Marche du 31 décembre 2017. Le Clc saura-t-il discipliner Rassop/L et Alliés ?

  • Insolite : dans sa déclaration de soutien à la manifestation, le G7 – qui n’engage pas cette fois «Rassop» – s’abstient d’évoquer la «Transition Sans Kabila» et l’article 64 de la Constitution. Or, c’est ce à quoi s’accrochent l’Udps, l’Ecide, le Mlc, l’Unc, l’Acaj, Lucha…

 

L’un historien, l’autre communicateur, Isidore N’daywel et Thierry Landu sont professeurs d’université. Sous le couvert d’une organisation dénommée «Comité Laïc de coordination» (sans dire de quoi) montée pour le besoin de la cause, ils ont résolu de mettre les Congolais dans la rue au motif affiché de réclamer l’application intégrale de l’Accord du 31 décembre 2016, mais une intégralité sans revendication des postes de Premier ministre et de président du Cnsa en faveur de l’aile Limete de la plateforme «Rassop». L’ennui est qu’ils ont politisé leur initiative en la justifiant – dans un premier temps et avant de s’en éloigner – notamment par le refus du Président de la République de se déclarer au plus tard le 15 décembre 2017 non candidat à la prochaine présidentielle fixée, on le sait, au 23 décembre 2018. Résultat : les forces politiques et sociales de «Rassop/Limete et Alliés» en ont profité pour rebondir après le bide du 19 décembre…

 

            Et comme il fallait s’y attendre, les «actes d’adhésion» affluent sur la table du Clc : Udps/Kibassa, Udps (!?), G7, Mlc, Frc, Ecidé, Envol, Mpcr, Acaj, Lucha, etc.

Prenons celui, très intéressant, du G7, tête pensante et agissante de «Rassop/L».

A l’issue de son bureau politique du mardi 26 décembre 2017, ce regroupement politique tire de ses observations la conviction selon laquelle «ni la promulgation de la loi électorale précitée, ni la publication par la CENI d’un calendrier électoral, du reste, non consensuel, truffé de nombreuses contraintes et en contradiction avec la Constitution ainsi que l’Accord de la Saint Sylvestre, ne garantissent à elles seules la tenue effective des élections présidentielle, législatives et provinciales en 2018».

Le G7 «Souscrit intégralement à l’appel citoyen à manifester pacifiquement le dimanche 31 décembre 2017 lancé par le Comité Laïc de Coordination, CLC» et «Demande au Peuple congolais et, plus particulièrement, à tous les membres des partis du G7 de participer massivement aux marches pacifiques programmées à cet effet EN VUE DE RECLAMER L’APPLICATION INTEGRALE ET DE BONNE FOI».

Alors que pendant les travaux du centre interdiocésain il a superbement ignoré les autres confessions religieuses, voilà qu’il en vient à inviter «toutes les confessions religieuses de la RDC à s’impliquer dans les marches du dimanche 31 décembre 2017 à travers le pays et dans la mise en œuvre de l’Accord de la Saint Sylvestre en vue des élections paisibles, de la consolidation de l’unité nationale et de la stabilité de la RDC» avant de réaffirmer que «la décrispation politique est une des exigences fondamentales de transparence, d’inclusivité et de crédibilité des prochaines élections».

A cet effet, exige-t-il, tour à tour, «Le retour au pays, en homme libre et en toute sécurité, de Moïse Katumbi Chapwe», «La libération sans condition et immédiate de tous les prisonniers politiques et d’opinion dont Jean-Claude MUYAMBO, Huit MULONGO, Eugène DIOMI NDONGALA, Franck DIONGO et les membres des partis politiques de l’opposition ainsi que des mouvements citoyens», «La fin du dédoublement des partis politiques de l’opposition», «Le libre exercice des activités politiques à travers tout le pays par les acteurs et les formations politiques», «Le libre accès aux médias publics par tous les courants de pensée et la réouverture des médias privés arbitrairement fermés par le gouvernement», «Le rapatriement de la dépouille mortelle du Président Etienne Tshisekedi wa Mulumba, d’heureuse mémoire, et l’organisation des obsèques nationales dignes de son rang et de son combat politique pour l’instauration de la démocratie et de l’Etat de droit en RDC».

Bien qu’il engage dans l’application de ces mesures «la responsabilité du seul gouvernement de Joseph Kabila», le G7 affirme que cette application «ne nécessite ni négociation,  ni toute autre forme de discussion ou contacts préalables avec les victimes».

Fait important : pas un mot sur la «Transition Sans Kabila» ni sur l’article 64 !

Autant dire un appel à soulèvement

Dans son communiqué du 17 décembre 2017 rappelant celui du 2 décembre, le Comité Laïc de Coordination dit avoir pris «la communauté nationale et internationale à témoin, invitant nos gouvernants à respecter les mesures de décrispation de la scène politique, telles que décidées par l’Accord de la Saint-Sylvestre». Il en fait du reste le compte : libération sans conditions des prisonniers politiques, fin de l’exil des opposants menacés d’arrestation à leur retour au pays, libération des espaces médiatiques, fin du dédoublement des partis politiques, restructuration de la CENI afin de recréer la confiance entre l’électorat et l’institution organisatrice des élections, confirmation de la volonté du Chef de l’Etat de ne pas briguer un troisième mandat comme l’exige la Constitution.

Constatant, dit-il, «Cet appel est resté lettre morte», que «La volonté politique d’agir dans le sens de la paix, et du service à la communauté est totalement absente» et que «La mauvaise foi de nos dirigeants est plus qu’évidente dans la gestion de l’alternance politique», et considérant que «cet Accord est violé chaque jour davantage, comme l’illustre l’imposition d’une loi électorale scélérate non fondée sur le consensus national» notamment, le Clc lance son mot d’ordre de mobilisation en ces termes : «Ensemble, comme le 16 février 1992, unissons nos efforts et nos forces pour dire NON à cet esclavagisme imposé par l’oligarchie au pouvoir. Nous disons trois fois : Non à la confiscation de la démocratie par une poignée d’individus ; Non au silence coupable et cynique des dirigeants face à la misère généralisée de la population alors que les richesses nationales continuent à être pillée et dilapidées ; Non aux massacres des compatriotes du Kivu, du Kasaï et du Tanganyika ; Non aux viols de nos mères, de nos sœurs et de nos filles ; Non à l’utilisation des groupes armés pour terroriser et massacrer les populations ; Non à la répression aveugle des manifestations pacifiques».

Et de conclure : «Ce dimanche 31 décembre 2017, main dans la main, nous marcherons pour sauver le Congo, notre patrimoine commun, dans le respect sacré des personnes et des biens». Autant dire un appel à soulèvement.         

Après avoir joué au dur à cuire, le Clc prend peur

            Mais voilà que le 25 décembre 2017, le Clc fait une curieuse mise au point. Certes, au point 1, il «remercie les partis politiques, les Mouvements Citoyens, les Organisations de la Société Civile, les Associations de défense des droits de l’homme, les Syndicats, … qui ont adhéré à la marche pacifique qu’il organise le 31 décembre 2017 et encourage ceux qui ne l’ont pas encore fait, de le faire», certes  il considère que «Cette marche n’est pas une affaire du seul Comité Laïc de Coordination» puisque «tout le peuple congolais doit se l’approprier», estimant même au passage que «Chacune de nos organisations est appelée à déployer toute l’énergie dont elle est capable pour sa réussite», mais néanmoins  soumet-il la marche «aux règles strictes de la non-violence».

Pour ce faire, invite-t-il au point 2 «la population à n’accepter aucune forme de violence : pas de pneus brûlés, pas de barricades, pas de propos violents, pas d’injures, pas de jets des pierres et autres projectiles, pas d’actes de vandalisme», de même qu’il l’invite également au point 3 «à ne pas considérer les Policiers, les Militaires et autres Agents des Services de Sécurité comme ses ennemis; et réciproquement les Policiers, les Militaires et autres Agents des Services de Sécurité à ne pas considérer celle-ci comme leur ennemi».

Pour affirmer le caractère pacifique de sa marche, le Clc précise : «Ce jour-là, des femmes et des hommes de la République Démocratique du Congo vont marcher pacifiquement en priant et en entonnant des cantiques ; les Chrétiens avec leurs Chapelets, Bibles, Crucifix, et les autres avec des rameaux de paix».

Le Clc demande «ainsi à la Police Nationale Congolaise et aux autres Services de Sécurité de les encadrer et de les protéger tout au long de leur parcours».

Au point 6, revenant sur l’impératif d’une marche pacifique «à partir de là où vous serez le 31 décembre 2017, votre rue, votre quartier, votre paroisse», il signale que les autres précisions seront «communiquées dans les jours qui viennent».

Manifestement, après avoir joué au dur à cuire, le Clc prend soudain peur !

Bagarre annoncée

Comment, du reste, s’en étonner parce que les partis et regroupements politiques, soutenus par les ONGDH et les mouvements pro-démocratie, fonctionnement sur un modèle connu de tout le monde, abusivement appuyé par l’alinéa 1 de l’article 64, tout en sachant que l’alinéa 2 autorise à l’Autorité établie de rétablir l’ordre menacé.

C’est donc vers une bagarre annoncée entre Rassop/Limete pro-violence et Rassop/Limete anti-violence que le Clc met les gens dans la rue le 31 décembre 2017.

Il est évident que si les choses se passent comme il en exprime la volonté publiquement, le Clc aura gagné son pari en étant toutefois conscient que ce sera au détriment de «Rassop/Limete et Alliés», toutes tendances confondues.  Si, par contre, les choses se gâtent, le Clc aura perdu son pari en étant davantage conscient de sa disqualification par rapport aux enjeux à venir.

C’est peut-être à cette occasion-là qu’il réalisera combien on lui a fait jouer une très sale carte politique.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www. Congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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