évaluations régulières du processus électoral, au moins une fois tous les deux mois, avec la CENI et le Gouvernement» ; «3. Communiquer régulièrement sur l’état d’avancement de la mise en œuvre de l’Accord» ; «4. Formuler des recommandations respectivement au Parlement, au Gouvernement et à la CENI pour la bonne exécution de l’Accord » ; «5. Assurer le règlement d’éventuelles divergences nées de l’interprétation de l’Accord entre les parties prenantes et concilier leurs points de vue à cet égard» ; «6. Se concerter avec le Gouvernement et la CENI afin d’harmoniser les vues quant à la réussite du processus électoral» ; «7. Elaborer son Règlement Intérieur sous réserve de sa conformité à la Constitution» et «8. Apprécier consensuellement le temps nécessaire pour le parachèvement desdites élections avec le Gouvernement et la CENI”.

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En refusant jusque-là d’intégrer le Cnsa, la Cenco se disqualifie davantage de toute médiation dans la  crise congolaise.

Et en organisant ou en laissant s’organiser sous son couvert des manifestations publiques comme celle du 31 décembre 2017 avec motif l’application de l’Accord du 31 décembre 2016, elle confirme son parti pris. D’autant qu’elle n’a nullement contribué à faire évaluer cet accord, et surtout à le faire appliquer !

C’est d’une logique imparable et implacable qu’aux yeux des observateurs avertis, la Cenco hypothèque sa mission prophétique.

Dommage…

NDL

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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