EDITORIAL. Clc, Marches des Chrétiens de 1992 et 2017 !

Maintenant qu’il s’est offert son lot de victimes à l’instar du Groupe Amos (organisateur de la Marche du 16 février 1992), le Comité laïc de coordination (Clc) ne peut plus se dissimuler derrière la religion catholique pour agir. Et s’avouer être le bras séculier (chrétien ?) de «Rassop/Limete et Alliés».

Un proverbe kongo dit du singe qu’il se croit toujours malin en se cachant dans les feuilles des arbres, mais c’est la queue, sa queue, qui trahit finalement sa présence.

Ne Kongo, Pr Thierry Landu, co-organisateur de la marche du 31 décembre 2017, connaît ce proverbe et en comprend le sens.

En rappelant à la mémoire collective la Marche de 1992, Pr Isidore N’Daywel, historien de son état, aura l’honnêteté d’aller jusqu’au bout de la logique. Car, cette manifestation, organisée pour réclamer la levée de la mesure de suspension de la Conférence nationale souveraine prise par le Premier ministre Jean de Dieu Nguz, avait eu son lot de morts, de blessés, de pillages et d’arrestations avant d’aboutir à l’accentuation du chômage, des déplacés internes et des réfugiés. Elle eut même parmi ses effets collatéraux le refoulement des Kasaïens vivant au Shaba (Katanga).

On sait que malgré la reprise des travaux de la Cns en contrepartie du tribut de sang versé par les Zaïrois, ces assises se terminèrent en catastrophe un certain 6 décembre 1992. Et c’est Mgr Laurent Monsengwo qui les enterra définitivement en promouvant la 3ème voie ayant neutralisé les Premiers ministres Etienne Tshisekedi et Faustin Birindwa, tous de l’Udps, au profit de Léon Kengo de l’Udi au travers des Accords du Palais du Peuple conclus en 1994.

Se vanter, 25 ans après, du succès de la Marche des Chrétiens de 1992 sans pour autant révéler à la nouvelle génération ce que le Groupe Amos a entrepris comme initiative en mémoire des victimes (il les a totalement oubliées), c’est quelque chose proche de l’insulte pour ne pas dire du crime.

***

La conscience collective ainsi réveillée, le bon sens commande de savoir ce que font les gens bons avant de s’engager dans un bras de fer autour d’un accord conclu, tous domaines convenus.

Les gens bons commencent par procéder à une évaluation concertée de son application. Dans le cas de celui de la Saint Sylvestre, ils se mettent autour d’une table – avec les parties prenantes identifiées – pour savoir ce qui a été fait et ce qui ne l’a pas été, chapitre par chapitre.

Or, à quoi a-t-on assisté ?

Du 22 au 24 novembre 2017, les Evêques membres de la Cenco se sont retrouvés en assemblée plénière extraordinaire à l’issue de laquelle ils ont publié la déclaration intitulée «LE PEUPLE CONGOLAIS CRIE SA SOUFFRANCE» inspiré d’Exode 3 : 7 et sous intitulée «Allons vite aux élections !».

Au point 8, ils ont exhorté le Président de la République «à rassurer l’opinion par une déclaration publique» qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession. Ils se sont dit convaincus que «cela contribueraient à l’apaisement des tensions politiques».

Curieusement, ils se sont abstenus de désigner la partie qui entretient ces tensions et les accentuent, en l’occurrence «Rassemblement» dans sa composition originale et «Rassemblement» dans sa configuration revue.

Le 2 décembre 2017, les membres du Comité laïc de coordination vont publier leur déclaration «copier-coller», ordonnant au Président de la République de s’exécuter jusqu’au plus tard le 15 décembre 2017. Ils l’ont menacé de ne répondre de rien pour ce qui arrivera par la suite.

Quel est cet esprit cartésien, cet esprit hellénique qui peut un seul voir un Macron ou Trump obtempérer à un ultimatum, surtout lorsque, s’agissant de Joseph Kabila, ce dernier s’est suffisamment prononcé sur le respect de la Constitution (article 70 dans ses deux alinéas) et de l’Accord du 31 décembre 2017 prévoyant certes la présidentielle à au plus tard le 31 décembre 2017, mais aussi la possibilité d’un report à convenir entre le Gouvernement, le Cnsa et la Ceni ?

Après tout, le 29 septembre 2017, de passage à Bruxelles dans une délégation de la Cenco, le père Clément Makioba l’a confirmé dans une interview à Rtfb. A la question de savoir qu’adviendrait-il en cas de non tenue de la présidentielle, des législatives et des provinciales dans les délais fixés dans l’Accord, il a déclaré, citation : «…l’accord prévoit effectivement d’organiser les élections en décembre 2017, mais il précise que, en cas de retard ou de problème, ces élections peuvent être repoussées, à condition qu’il y ait une concertation entre la Ceni, le gouvernement et le Conseil national de suivi de l’accord. Cela signifie donc que le processus est toujours en cours». Fin de citation.

Serait-ce parce qu’il n’est pas évêque que son opinion n’ait pas été prise en compte ?

***

Isidore N’Daywel, Thierry Landu, Justin Okana, Léonie Kandolo et Julien Lukengu ont conscience que leur communiqué du 17 décembre 2017 est un appel au soulèvement populaire.

Quoi de plus normal que dans leur mise au point du 25 décembre 2017, ils aient remercié «les partis politiques, les Mouvements Citoyens, les Organisations de la Société Civile, les Associations de défense des droits de l’homme, les Syndicats, qui ont adhéré à la marche pacifique qu’il organise le 31 décembre 2017 et encourage ceux qui ne l’ont pas encore fait, de le faire», tout en sachant que ces formations politiques et sociales préconisaient le schéma «Transition Sans Kabila» sur fond de celui du soulèvement à la burkinabé…

Seraient-ils si naïfs au point de croire qu’une manifestation, soit-elle déclarée pacifique par eux, épousait le schéma de ceux qui ne misaient plus que sur l’affrontement ?

Si tel est le cas, alors les Congolais tiennent une bonne raison de se méfier du Clc !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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