Tout près du but, Monsengwo «tombe» à la Usain Blot !

 

  • Si sa sainte colère tient de la répression des manifestations, celle du 31 décembre 2017 n’est tout de même pas la première. C’est vrai que de la Marche de la Saint Sylvestre, il a fait affaire d’honneur. Faut-il toutefois relever son entêtement à la tenir malgré les avertissements reçus. D’où la question de savoir pour qui a-t-il roulé, et pourquoi l’a-t-il fait en solo…

 

Que s’est-il passé à Bruxelles pendant le séjour du cardinal Monsengwo coïncidant avec celui des acteurs politiques de Rassop/Limete et Alliés dont, si on se réfère à la photo de famille prise le 15 décembre 2017, Félix Antoine Tshilombo, Vital Kamerhe, Olivier Kamitatu, Antipas Mbusa et Moïse Katumbi, Jean-Jacques Mbungani et Jacques Lungwana ? On peut tout dire, mais il est de ces faits qui ne trompent pas. Notamment celui de l’expulsion, le 16 décembre, des équipes de télévision belges. Dans sa note d’information reprise par Belga, le ministère belge des Affaires étrangères dit clairement que «Ces équipes étaient respectivement dirigées par les journalistes Peter Verlinden et Robin Ramaekers et devaient suivre la situation dans ce pays d’Afrique centrale agité par des tensions politiques à l’approche de la fin du mandat du président Joseph Kabila» ! Autre fait important : le 31 décembre 2017, Rfi n’a pas évoqué le motif affiché par les organisateurs, à savoir l’application intégrale de l’Accord de la Saint Sylvestre dans son volet «Décrispation politique». Elle a mis en exergue la « Transition Sans Kabila » sans que les organisateurs n’aient cherché à rectifier l’information traduisant pourtant  un coup de force en pleine perpétration. Ce n’est que le soir, quand les Kinois ont commencé à remplir les terrasses pour fêter «Bonana», qu’on est revenu au motif initial. On peut alors dire que le 31 décembre 2017, le Clc et  «Rassop/Limete et Alliés» étaient dans la logique du soulèvement populaire…

 

Comment, du reste, s’en étonner dès lors que le Clc a fait exprès de se rendre injoignable (lettre adressée au gouverneur Kimbuta n’indiquant ni siège, ni e-mail, ni téléphone), mais aussi imprécis quant à l’itinéraire (points de ralliement signalés mais point de chute) ! A ce propos, une fidèle catholique d’une paroisse de l’Ozone a fait état de l’instruction reçue du curé la veille : attendre par WatshApp la destination finale aussitôt la messe finie.

Ce n’est pas tout. Le Clc s’est arrangé pour préparer les participants à sa marche, pourtant pacifique, de se prémunir de mouchoirs de poche imbibés d’eau en plus de margarine. Preuve, si besoin est, qu’il savait ce qui arriverait.

A quoi doit-on alors la sainte colère du cardinal ? On peut supposer que la mise en échec de son coup l’a sorti des gonds.

Et pour cause ! Depuis le bide de la marche du 19 décembre 2017, l’opinion a été préparée à admettre qu’avec l’échec des stratégies de déstabilisation du régime Kabila par «Rassop/Limete»,  il ne restait plus qu’à recourir à l’Église, précisément la Catholique romaine.

Seulement voilà : la Cenco n’a visiblement pas accepté de servir de cheval de Troie dans la mesure où la question essentielle, en l’occurrence la non tenue principalement de la présidentielle au plus tard le 31 décembre 2017, a été résolue dans l’Accord même. C’est le père Clément Makiobo qui s’est chargé de l’annoncer à l’étape de Bruxelles lors du dernier périple de la Cenco en Europe au mois de septembre 2017.

Interrogé le 29 septembre par Rtbf sur le sort de l’Accord si la séquence électorale « présidentielle-législatives-provinciales » venait à ne pas se tenir dans les délais prévus, il a répondu en ces termes : « …l’accord prévoit effectivement d’organiser des élections en décembre 2017 mais il précise qu’en cas de retard ou de problème, ces élections peuvent être repoussées, à condition qu’il y ait une concertation entre la Ceni (la Commission électorale nationale indépendante), le gouvernement et le Conseil national de suivi de l’accord. Cela signifie donc que le processus est toujours en cours».

Ainsi, la Cenco a eu une position connue de tout le monde.

«Œil pour œil, dent pour dent»…

Apparemment, le cardinal Monsengwo a choisi de ne pas s’y aligner. Il a profité de son autorité sur la «Cenco/Kinshasa» pour agir en solo.

Reste à savoir en contrepartie de quoi, étant donné que personne de raisonnable de peut concevoir la logique d’un coup de tête, d’une impulsion soudaine et irréfléchie.

La réponse n’est pas facile à donner. Elle la devient cependant lorsqu’on l’intègre dans le discours de «Rassop/Limete» sur « Transition Sans Kabila« . Il a été question de confier l’animation de l’Institution «République de la République» à une personnalité dite neutre. En témoigne la déclaration commune du 18 septembre 2017 signée Moïse Katumbi, Félix Antoine Tshilombo, André Mbata Mangu, Paul Nsapu et Floribert Anzuluni. Il est dit de cette transition qu’elle sera «conduite par des personnalités éminentes consensuelles chargées de préparer les élections démocratiques, libres, transparentes et paisibles qui ne sont pas possibles, ni avec M. Kabila ni avec la commission électorale (Céni) dans sa configuration actuelle», cela pour, selon leurs termes, «Pour prévenir le vide juridique et le chaos dans la perspective de la non-tenue des élections le 31 décembre 2017 au plus tard…».

On sait qu’à un moment, a été promue la carte Mukwege. Probablement le médecin a désisté. D’où la carte Monsengwo.

Il n’est alors pas exclu que le cardinal ait mordu à l’hameçon.

Après tout, c’est sa première et unique occasion pour réaliser le vieux rêve de succéder au maréchal Mobutu. Personne de sensé ne le voit participer à une compétition électorale pour sortir avec un pourcentage inférieur à 75, surtout dans les 50%, même si le tour unique permet de gagner la présidentielle avec moins. Ce serait ridicule pour lui avec toute l’aura dont il s’est doté.

Certes, le prélat se défend d’être intéressé par le pouvoir. On peut lui accorder le bénéfice du doute. Mais la question demeure : pour qui aura-t-il réellement roulé ? Peut-être pour ne pas énerver la Constitution, il peut avoir (re)joué la carte Léon Kengo en faisant valoir l’article 75 selon lequel «En cas de vacance pour cause de décès, de démission ou pour toute autre cause d’empêchement définitif, les fonctions de Président de la République, à l’exception de celles mentionnées aux articles 78, 81 et 82 sont provisoirement exercées par le Président du Sénat».

D’ailleurs, il a été constaté dans le chef des promoteurs du schéma «Transition Sans Kabila» une sorte de gêne chaque fois qu’il leur a été fait observer l’incompatibilité de cette option avec la Constitution dont ils passent dans l’opinion pour les principaux défenseurs.

En définitive, la sainte colère du cardinal Laurent Monsengwo ne peut avoir qu’une explication : le ratage d’un important rendez-vous avec lui-même pour ne pas dire avec l’Histoire. L’Histoire de sa sortie d’Église par la grande porte. Et de sa rentrée politique par la même grande porte.

Son drame intérieur se comprend. Il est identique de celui d’Usain Blot. L’athlète jamaïcain voulait s’offrir une sortie honorable lors du dernier championnat du monde à Londres. Le 12 août 2017, un claquage de jambe lui a fait manquer son rêve. Il s’est écroulé sur la piste devant des centaines de millions de téléspectateurs atterrés.

Le prélat congolais voulait s’offrir un grand destin le 31 décembre 2017. Il a vu sa «sainteté» pour ne pas dire sa «divinité» atteinte. Depuis, il ne décolère pas, fidèle à la loi mosaïque «Œil pour œil, dent pour dent»…

Il prend désormais la direction des opérations !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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