Dans sa sainte colère, Monsengwo s’en prend aussi aux Fardc et à la Pnc !

 

  • Il le qualifie de «prétendus vaillants hommes en uniforme…»

 

  • C’est à croire qu’il balaie d’un revers de la main tous les sacrifices – même de sang – consentis par les militaires et policiers congolais notamment à l’Est et au Centre du pays pour ramener et entretenir la paix sans laquelle même les activités paroissiales sont impossibles…

 

On mettrait sur le compte du lapsus linguae les propos durs tenus par le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya le 2 janvier 2018 en réaction aux tristes événements du 31 décembre 2017 si seulement ils n’étaient pas couchés sur un papier qu’il doit avoir lu et relu avant publication. Après tout, il a mis presque 48 heures pour se prononcer. Pour autant qu’il ait avec lui une équipe de collaborateurs de confiance – notamment les Professeurs d’université Isidore N’Dawyel, Thierry Nlandu et Justin Okana qui constituent le pivot du Comité laïc de coordination – il devrait requérir leurs avis sur le contenu. A moins d’avoir travaillé en solo pour la Marche du 31 décembre 2016 ou de travailler régulièrement seul, ce qui a pour effet d’engager davantage sa responsabilité dans les incidents. Dans les deux cas de figure, l’opinion retiendra seulement que sa fronde a commencé avec les «prétendus vaillants hommes en uniforme» avant de qualifier de «médiocres» les «dirigeants incapables de protéger la population, de garantir la paix, la justice et l’amour du peuple». En d’autres termes, il a décidé de ridiculiser aussi les Fardc et la Pnc en même temps que la classe politique… 

 

Dans l’histoire de la République Démocratique du Congo depuis le 30 juin 1960, jamais homme de Dieu n’a tenu un tel langage à l’endroit des militaires et des policiers de son pays. Aussi loin que l’on puisse remonter dans les temps, ni le cardinal Joseph Malula, ni le cardinal Frédéric Etsou n’ont osé le faire, conscients du principe directeur de la vie des hommes en armes, à savoir la discipline avant tout.

Ainsi, Laurent Monsengwo devient le premier des trois premiers cardinaux congolais ordonnés par le Saint Siège à s’en prendre de manière aussi hardie aux hommes et femmes sous le drapeau.

Quelle que soit la gravité des actes perpétrés – encore que les organisateurs de la Marche ont été prévenus à temps des possibilités d’infiltration de la manifestation par des éléments stipendiés – l’archevêque de Kinshasa devait éviter la généralisation de sa charge. Son cursus universitaire et professionnels fait de lui un érudit maîtrisant les techniques de communication. Il connaît le sens des mots. Il sait que la terminologie «vaillants hommes en uniforme» ou «vaillants hommes en armes» s’applique, dans notre pays, aux militaires et aux policiers en tant de guerre. En l’utilisant comme il l’a fait le 2 janvier 2018, il ne pouvait qu’avoir conscience des effets normaux et même collatéraux.

Au fait, il n’est pas loin d’un certain Etienne Tshisekedi à qui on doit l’expression «soldatesque mobutienne». Or Tshisekedi était un acteur politique. D’ailleurs, pendant la campagne électorale de 2011, il s’était mis à rassurer les militaires et les policiers de ses bonnes dispositions à leur égard. Comme pour se rattraper !

Combien de fois le prélat a félicité les militaires au front ?

Représentée dans l’Armée et la Police par les aumôneries, l’Eglise a la tradition d’encadrer en temps de paix comme en temps de guerre les éléments en uniforme. Des ministres de Dieu prient et bénissent les militaires et les policiers à l’aller et au retour des fronts. En temps de guerre, dans les campements, on trouve le clergé côtoyant le corps médical et le corps médiatique pour entretenir le moral des forces de défense et de l’ordre.

Quand on sait alors que depuis une quinzaine d’années, les forces gouvernementales congolaises sont sur tous les fronts, principalement à l’Est et au Centre, que dans leur majorité, ce sont des jeunes d’une vingtaine d’années qui, aussitôt formés, sacrifient leur sang pour le pays ; quand on sait que ces militaires et policiers font face aux groupes armés étrangers que la Monusco ne parvient jamais à désarmer malgré la traque tant il est vrai que  les mouvements insurrectionnels comme les ex-Far et Interahamwe du Rwanda sont toujours opérationnelles sous la dénomination Fdlr, de même que les Adf, Nalu et la Lra ougandaises), quand on sait que ces jeunes gens luttent contre les groupes armés congolais, au nombre desquels la nébuleuse Maï-Maï, le M.23, les Bakata Katanga et, tout récemment, les Kamwina Nsapu, la moindre des choses qu’ils méritent de l’élite nationale est le silence à défaut de la reconnaissance et non la médisance ou la ridiculisation émanant en plus d’un cardinal.

Plus nombreuses que les défaites subies, les victoires engrangées s’obtiennent en termes de sang. Heureusement que ces jeunes gens sont encouragés par des archevêques comme Melchisédech Sikuli Paluku du diocèse Butembo-Beni et François Xavier Maroy du diocèse de Bukavu, pour ne citer que les deux.

En 15 ans de guerre, quand est-ce que les Fardc et la Pnc ont reçu le moindre mot de soutien de la part du cardinal Laurent Monsengwo ? Si on revisite les centaines de messages dont il est l’auteur, on risque de n’en trouver aucune !

C’est à croire que pour l’archevêque de Kinshasa, tout ce que les militaires et les policiers déploient comme efforts pour entretenir la paix et la sécurité sur toute l’étendue nationale a moins d’importance que la tenue des manifestations publiques dans lesquelles il s’implique personnellement.

On en est droit de l’affirmer puisque, en 2016 et en 2017, il y a une dizaine de manifestations organisées par des partis politiques et des mouvements dits pro-démocratie. Le cardinal n’a jamais agi ni réagi comme il l’a fait pour SA marche.

Aucun Etat sérieux ne tourne en dérision son armée et sa police

On ne serait d’ailleurs pas surpris d’apprendre qu’il n’a dans sa parentèle aucun militaire ni policier pendant qu’il sait que bien des militaires et des policiers sont des fidèles catholiques tout en ayant des conjoints, des enfants, des petits-enfants, des parents et des grands-parents catholiques.

Pour l’instant, croisons plutôt les doigts de façon que sa charge malencontreuse contre l’armée et la police nationales ne serve pas de prétexte aux forces négatives pour s’en prendre davantage aux Fardc et à la Pnc. On imagine bien ce que diraient ces forces une fois «motivées» par les propos du prélat. Mais on imagine surtout les dégâts qui en résulteraient pour les populations civiles.

Heureusement que le Gouvernement, dans son compte rendu de sa réunion du 5 janvier 2018, a renouvelé à ses «vaillants hommes en uniforme» sa confiance puisque dans aucun Etat sérieux au monde, on ne tourne en dérision son armée et sa police.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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