Encore des morts et des blessés… Clc : l’escalade de trop !

* En choisissant le dimanche pour organiser ses manifestations publiques révélant de plus en plus une coloration politique forte, le Clc ne prend peut-être pas la mesure de la perturbation des messes et cultes dans les Eglises du pays, toutes confessions et dénominations confondues…

* Et en laissant les manifestants seuls dans la rue pendant qu’ils se cachent, eux, de peur d’être appréhendés, ses membres agissent exactement comme les responsables du Rassop/Limete et Alliés, prompts à initier des manifestations publiques, mais prompts aussi à disparaître dès l’apparition des forces de l’ordre…

 

Depuis le 2 décembre 2017, date de sortie officielle du Comité laïc de coordination, des esprits mauvais sont en train de boutiquer des stratagèmes de bas étage pour susciter une crise de confiance entre le Pouvoir, d’une part, et l’Eglise, de l’autre, particulièrement l’Eglise catholique romaine du Congo placée sous l’autorité légale, spirituelle et administrative de la Cenco. Au cours de ces trois dernières semaines, les messes dominicales sont troublées. On en vient même à déduire que la Cathédrale Notre Dame du Congo se dispute avec Pétunias le leadership de la contestation. Même les acteurs politiques réputés pécheurs invétérés dans leur vie privée comme dans leur vie publique investissent les paroisses, jusqu’à celles éloignées de leurs résidences ou de leurs bureaux. Sacrilège : amenant les preneurs d’image, ils se font filmer pendant les deux moments importants de la messe : la Sainte Cène et les offrandes. Or, pour ce double moment-là, la Parole de Dieu dit en Matthieu 5 : 23 « Si donc tu présentes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis, viens présenter ton offrande». De Moïse Katumbi à Vital Kamerhe en passant par Fatshi et autres  Fayulu, qui s’applique cet ordre, pour autant qu’ils aient conscience d’avoir maille à partir avec leurs collègues ou amis de la Majorité présidentielle, surtout maintenant que ces derniers sont qualifiés de «médiocres» appelés à «dégager» ? Personne…

 

On ne peut pas être chrétien et considérer tel verset biblique pour tel et non pour soi. Tant qu’on se réclame du Christ, on s’applique ses commandements et ses recommandations. A moins, bien entendu, d’être en mission commandée et réduit le christianisme affiché à une opération de racolage.

Question déterminante : qu’est-ce qui a motivé la descente, dans l’arène politique, du Clc qui, ne le perdons pas de vue, relève de l’autorité directe de l’archevêque de Kinshasa ?

Le cardinal Laurent Monsengwo peut se défendre d’ambitions politiques, mettre au défi la partie adverse d’apporter la preuve de ses intentions de s’impliquer dans la gouvernance institutionnelle et faire constater le tort de la partie «accusatrice».

Mais, la vérité qui triomphera se devine : les membres du Clc n’ont en aucun moment développé un discours conciliant à l’égard des tenants du Pouvoir. Dès son apparition le 2 décembre 2017, il a annoncé les couleurs d’une structure anti-Kabila dans une société politique congolaise réputée bicéphale, instaurant même la sentence chrétienne «Qui n’est pas pour moi est contre moi» !

Pour preuve, dans son premier communiqué inspiré sans doute de la déclaration de la Cenco issue de l’assemblée plénière extraordinaire tenue du 22 au 24 novembre au siège de Caritas, les « fondateurs » du Clc écrivent : «Dans cette perspective, d’ici le 15 décembre 2017, le Comité Laïc de Coordination exige outre une déclaration publique du Président de la République qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession, la mise en application effective de toutes les mesures de décrispation de l’Accord de la Saint-Sylvestre”. La liste des mesures à prendre au plus tard cette date comprend “La libération, sans conditions, de tous les prisonniers politiques, la fin de l’exil des opposants menacés d’arrestation à leur retour au pays, la fin du dédoublement des partis politiques, la libéralisation des espaces médiatiques et particulièrement de la RTNC, la réouverture  des médias injustement fermés, la restructuration de la CENI afin de recréer la confiance entre l’électorat et l’institution organisatrice des élections, l’utilisation du calendrier récemment proposé par la CENI comme outil de travail pour l’élaboration d’un calendrier consensuel”.

Elle divise le pays et le peuple, pire, l’Eglise de Dieu !

Ont-ils, chrétiens qu’ils sont, approché les institutions de la République (Président de la République, Assemblée nationale, Sénat, Gouvernement et Cours et Tribunaux), mais aussi les institutions d’appui à la démocratie (Céni, Csac, Cndh et Cnsa) pour s’informer au préalable du niveau d’application de l’Accord de la Saint Sylvestre ?

NON ! Ils se sont mués à la fois en Tarzan, Zorro et Dr Justice !

Aussi, le 17 décembre 2017, soit 48 heures seulement après la réunion de Bruxelles du 15 décembre à laquelle ont participé plusieurs opposants, le Clc a-t-il diffusé le communiqué selon lequel «Le 2 décembre 2017, le Comité laïc de Coordination a pris la communauté nationale et internationale à témoin, invitant nos gouvernants à respecter les mesures de décrispation de la scène politique, tel que décidées par l’Accord de la Saint-Sylvestre. Il ne s’agissait que de remplir des conditions préalables pour des élections réellement crédibles, notamment : la libération sans conditions des prisonniers politiques; la fin de l’exil des opposants menacés d’arrestation à leur retour au pays; la libéralisation des espaces médiatiques; la fin du dédoublement des partis politiques ; la restructuration de la CENl afin de recréer la confiance entre l’électorat et l’institution organisatrice des élections ; la confirmation de la volonté du Chef de l’Etat de ne pas briguer un troisième mandat comme l’exige la Constitution pour rassurer l’opinion. Cet appel est resté lettre morte. La volonté politique d’agir dans le sens de la paix, et du service à la communauté est totalement absente. La mauvaise foi de nos dirigeants est plus qu’évidente dans la gestion de l’alternance politique».

Et d’ajouter : «Puisque nous voulons des élections crédibles, condition indispensable pour mettre fin à la crise actuelle de légitimité; puisque nous voulons d’un Congo libéré de la dictature, de la corruption, de l’impunité, de l’injustice et de la confiscation des institutions publiques et judiciaires, libérons-nous de la peur, de la résignation et de l’inertie coupable. LEVONS-NOUS ET MARCHONS, dans la capitale, en province ou à l’étranger. LEVONS NOUS ET MARCHONS, femmes et hommes de foi; croyants en Dieu et chrétiens de toute sensibilité ; toute personne éprise de justice et de paix; de toute condition et de toute génération; engagée ou Non dans l’activité politique et associative. LEVONS-NOUS et MARCHONS pour libérer l’avenir, et faire de notre pays une terre de paix, de dignité, d’hospitalité et de progrès pour tous. Ce dimanche 31 décembre 2017, main dans la main, nous marcherons pour sauver le Congo : notre patrimoine commun, dans le respect Sacré des personnes et des biens».

Dans un pays où le laïcat catholique domine l’espace politique en termes d’effectifs exerçant des fonctions d’Etat depuis 1960, laïcat présent aussi dans les institutions publiques, la «fatwa» lancée par le Comité laïc de coordination a tout d’une guerre fratricide !

Elle divise le pays et le peuple, pire, l’Eglise de Dieu.

Ils sont donc «convocables»

Au profit alors de qui le fait-on ? Pour autant qu’ils soient véritablement des chrétiens, les membres du Clc connaissent le sort du royaume divisé contre lui-même.

Archevêque de Kinshasa, le cardinal Laurent Monsengwo a cependant une énorme responsabilité dans l’escalade en observation. Déjà, le fait pour lui d’être «Membre du Conseil des neuf Cardinaux choisi par le Pape François pour le gouvernement de l’Eglise universelle» n’est pas un atout, contrairement à ce que ses fervents pensent ou croient. Il ne peut nullement convaincre l’opinion d’être la voix écoutée du Souverain Pontife.

François 1er sait que la première Marche des Chrétiens tenue en 1992 pour la réouverture de la Cns avait été organisée avec la caution de son conseiller. Les espoirs suscités par la reprise des travaux s’étaient évanouis, et la trentaine de morts en plus de la centaine de blessés constituant le bilan de l’archidiocèse de Kinshasa auront été des victimes pour rien.

Il sait davantage que la deuxième Marche des Chrétiens tenue le 31 décembre 2018 a eu son lot de morts et de blessés, de même que la troisième organisée le 21 janvier dernier a le sien. Rien n’assure ni ne rassure, avec toutes ces manifestations, de la satisfaction des espoirs en voie d’être suscités. Surtout lorsque les organisateurs et les «communicateurs» divergent quant à la finalité de la manifestation. Quand il ne s’agit pas de l’application intégrale ou stricte de l’Accord de la Saint Sylvestre, la marche est justifiée plutôt par la revendication du départ du Président Joseph Kabila.

Déjà, c’est le moment choisi par les Américains et Britanniques pour en appeler à la «Transition AVEC Kabila», quitte au Président de la République se procéder à la passation pacifique du pouvoir à la date prévue dans le calendrier, outre le respect des libertés fondamentales.

Le Clc a tort d’être de moins en moins précis sur la revendication, et même lorsqu’il évoque l’application de l’Accord, il a encore tort de s’abstenir de préconiser une évaluation effective de cet acte par les parties prenantes que sont, pour rappel, selon le point I.1. «Les signataires et les non signataires de l’Accord du 18 octobre 2016 avec leurs composantes respectives : la Majorité présidentielle, l’Opposition politique, l’Opposition républicaine et la Société civile signataires de l’Accord du 18 octobre d’une part, et le Rassemblement, le Front pour le Respect de la Constitution et la Société civile non-signataires dudit Accord, d’autre part».

Même si sur ces entrefaites il y eu recomposition dans les parties prenantes, les acteurs politiques majeurs sont les mêmes.

Ils sont «convocables», et le Clc, dans son escalade, prive la Cenco de toute capacité de médiation.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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