Halte à la manipulation. Washington et Londres contre la «Transition Sans Kabila»

* Les choses étant claires, toutes les initiatives des partis politiques, des ONGDH, des mouvements dits pro-démocratie, voire des associations se réclamant des confessions religieuses allant dans le sens du schéma «TSK » se justifient plus… 

* Ainsi, Américains et Britanniques se prononcent pour l’alinéa 2 de la Constitution confirmé dans l’Accord de la Saint Sylvestre, à savoir : «A la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu». Date prévue : 12 janvier 2019…

 

On ne peut pas dire qu’il s’agisse d’une coïncidence fortuite. En choisissant la date du 20 janvier 2018 – entendez la veille de la Marche des Chrétiens Catholiques (selon l’expression du président de la Cenco, Mgr Marcel Utembi) – pour se prononcer ouvertement contre le schéma «Transition Sans Kabila», Américains et Britanniques font un «rappel à l’ordre» net et clair en direction des forces politiques et sociales prônant ce schéma. En réalité, cette position n’est pas une nouveauté. Le 9 novembre 2017, à Washington, devant la Commission des affaires étrangères du congrès américain, Donald Yamamoto avait «déjà signifié à l’Opposition qu’une transition sans Kabila n’était pas constitutionnelle». Certainement embarrassée, l’Opposition radicale, incarnée désormais par «Rassop/Limete et Alliés», a préféré se taire. Question, probablement, de ne pas heurter la sensibilité des «parrains». On sait seulement que dans la foulée de la Marche du 31 décembre 2017, les membres du Clc ont laissé filtrer par les médias dits périphériques le schéma «TSK». Or, toute revendication allant dans ce sens est incompatible avec toute manifestation proclamée pacifique…

 

Normal, dès lors, que de voir les partenaires extérieurs américains et britanniques mettre  l’accent, dans leur communiqué conjoint du 20 janvier 2018, sur le respect des Droits de l’homme, précisément les libertés d’expression et de manifestation garanties d’ailleurs dans la Constitution congolaise et reprises dans l’Accord de la Saint Sylvestre.

Pour édification, à son article 23, la Constitution dispose : «Toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit implique la liberté d’exprimer ses opinions ou ses convictions, notamment par la  parole, l’écrit et l’image, sous réserve du respect de la loi, de l’ordre public et des bonnes mœurs» et à l’article 26 : «La liberté de manifestation est garantie. Toute manifestation sur les voies publiques ou en plein air, impose aux organisateurs d’informer par écrit l’autorité administrative compétente. Nul ne peut être contraint à prendre part à une manifestation. La loi en fixe les mesures d’application».

Tandis que dans l’Accord du 31 décembre 2016, «Les parties prenantes s’engagent solennellement à respecter les Institutions et les lois de la République, l’Etat de droit, les Droits de l’Homme, les libertés fondamentales collectives et individuelles, la séparation des pouvoirs garantis par la Constitution et le droit d’existence des partis de l’opposition et d’exercice de leurs activités politiques». C’est au point II.3. du chapitre relatif au «RESPECT DE LA CONSTITUTION».

La rue s’est fatiguée

Si, à l’approche de la date du 31 décembre 2017, les forces politiques et sociales impliquées nommément dans la médiation du centre interdiocésain avaient fait preuve de sagesse en préconisant l’évaluation effective de l’application de l’Accord de la Saint Sylvestre au lieu d’engager l’épreuve de force avec les Pouvoirs publics, les tristes événements du dernier jour de l’année et du 21 janvier 2018 ne se seraient pas produits. Après tout, les parties prenantes ont confié au Cnsa la mission aussi de «Réaliser des évaluations régulières du processus électoral, au moins une fois tous les deux mois, avec la CENI et le Gouvernement».

En réalité, la question fondamentale est savoir ce qui est à l’origine de la crise après la signature de l’Accord du 31 décembre 2016. Les analystes avertis sont tous unanimes : pour l’Udps, c’est la non-application de ses propres statuts et du règlement intérieur, notamment en cas de décès, de démission ou d’empêchement définitif du président national, et pour «Rassemblement», c’est l’absence des statuts et du règlement intérieur. Les chantres de l’Etat de droit se sont retrouvés dans l’incapacité matérielle d’assurer la succession d’Etienne Tshisekedi.

Surfant sur la crise économique et sociale, ils ont joué sur l’émotion, au motif senghorien «La raison est hellène, le sentiment nègre». Aussi, à partir de juin 2017, ont-ils commencé à actionner des schémas du genre «Elections Sans Kabila» avant de dériver sur «Transition Sans Kabila», mobilisant la rue avec l’alinéa 1 de l’article 64 selon lequel «Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution» tout en étant conscients du fait que l’alinéa 2 donne aux Pouvoirs publics le droit de sévir contre tout schéma de prise de pouvoir par une autre voie que celle des élections. «Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’Etat. Elle est punie conformément à la loi», dispose-t-il.

Résultat : toute manifestation publique impliquant ou non les forces politiques et sociales adhérant au schéma «TSK» a été et est toujours perçue dans le sens de la violence.

On peut dire aujourd’hui que si ces forces-là ont gagné en externe en termes de victimisation (elles bénéficient de la sollicitude des parrains occidentaux dans les tribunes internationales), elles ont perdu de plus en plus en interne en termes de soutien populaire. La rue s’est fatiguée. Il a fallu l’entrée en lice de l’archevêque de Kinshasa, via le Comité laïc de coordination, pour les voir reprendre en quelque sorte du poil de la bête…

Ramener les choses dans les normes

Et c’est le moment choisi par les Américains et les Britanniques pour une sorte de halte à la manipulation : NON à la «Transition Sans Kabila», OUI au respect des libertés fondamentales.

En d’autres termes, ils appellent les Pouvoirs publics à laisser les forces politiques et sociales  jouir entre autres des libertés d’expression et de manifestation (avec tout ce quel cela implique comme droit à d’autres libertés dans le cadre des mesures de décrispation politique), et les forces politiques et sociales pro-Opposition (lisez pro-Rassop/Limete) à ne plus brandir le schéma «TSK» dans leurs revendications, le Président Joseph Kabila devant rester en fonction jusqu’à l’installation effective du Président de la République élu.

En vérité, Américains et Britanniques reconnaissent l’alinéa 2 de l’article 70 confirmé, au demeurent, dans l’Accord de la Saint Sylvestre? De ce fait, le Chef d’Etat n’est pas obligé de se prononcer sur la candidature ou non à sa succession dès lors qu’il a suffisamment déclaré sa volonté de respecter la Constitution de la République et l’Accord de la Saint Sylvestre.

Il est indiqué de le rappeler ici : ayant obtenu le soutien de la majorité des partenaires occidentaux, le calendrier publié par la Céni le 5 novembre 2017 prévoit du 24 juillet au 8 août 2018 la période de dépôt des candidatures pour la présidentielle, les législatives et les provinciales.

Sauf volonté délibérée de porter atteinte à l’Institution «Président de la République», aucune logique ne justifie la contrainte d’une autre solennelle à laquelle elle doit être soumise.

Maintenant que Washington et Londres viennent de se prononcer, il est à espérer un ressaisissement général de façon à ramener les choses dans les normes.

 

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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