Se décrétant chrétien. Le Clc au cœur d’une manipulation lamentable !

* Une première mondiale : les libérateurs, qui organisent des marches, vivent en cachette de peur d’être arrêtés. Preuve qu’ils n’entendent assumer aucune responsabilité en cas de dérapage. D’ailleurs, ils n’apportent jusque-là aucune assistance matérielle ni financière aux familles éplorées…

 

Jamais, mais alors jamais dans la chronique politique congolaise manipulation n’a atteint un niveau si haut de conception, de planification et d’exécution qu’à l’occasion de la Marche du 21 janvier 2018. Même les fameux «laboratoires» d’un certain HN à l’époque du Zaïre n’avaient pas frôlé un tel niveau de perfidie, mais également d’abêtissement. Se peut-il que ce soit là le reflet de la «Génération Android» ou «Génération Réseaux Sociaux». Passe encore que des images insupportables aient été mises en ligne, certaines d’ailleurs sans lien avec les événements du jour. Passe encore que d’autres, même en ayant ce lien – aient été sorties du contexte. Mais que des gens supposés de haute facture intellectuelle et morale arrivent à impliquer dans la dernière marche Protestants, Kimbanguites et Musulmans pendant que personne n’a vu une colonne des premiers et des deuxièmes quitter leurs temples pour rejoindre les églises, cela dépasse tout entendement. Déjà, pour les troisièmes, on ne voit pas comment ont-ils fait pour être à leurs mosquées un jour dominical et se diriger vers les paroisses catholiques. D’ailleurs, aucune image photo ni vidéo n’a présenté jusque-là un  manifestant en djellaba ou dishdasha, en chéchia ou keffieh. L’homme qui s’est permis de livrer cette affirmation dans une interview à Sonia Rolley diffusée le 24 janvier 2018 sur Rfi est Isidore Ndaywel, professeur d’université…

 

A dire vrai, on tient-là une explication à la tragédie qui s’est jouée entre le 15 et le 21 janvier. Pour rappel, le 15 janvier, par sa lettre n°CENCO/PR/MUT/15/01/0000370/2018/BG-7° adressée au cardinal, aux archevêques et aux évêques de toute la RDCongo, Mgr Marcel Utembi, président de la Cenco, disait avoir «appris que le Comité Laïc de Coordination (CLC), une Association des laïcs officiellement reconnue par l’Archidiocèse de Kinshasa, a annoncé une autre marche des chrétiens catholiques pour le 21 janvier». La précision est de taille.

Or, le 18 janvier, par sa mise au point, le Clc est carrément passé outre en ouvrant la marche à «tous les partis politiques, toutes les organisations de la Société civile, toutes les Associations de défense des Droits de l’homme, tous les Syndicats, tous les mouvements citoyens…» qu’il a d’ailleurs  remerciés par avance de leur disponibilité.

Et, à partir de là, la manipulation va accentuer. On verra tour à tour, sur les réseaux sociaux, circuler :

– primo, une déclaration d’une obscure «Coordination des laïcs protestants» (Colpro) qui fera réagir à chaud le Milapro (Ministère des Laïcs Protestants), «Seul et unique organe accrédité à ce jour pour engager les laïcs protestants», lit-on dans son communiqué qualifiant cette structure d’«un montage grossier» pour «soutenir l’initiative du Comité Laïc de Coordination» ;

– secundo, une lettre du chef spirituel et représentant légal de l’«Eglise de Jésus-Christ sur la terre par son Envoyé Spécial Simon Kimbangu», Simon Kiangani Kimbangu, instruisant sa communauté de participer à la manifestation, l’accusé de réception ayant été faite par l' »aile dissidente de Monkoto » ;

– tertio, une déclaration du Cheikh Ali Mwinyi M’Kuu amputée de la partie ayant trait à la non-participation à la marche.

Et encore, disant craindre pour sa vie, Isidore Ndaywel a livré à partir d’une cachette une interview au journal belge «LE SOIR» publiée le 15 janvier 2018. «Depuis le 31 décembre, je n’habite plus chez moi», a-t-il révélé. Pourtant, dans la même interview, il a déroulé son activisme comme pour convaincre l’opinion de sa capacité de résistance. Mieux, dans le chapeau, Colette Braeckman a fait constater de lui cette prouesse : «Priant, marchant, s’agenouillant avec les autres, il s’est trouvé en première ligne face aux forces de l’ordre». Bien entendu, il ne sera pas brutalisé par les «prétendus vaillants hommes en uniforme» qui tiraient à balles réelles sur les manifestants quand ils ne les «gazaient» pas carrément !

Justement, à propos de la cachette, tout obéit à la logique de la manipulation. A preuve, la veille de la prestation de Ndaywel sur Rfi, c’est-à-dire le 23 janvier 2018, France 24 a diffusé celle de Léonie Kandolo. Pétillante de santé, resplendissante de beauté, la laïque catholique se plaint de vivre séparée de sa famille à cause de son activisme citoyen.

Objectif atteint puisque le même 23 janvier 2018, le cardinal Laurent Monsengwo va revenir avec son cri de cœur «Sommes-nous dans une prison à ciel ouvert ?». Il se fait seulement que c’est à cette même occasion qu’il commettra l’imprudence d’ajouter : «Nous voulons que règne la force de la loi et non la loi de la force». Vraisemblablement, il ne s’est pas souvenu de l’existence du décret-loi n°196 du 29 janvier 1999 réglementant jusqu’à présent l’organisation des manifestations et réunions politiques en RDCongo, c’est-à-dire texte en vigueur prévoyant à son article 4 l’autorisation préalable des autorités politico-administratives établies.

Précise et évasive

Le summum de la manipulation sera toutefois atteint avec l’instrumentalisation avérée de la Monusco. Le dimanche 21 janvier, donnant le bilan des morts, la Mission onusienne a avancé 6 morts en mettant elle-même au conditionnel l’info.

Curieusement, toutes les institutions internationales et tous les pays occidentaux «émus» par la «répression disproportionnée» perpétrée par des forces de l’ordre sur des chrétiens n’ayant pour « arme » que Bible, chapelet et rameaux (le Coran est oublié), s’appuieront sur une information dont la source de référence n’est pas sûre ! Le 22 janvier, le secrétaire général de la Cenco – qui va se substituer au Clc – confirmera ce bilan.

Or, selon quelques indiscrétions crédibles, l’info première a émané de l’Acaj, ONGDH pro-Katumbi. Ce qui veut dire que les 6 morts ont été comptabilisés par une structure qui, de tradition, excelle dans la surenchère. Quand le Gouvernement déclare 10 morts, ce genre d’ONG aligne le double si pas le triple. On peut supposer qu’en ne trouvant que 6, c’est qu’il y a eu moins de morts, quand bien même un seul est de trop.

L’insolite est qu’au quatrième jour – pendant que des condamnations en externe et en interne n’en finissent de pleuvoir – l’opinion avertit constate que ni la Monusco, ni la Cenco, ni le Clc, encore moins l’Acaj ne se révèlent capables d’identifier les six victimes «comptabilisées». Exactement comme les 6 victimes du 31 décembre 2017 n’ont jamais été toutes identifiées, même si elles sont consacrées «Martyrs de l’Accord de la Saint Sylvestre».

Sur le site de la Monusco, la dépêche principale jusqu’à la date du 25 janvier 2018 est celle du 23 janvier intitulée «RDC : l’ONU dénonce un schéma récurrent de répression». Extrait suffisamment révélateur : «Dimanche dernier, le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme en RDC a ainsi fait état d’au moins six morts lors de manifestations à Kinshasa, 68 blessés, 121 personnes arrêtées et des tirs de grenades lacrymogènes dans les églises de diverses régions de la RDC».

Ainsi, autant la Monusco est précise quant aux personnes blessées et arrêtées, autant elle demeure évasive par rapport au bilan des morts.

Résultat : pendant qu’elle va prédire au cours d’une conférence de presse à Genève le mardi le 23 janvier 2018 la possibilité d’augmentation de ces chiffres «à mesure que plus d’informations sont vérifiées», Ravina Shamdasani, porte-parole du Hcdh, exhortera  «le gouvernement à enquêter sur tous les incidents dans lesquels les forces de sécurité ont fait un usage excessif de la force contre les manifestants et le personnel des Nations Unies». C’est à peine comme si elle ne lui demandait pas subtilement d’identifier les «au moins six morts» !

La confrontation continue

Sur ces entrefaites, il s’observera sur le terrain une sorte de bras de fer entre, d’une part, le Clc et, de l’autre, le pape François 1er. Le 24 janvier 2018, le Saint Père déclare à propos de la RDCongo  textuellement ceci : «Malheureusement, des nouvelles inquiétantes continuent d’arriver de la République démocratique du Congo et je renouvelle donc mon appel afin que tout le monde fasse tout son possible pour éviter toute forme de violence». Le même jour, dans son interview à Rfi, à la question «Pourquoi continuer justement alors que les fidèles que vous appelez à manifester sont tués, blessés ou arrêtés ?», Isidore Ndaywel répond : «Nous pensons qu’arrêter à ce niveau, c’est finalement ne pas respecter ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie pour qu’il y ait le changement».

En clair, la confrontation continue.

Au demeurant, pour persister et signer, il va déclarer dans une interview accordée le jeudi 25 janvier 2018 au site web «Actualite.ce» : «Nos actions vont se poursuivre jusqu’au bout. D’ailleurs, en la matière, nous avons déjà vaincu l’inertie. Le train du changement est en marche. Les Congolais ont repris courage. Ils ont vaincu la peur. Ils ont retrouvé la joie d’être ensemble. Catholiques, protestants, kimbanguistes et musulmans sont unis dans cette action. Croyants et non croyants, ceux du pays et de la diaspora, sont unanimes dans leur volonté d’aller jusqu’au bout de la conquête de leur dignité longtemps bafouée. Plus rien n’arrêtera cet élan».

Relevons seulement au passage que le leader, lui, vit en cachette.

Il confirme de ce fait le Clc au cœur d’une manipulation lamentable…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

PROCHAINEMENT

Marche après marche

De combien de morts le Clc a encore besoin ?

* Parmi les victimes, aucun mort, aucun blessé, aucun arrêté qui soit de la famille d’un membre du Clc ou du clergé catholique ! C’est comme si la parentèle est instruite de ne pas participer aux manifestations programmées…

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