Rassop/Limete Udps-G7 : divergences évidentes sur l’Accord…

  

  • Pour l’Udps, l’Accord de la Saint Sylvestre est arrivé à terme le 31 décembre 2017, faute d’organisation de la séquence électorale « présidentielle-législatives nationales-provinciales» au plus tard à cette date, soutiennent à l’unisson Félix Antoine Tshilombo, Jean-Marc Kabund et Peter Kazadi…

 

  • Pour le G7, «L’accord couvre la période préélectorale et la période électorale, c’est-à-dire la période qui commence de la signature de l’accord jusqu’à l’installation effective des institutions issues des élections. Donc, l’accord est toujours en vigueur», tranche Christophe Lutundula…

 

Par leur communiqué du 5 janvier 2018 engageant «Rassemblement», Moïse Katumbi et Félix Antoine Tshilombo ont imputé à la Mp les «rumeurs non fondées d’une dissension interne survenue entre les plates-formes politiques» membres. Ils ont invité le peuple «à ne prêter aucune oreille attentive et surtout à rejeter cette campagne de calomnies et de médisance attisées par quelques officines d’un pouvoir décadent et qui n’a pour finalité que de diviser le leadership de l’opposition et ainsi planter un décor de discorde entre ces deux personnalités politiques». A analyser cependant les faits, on réalise vite que ce communiqué est juste pour la consommation politique. D’autant plus que deux ans après le deal passé à Paris le 10 décembre 2015 entre les deux personnalités, des voix autorisées commencent effectivement à se demander laquelle des parties contractantes, à savoir le G7 pour Katumbi et l’Udps pour Félix, a gagné ou a perdu plus que l’autre. Dans les milieux udépésiens principalement, on le reconnaît ouvertement : le leadership de l’Udps sur l’Opposition politique a été sérieusement entamé au profit de celui du G7, si bien que certaines positions des Katumbistes structure prennent à contre-pied celles des «partenaires» Tshiksekedistes…

 

La preuve est dans les communiqués respectifs en rapport avec la Marche du 31 décembre 2017. C’est du «chacun pour soi, Dieu pour tous». Tenez !

Le 28 décembre 2017, l’Udps considère que «maintenant que le 31 décembre 2017 approche sans que les élections convenues de commun accord ne soient organisées, l’Udps renouvelle son appel à la mobilisation générale du peuple congolais aux fins de se lever comme un seul homme, et d’intensifier les actions pour mettre effectivement hors l’état de nuire le régime de Joseph Kabila». Là, ce parti est de plain-pied dans le schéma « Transition Sans Kabila« .

Saluant «l’initiative du Comité laïc de coordination de l’Eglise Catholique d’organiser la marche le 31 décembre et ce parti affirme qu’il encouragera toutes les actions susceptibles d’accompagner le peuple sur la voie de sa libération», l’Udps «encourage toutes les actions susceptibles d’accompagner le peuple sur la voie de sa libération » et «demande en conséquence aux Congolais en général et à sa base en particulier de participer massivement à la marche et de maintenir le cap au-delà du 31 décembre 2017 si jamais l’imposture tend à s’accrocher».

Dans le sien, le G7 est plutôt modéré. «Le G7 souscrit intégralement à l’appel citoyen à manifester pacifiquement le dimanche 31 décembre 2017 lancé par le Comité Laïc de Coordination (CLC). Le G7 demande au peuple congolais, particulièrement à tous les membres des partis du G7 de participer massivement aux marches pacifiques programmées en vue de réclamer l’application intégrale et de bonne foi de l’accord politique global et intégral du 31 décembre 2016 pour la tenue effective des élections libres transparentes, inclusives et crédibles au courant de l’année 2018 en RDC», y lit-on.

Fait édifiant : les Katumbistes n’en appellent ni à l’article 64 de la Constitution, ni à la «Transition Sans Kabila».

Dans le communiqué de la plateforme commune, Rassemblement dit adhérer «sans atermoiements à l’initiative du comité laïc de coordination de l’église catholique appelant le peuple Congolais à manifester pacifiquement pour libérer son avenir» et «rappelle qu’au 31 décembre 2017, Joseph Kabila perdra la légitimité que lui confère l’accord global et inclusif» avant de demander à la Cour pénale internationale, aux Nations Unies et à l’Union africaine «de mettre en garde le régime Kabila contre toute action visant à réprimer dans le sang et dans la violence l’expression pacifique des compatriotes civils qui exercent leur liberté de manifestation».

«l’Accord est en cours, Kabila est en fonction»

Au lendemain de la Marche, il va se constater, d’un côté, que l’Udps soutient la thèse de la caducité de l’Accord de la Saint Sylvestre pendant que, de l’autre, le G7 est d’un avis contraire. Même si pour lui Joseph Kabila est «président de la République de fait, sans légitimité populaire que seules les élections confèrent aux dirigeants dans des régimes démocratiques», Christophe Lutundula continue de soutenir que ce qui compte pour son groupe, «c’est qu’il y ait une vraie décrispation et cela ne dépend que du président Kabila lui-même». Bien plus, il souhaite après coup, c’est-à-dire après la Marche du 31 décembre 2017, que «le président de la République clarifie sa situation (mandat, référendum) pour permettre à ce que la tension puisse dégonfler et qu’on retrouve tant soit peu la paix civile».

Il n’est meilleure subtilité de reconnaître cette double évidence : «primo, l’Accord est en cours ; secundo, Kabila est en fonction».

Conséquence : l’alinéa 2 de l’article 70 de la Constitution continue de produire ses effets.

Ceci de un.

De deux, Christophe Lutundula se prend lui-même les pieds dans le tapis.

En effet, aucune logique n’explique la revendication d’une application intégrale de l’Accord et la renonciation à certaines dispositions, surtout celles considérées comme essentielles. Dans la même interview du 2 janvier 2018 à Top Congo Fm, il affirme que «Le G7 n’est plus intéressé par le CNSA et le gouvernement’» au motif que ces institutions ont cessé d’être «une préoccupation majeure » du simple fait qu’«elles auraient dû être constituées comme convenu, mais le président Kabila a vidé l’accord de sa substance. C’est une coquille vide dans laquelle on met ce qu’on veut».

Or, cette coquille vide appelée Cnsa est, par exemple, l’«institution d’appui à la démocratie chargée du suivi de la mise en œuvre de l’Accord conclu» par les parties prenantes, aux termes du point VI.1. portant sur le Principe sur la nature de la Structure.  

Au point VI.2.3. relatif à ses attributions, les parties prenantes « s’accordent que le CNSA aura pour mission de veiller au respect de l’Accord politique par tous les animateurs des Institutions et d’assurer le suivi ainsi que l’évaluation de sa mise en œuvre en vue de garantir l’organisation des élections crédibles, transparentes et apaisées».

D’ailleurs, ses neuf attributions consistent tour à tour à :

« 1. Assurer le suivi du chronogramme de mise en œuvre de l’Accord.

  1. Réaliser des évaluations régulières du processus électoral, au moins une fois tous les deux mois, avec la CENI et le Gouvernement ;
  2. Communiquer régulièrement sur l’état d’avancement de la mise en œuvre de l’Accord ;
  3. Formuler des recommandations respectivement aux Parlement, au Gouvernement et à la CENI pour la bonne exécution de l’Accord ;
  4. Assurer le règlement d’éventuelles divergences nées de l’interprétation de l’Accord entre les parties prenantes et concilier leurs points de vue à cet égard ;
  5. Se concerter avec le Gouvernement et la CENI afin d’harmoniser les vues quant à la réussite du processus électoral ;
  6. Elaborer son Règlement Intérieur sous réserve de sa conformité à la Constitution
  7. Apprécier consensuellement le temps nécessaire pour le parachèvement desdites élections avec le Gouvernement et la CENI».

La logique dans la gestion d’un package comme l’est l’Accord de la Saint Sylvestre fait qu’en renonçant à un droit ou un acquis, on renonce à tout. A moins de faire une déclaration solennelle de reconnaissance du Gouvernement et du Cnsa en place et en fonction, question de faciliter l’actionnement des attributions 4, 5 et 6 notamment dans le volet «Décrispation politique».

On sait que l’Udps, de son côté, a conscience de l’effet normal de sa décision d’invalidation de l’Accord.

Ainsi, entre le G7 et l’Udps, les divergences sont réelles quant à l’interprétation de l’application intégrale de l’Accord de la Saint Sylvestre.

De quoi donner le tournis aux parrains, pardon aux partenaires occidentaux.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s