EDITORIAL. 4, 16 et 17 janvier contre 31 décembre !

Quel lien établir entre ces trois dates ? Exercice difficile certes, mais pas impossible.

Les trois premiers symbolisent des morts élevés «Martyrs de l’Indépendance», entendez d’une Indépendance totale du pays.

S’il est vrai que les victimes du 4 janvier 1959 ne savaient pas trop pourquoi la mort brutale les avait surpris dans les échauffourées surgies après un match de football, les deux derniers, à savoir Laurent-Désiré Kabila en 2001 et Patrice-Emery Lumumba en 1960, se savaient, eux, condamnés d’avoir osé braver deux puissances liées, elles, par un pacte que l’historien Isidore Ndaywell se chargera un jour de révéler au petit peuple. A l’homme de la rue.

Il s’agit, on s’en doute, de la Belgique et de l’Eglise catholique romaine.

Raison pour laquelle les «Martyrs de la Saint Sylvestre» ou encore «Martyrs de l’Accord du 31 décembre 2017» sont en réalité de l’autre côté des «Martyrs de l’Indépendance».

Après tout, parmi les 6 morts honorés par l’archevêché de Kinshasa – à différencier de la Cenco – avec le concours du Comité laïc de coordination – se retrouvent deux non paroissiens identifiés par la Police nationale congolaise et par le curé de la paroisse Saint Alphonse à Matete comme étant des «Kuluna». Ils sont morts pour avoir pillé une chambre froide locale et en ont fait les frais.

Qu’à cela ne tienne !

Après tout, Jésus-Christ fut pendu avec, à ses côtés, deux grands bandits !

***

En ce mois de janvier 2017, trois dates se succèdent pour des événements commémoratifs : 4, 16 et 17.

En faisant dire le 4 janvier 2017 une messe en mémoire des victimes du 4 janvier 1959, le cardinal Laurent Monsengwo aurait réussi un vrai coup s’il avait songé à intégrer celles du 31 décembre 2017, de même de celles de septembre et décembre 2016 et, pourquoi pas, du 16 février 1992, sans omettre les autres, les autres, encore les autres.

Oui, trop de sang, trop, trop de sang a coulé dans cette terre congolaise, et il n’arrête de couler. Il avait déjà coulé, et abondamment sous la colonisation.

Peut-on, un seul instant – pour ne prendre que la période postcoloniale (1990 à ce jour) – soutenir que Kasa-Vubu et Lumumba sous la 1ère République entre 1960 et 1965, Mobutu sous la 2ème République et la 1ère phase de la Transition entre 1965 et 1997, L-D. Kabila pour la 2ème phase de la Transition entre 1997 et 2001 ainsi que J. Kabila pour la 3ème et la 4ème phase de la Transition ainsi que pour la 3ème République ne soient venus aux affaires que pour «dérober, égorger et détruire», selon Jean 10 :10 et que, de ce fait, ils soient tous des suppôts du Diable ?

«Vutuka vana wavidila nzila», dit un proverbe Kongo. Traduction française : «Rentre par où tu t’es perdu de chemin».

Rentrons au point de départ.

Et pour cause !

***

Le Dialogue du centre interdiocésain est le énième d’une série étrennée avec la conférence de Léopoldville en 1960. Il a été le mauvais de tous les dialogues dans la mesure où il a consacré l’exclusion d’une frange importante de l’Eglise congolaise.

Lorsque les Evêques de la Cenco ont été approchés par le Président Joseph Kabila pour une médiation devant aboutir à l’inclusivité avec l’entrée de «Rassemblement» dans la cogestion de ce que les négociateurs ont désigné par le terme consensuel «période préélectorale et électorale» – question de préserver les acquis de la Constitution de 2006 telle que modifiée en 2011 – les prélats catholiques auraient dû faire montre de sagesse et d’intelligence en y associant les confessions religieuses établies : Protestants, Musulmans, Kimbanguistes, Orthodoxes, Réveil et Indépendants.

Ils ont voulu aller en solo.

Serait-ce à l’instigation de Bruxelles ou de Rome ? Bruxelles n’est pas à écarter étant donné qu’elle a parrainé au vu et au su de tout le monde l’avènement de «Rassemblement».

Conséquence : dans la revendication de l’application intégrale ou stricte de l’Accord de la Saint Sylvestre par la voie d’une Marche dite des Chrétiens, les organisateurs se sont alors souvenus de l’existence d’autres confessions religieuses pour y participer. Exactement comme en 1992 lorsque, probablement à l’instigation de Bruxelles, les organisateurs de la Marche des Chrétiens du 16 février s’étaient souvenus tardivement de la même existence.

Admettons-le avec courage et honnêteté : si nous voulons rendre à nos martyrs, connus comme anonymes, les hommages auxquels ils ont droit, cela passe par l’impératif de «rentrer par où nous nous sommes perdus de chemin».

Ce point de départ, on s’en doute, est le 30 juin 1960.

Nous avions mal acquis l’Indépendance.

Il va sans dire que devant l’inéluctable dialogue qui nous attend, «Transition avec ou Sans Kabila», «Elections avec ou sans Kabila» – nous avons le devoir de vider un double contentieux : le premier avec Bruxelles, le second avec Rome via l’Eglise catholique romaine…

L’indépendance, la vraie, en est tributaire !

NDL

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

PROCHAINEMENT

Réfléchissons calmement…

Et si Kabila n’est pas le problème !

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