Marche du 31 décembre 2017. Victimes : la Nonciature contredit le tandem «cardinal-Clc» !

* Alors que le 11 janvier 2018, dans sa note technique, la Nonciature annonce 4 morts liés aux événements du 31 décembre dernier, le Clc et l’archevêché de Kinshasa consacrent, le lendemain, «Martyrs de l’Accord» deux autres victimes dont le décès, affirme pourtant le Nonce apostolique, «n’est pas lié à la manifestation» concernée !

* C’est à croire que le tandem « cardinal-Clc » est plus préoccupé d’allonger la liste des morts que de voir s’appliquer réellement l’Accord du 31 décembre 2016…

 

Après la chronique intitulée «Evénements du 31 décembre 2017. La Cenco fait dire au Pape ce qu’il n’a pas dit !», voici une autre contradiction entre, cette fois-ci, la Nonciature apostolique, d’un côté, l’archevêque de Kinshasa et le Clc, de l’autre. Dans sa note technique publiée la veille de la messe du 12 janvier 2018 en mémoire des victimes de la Marche, la Nonciature apostolique dit avoir «publié le jeudi 11 janvier 2018 sa fiche technique indiquant le nombre des morts enregistrés à la suite de la manifestation du 31 décembre 2017. Cette note signale que 2 corps des paroissiens de Sainte-Famille de N’djili ont été enlevés par des forces l’ordre. L’un d’entre eux s’appelle Hervé Ben Kalala. A la paroisse Saint François de Sales de Kintambo, 2 pères de famille sont décédés dont l’un à la suite des effets du gaz lacrymogène. A la paroisse Saint Alphonse de Matete, 2 jeunes sont morts. Leur décès n’est pas lié à la manifestation du 31 décembre»…

 

Ainsi, deux des 6 victimes de la Marche des Chrétiens du 31 décembre 2017 sont, elles aussi, consacrées «Martyrs». Et encore de quoi ? De l’Accord de la Saint Sylvestre ! Honneur qui n’est même pas étendu aux victimes des manifestations de septembre et décembre 2016 alors qu’elles sont, elles, concernées par une disposition dudit accord.

Déjà, le 3 janvier 2018, établissant son bilan, la Police nationale congolaise a fait état des «cinq décès enregistrés dimanche dernier sur l’ensemble du pays», décès n’ayant «aucun lien de causalité avec la manifestation projetée par le comité laïc de coordination de l’Eglise catholique».  Porte-parole de la Pnc, le colonel Pierrot Mwanamputu a donné les détails suivants, s’agissant des corps trouvés dans la paroisse Saint Alphonse de Matete. Abattus par les vigiles d’une chambre froide qu’ils voulaient piller, ces jeunes gens, communément appelés Kuluna, «ont été acheminés par leurs compères à la paroisse Saint Alphonse, à proximité de cet établissement commercial, ainsi que l’a certifié l’Abbé Hugues Ndongisala, curé de ladite paroisse, auprès du commandant du commissariat urbain de Mont Amba». Les trois autres victimes sont, selon la Pnc, deux membres du groupe terroriste dit Kamwina Nsapu dont l’un tué à Kananga et l’autre à Kinshasa ainsi qu’un policier assassiné dans la capitale. Source de l’information : Media Congo.

Il y a concordance entre la Pnc et la Nonciature au sujet des «victimes» de la paroisse Sainte Alphonse.

D’où vient alors le chiffre 6 là où c’est plutôt 4 ?

Recontactons la presse.

3 janvier 2018. L’un des organisateurs de la manifestation accorde au journal «Le Point» une interview intitulée «Thierry Nlandu : ‘Les marches se poursuivront. Nous irons jusqu’au bout !’».  A la question de savoir s’il y a vraiment eu au total 8 morts et plusieurs dizaines de blessés lors de la manif, il répond : «Ce sont là des chiffres officiels, me semble-t-il. Nous comptabilisons aussi de notre côté, après recoupement. Il y aurait déjà eu 12 morts recensés, mais nous attendons les rapports de toutes les paroisses. Nous aurons ainsi des informations plus précises sur les victimes et leurs adresses. Nous ne pourrons publier nos chiffres qu’après une réunion avec tous nos relais».

5 janvier 2018. Dans son communiqué du jour, la Nonciature apostolique relève qu’elle «est en train de recueillir et vérifier les données relatives aux effets de cette marche et de la réaction des Forces d’ordre ici à Kinshasa. Les premiers signaux, publiés dans une Note Technique, du 3 janvier 2018, ne sont pas encourageants : 134 paroisses ont été encerclées par des Policiers/Militaires ; au moins 2 paroisses n’ont pu célébrer la Messe ; autres 5 ont dû interrompre la célébration liturgique à cause de la présence des militaires au-dedans de l’église ; gaz lacrymogène a été lancé dans l’enceinte de 10 paroisses ; etc. (cf. Annexe). Ces statistiques sont une base objective qui ne peut qu’augmenter dans les jours suivants, quand nous aurons eu la possibilité de vérifier d’autres rapports».

11 janvier 2018. La Nonciature apostolique, comme relevé dans le chapeau, reconnaît avoir indiqué dans sa fiche technique 4 paroissiens morts dont deux à Sainte-Famille de N’djili et deux à Saint François de Sales de Kintambo. Elle exclut ceux de Saint Alphonse de Matete.

12 janvier 2018. Dans sa dépêche intitulée «RDC: une messe très politique en mémoire des victimes du 31 décembre», Rfi note que «L’Eglise a recensé six morts, dont les noms ont été égrenés à trois reprises durant la messe». Au fait, la dernière phrase est reproduite dans la dépêche du siteweb de la Cenco publiée sous le titre «Le 31 décembre déclaré ‘Journée des Martyrs de l’Accord de la Saint-Sylvestre’». On y lit : «Dans son homélie, l’évêque auxiliaire de Kinshasa, Donatien Bafuidinsoni a annoncé que pour l’Eglise ‘le 31 décembre 2017 restera dans l’histoire, comme le jour des martyrs de l’accord de la Saint-Sylvestre’. Il a  reproché aux autorités congolaises de mentir sur le véritable bilan de la répression des marches du 31 décembre. L’Eglise a recensé six morts, dont les noms ont été égrenés à trois reprises durant la messe. Mais pour les autorités congolaises, les morts recensés ce jour-là n’ont rien à voir avec les marches».

De plain-pied dans la diversion

A ce stade, l’évidence indéniable est que le tandem «cardinal-Clc» a honoré la mémoire de 6 victimes dont 4 paroissiens et, selon le Nonce apostolique, deux non paroissiens présentés par la Pnc comme étant des Kuluna.

Question : qu’avait-il à gagner, ce tandem, en cherchant à récupérer parmi les siens ceux qui sont morts pour pillage ? Visiblement, il a besoin d’un nombre plus important de morts qu’il y en a eu puisqu’à un moment donné, il a même été question, selon Thierry Nlandu, de 12 morts recensés.

Avec les manifs annoncées, se pourrait-il qu’il faille atteindre un quota !

Là où, toutefois, on est d’accord avec Thierry, c’est lorsque, dans son interview au journal «Le Point», il déclare : «Même s’il y a eu une seule personne tuée, c’est grave et inacceptable. Une vie humaine est une vie humaine». Et c’est justement ce mort de plus qui les condamne, l’archevêque de Kinshasa et les membres du Clc. Voici pourquoi.

Le 16 février 1992, il y avait eu des morts de trop pour revendiquer par la Marche des Chrétiens alors que les organisateurs avaient déjà obtenu ce qu’ils voulaient : la réouverture de la Cns. Quel en était le bilan en termes de mort d’hommes ? L’ONGDH «La Voix des Sans Voix» a recensé 35 morts. L’archevêché de Kinshasa 21 morts. Certainement qu’ils n’ont jamais cherché à confronter leurs bilans pour s’en faire une idée exacte.

En 27 ans, on ne connaît des victimes aucune ni place, ni plaque commémorative. Les victimes ont simplement été oubliées, passées au compte «pertes et profits».

Qu’est-ce qui explique soudain que leurs «lointains successeurs» jouissent, eux, d’une si forte, d’une si puissante sollicitude de la part de la même direction provinciale de la Cenco ? Serait-ce parce que les 4, pardon les 6 paroissiens de la manif de 2017 sont plus chrétiens et plus méritants que les 21 ou 35 paroissiens de la manif de 1992 ? Ou simplement veut-on nous faire croire que l’enjeu de 1992 avait moins d’importance que celui de 2017 !

Au regard de ce qui précède, on en vient simplement à déduire cette triste réalité : sous l’autorité morale du cardinal Laurent Monsengwo, le Clc triche avec des faits qui, malheureusement, les  rattrapent tous rapidement, exactement comme les faits de 1992 les ont également rattrapés.

Quand on se met à chercher des morts pour faire valoir une cause, c’est qu’on est de plain-pied  dans la diversion (Lire «AMUSONS-NOUS UN PEU !». D’où la manchette «Marche du 31 décembre 2017. Alerte : le Clc fuit l’Accord de la Saint Sylvestre !».

Il faut l’y ramener, de gré ou de force…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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