Inattendu ! Le Clc a donc organisé une marche anti-Kabila ?

 

  • La raison étant hellène, les puissances occidentales desquelles les organisateurs attendent des condamnations et des sanctions en l’endroit des officiels congolais doivent bien se demander depuis quand des Laïcs exercent-ils leur leadership sur le clergé !

 

  • S’il s’avère que la rencontre de Bruxelles du 15 décembre 2017 entre les membres de «Rassop/Limete et Alliés» a eu pour but de préparer la manifestation du 31 décembre en mettant l’Eglise catholique romaine en avant-plan, alors la Cenco a fait le choix de diviser le pays et le peuple pour longtemps…

 

Radio France Internationale – qui passe pour le média français mieux informé de la question congolaise – a lancé un gros scoop dans ses journaux et bulletins du dimanche 31 décembre 2017. Le titre mis en exergue n’a pas été l’application intégrale de l’Accord de la Saint Sylvestre dans son volet « Décrispation politique » mais l’opposition au maintien au pouvoir de Joseph Kabila. En d’autres termes, le Comité laïc de coordination a adhéré et fait adhérer la Cenco/Kinshasa au schéma «Transition Sans Kabila» préconisé par «Rassop/Limete», rejoint ces temps derniers par le Mlc de Jean-Pierre Bemba et l’Unc de Vital Kamerhe. Euronews a rejoint Rfi et France 24 dans cette thématique. C’est seulement le lendemain, c’est-à-dire le lundi 1er janvier 2018, que ces trois médias sont revenus sur la revendication première, celle du respect de l’Accord. Entre ces deux dates, il y a eu des morts, des blessés, des pillages et des arrestations. La Monusco parle de 8 morts dont 1 à Kananga avant de les ramener à 5, la Pnc de 4 morts dont un policier et le Clc de 10 morts avant de parler d’une dizaine…

 

Fait important à signaler : ni la Cenco/Kinshasa, ni le Clc ne se sont empressés de faire une mise au point toute la journée du 31 décembre 2017 dans le sens de faire valoir la revendication première, entendez la mise en application du volet « Décrispation politique » de l’Accord. C’est à croire qu’ils attendaient la chute de Joseph Kabila pour s’en attribuer le mérite.

Fait tout aussi important à signaler: aucun membre de la nouvelle coalition «Rassop/Limete» et Alliés n’a donné de la voix. C’est à croire qu’ils attendaient cueillir le fruit.

Fait surtout important à signaler : les reporters (notamment de Rfi) ayant couvert l’événement ont laissé parler les «victimes». C’est à croire que s’étant rendus compte de l’échec patent de la manifestation, ils se sont rabattus sur l’émotionnel. Que ce soit à Saint Joseph, à Saint Michel ou à Saint Dominique, les interviewés (une sœur et deux fidèles dont une femme et un homme) ont parlé avec leur cœur, ne retenant que l’incursion des policiers dans les paroisses.

Bien entendu, il va falloir s’attendre à des condamnations de la répression brutale (une radio locale appartenant à un Premier ministre honoraire a même utilisé le qualificatif sauvage) de la part des puissances occidentales, Rome vaticane comprise…

Les premières, enregistrées à partir du 1er janvier 2018, ont émané de l’Onu et de l’Oif. L’eurodéputée d’origine congolaise Cécile Kyenge, réputée pour son anti-kabilisme et son pro-katumbisme, a attendu le 2 janvier 2018 pour réclamer des nouvelles sanctions contre les officiels congolaises, ciblant le Président Joseph Kabila.

Côté Opposition congolaise, la première réaction est celle de Félix Antoine Tshilombo qui a appelé la Cpi à ouvrir des enquêtes, la Communauté internationale à prendre des sanctions à l’encontre des responsables politiques et sécuritaires impliqués dans la «répression» et confirmé la non reconnaissance du mandat du Chef de l’Etat à dater du 1er janvier 2018.

DES DEUX CHOSES L’UNE…

D’obédience judéo-chrétienne, les puissances occidentales desquelles les organisateurs de la marche attendent des sanctions ciblées savent que dans l’ordre chrétien établi, c’est l’Eglise qui a une mission prophétique et non les Laïcs. C’est l’Eglise qui est la lumière et le sel du monde et non les Laïcs. C’est l’Eglise qui conduit les enfants de Dieu et non les Laïcs.

Assister à l’inverse comme cela vient de se produire en RDCongo, c’est-à-dire voir le laïcat catholique faire sortir des paroisses les princes de l’Eglise et les amener dans la rue dans une manifestation publique, c’est quelque chose de surprenant, d’insolite.

C’est la preuve qu’il y a un problème sérieux dans la Maison de Saint Pierre en terre congolaise.

De deux choses alors l’une : ou c’est l’Eglise catholique romaine du Congo qui a refilé aux Laïcs l’initiative d’adhérer au schéma «Transition Sans Kabila», ou c’est le laïcat catholique qui l’a refilée à l’Eglise. Dans les deux cas, Vatican finira bien par en ressentir le choc dès lors que plusieurs diocèses du pays, surtout en provinces, ont rejeté la caution de l’Eglise à une revendication purement politique.

LES DES SONT JETES ET L’ENJEU CLARIFIE…

Dans la chronique intitulée «Décembre 2015-décembre 2017. Deux ans d’une Opposition SDF : ça suffit !» publiée le 23 novembre dernier, le lobbying en international de Moïse Katumbi – sur fond non pas d’idée mais d’argent» – a été présenté dans sa véritablement dimension. «Ce lobbying a même fait pire : en amont, il a séparé l’Eglise congolaise tandis qu’en aval, il a corrompu une bonne frange de la jeunesse congolaise  via des ‘mouvements pro-démocratie’, avons-nous déduit avant de renchérir, le 10 décembre 2017, dans la chronique intitulée «10 décembre 2015. Le jour où Katumbi et Fatshi ont liquidé le Dialogue !» que «Ce lobbying fait même pire : séparer l’Eglise, corrompre une bonne frange de la jeunesse via des mouvements dits pro-démocratie et décrédibiliser la classe politique». Il s’agissait de l’Eglise de la République Démocratique du Congo dans son ensemble.

En voyant le cardinal Laurent Monsengwo s’offrir le 13 décembre une pose photo dans une salle ressemblant à un hall d’aérogare, de gare ou d’hôtel de luxe en Occident, et avec l’annonce de la réunion de «Rassop/Limete et Alliés» à Bruxelles le 15 décembre suivi – comme par coïncidence – du communiqué du Clc du 17 décembre mobilisant la population pour la manifestation du 31 décembre 2017, apparaît clairement un «chronogramme» auquel la Cenco/Kinshasa a donné sa caution !

Conséquence : sous prétexte de l’application de l’Accord de la Saint Sylvestre dans son volet «Décrispation politique», le Clc a organisé en réalité une marche anti-Kabila, et le clergé urbain s’est prêté au plan anticonstitutionnel du schéma «Transition Sans Kabila».

D’ailleurs, en s’abstenant d’indiquer dans la lettre au gouverneur de la ville le point de chute de la marche alors que les points de ralliement ont été signalés, et encore une lettre sans adresse du siège, ni de numéro de téléphone ni aussi d’e-mail, les organisateurs devaient avoir un Plan B. Et cette fois-ci, c’est l’Eglise catholique romaine du Congo qui est affectée dans son union et son unité.

Maintenant au moins, les dés sont jetés, l’enjeu clarifié…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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