EDITORIAL. Kabila n’est pas chargé d’appliquer l’Accord…

Très attendue, la « réaction » de la Cenco à la conférence de presse du Président Joseph Kabila est arrivée le mardi 30 janvier 2018 par une interview de l’abbé Donatien Nshole au website ACTUALITE.CD.

«Pour nous, les choses sont claires. L’accord du 31 décembre 2016 est là. La Cenco a accepté le calendrier publié par la Ceni, mais la Cenco exige que le préalable contenu dans cet accord pour l’organisation de bonnes élections soit mis en pratique parce que la Cenco n’accepte pas des élections qui seront encore à l’origine d’une crise. Comment aller aux élections quand le climat n’est pas décrispé ? Comment aller aux élections quand la Ceni ne connaît pas de restructuration ? Il y a des remplacements qui devront être faits pour beaucoup plus de confiance. La Cenco rappelle juste ce qui est contenu dans l’accord, on n’invente rien. Si on veut les élections apaisées, il faut prendre des dispositions».

Le siteweb rappelle que «Les mesures de décrispation impliquent notamment, la libération des prisonniers politiques dont entre autre Franck Diongo et Diomi Ndongala et Jean Claude Muyambo. Elles recommandent également le retour des exilés politique dont Moïse Katumbi, candidat déclaré à l’élection présidentielle, et Mbusa Nyamwisi. L’accord politique de la saint Sylvestre parrainé par les évêques de la Cenco souffre de manque d’application selon l’opposition qui accuse la MP de l’appliquer à son gré».

***

Ainsi, exit le préalable imposant au Président de la République une déclaration solennelle dans laquelle il doit se déclarer non candidat à sa propre succession.

Il est vrai que lors de sa conversation avec la presse le 26 janvier 2018, le Chef de l’Etat a renvoyé ses adversaires – via ses réponses aux journalistes – à la Constitution qui ne prévoit pas un troisième mandat et au calendrier électoral qui ne prévoit pas de référendum (lire manchette intitulée «Otant à ‘Rassop/L et Alliés’ leurs prétextes : Kabila visé avec des attaques périphériques !»

Plus d’une fois, est démontré le non-sens de ce préalable dans la mesure où, aussi bien dans ses discours sur l’état de la Nation que dans ses autres déclarations, Joseph Kabila dit et redit qu’il est respectueux de la Constitution et même de l’Accord. En plus, le calendrier étant là, il va bien falloir attendre la période des dépôts des candidatures (24 juillet au 8 août 2018) pour être fixé sur ses intentions réelles.

Après tout, ce n’est pas lui qui a fait mettre dans la Loi fondamentale les alinéas 2 des  articles 70, 103 et 105 ainsi que l’alinéa 7 de l’article 197.

C’est tout de même paradoxal que les députés nationaux, les sénateurs et les députés provinciaux de l’Opposition trouvent normal se faire appliquer, eux, les dispositions prorogatives leur applicables et arguent de la non-application des mêmes dispositions, s’agissant du Président de la République.

***

Au fait, toutes les déclarations de la Cenco, dont celles relayées par le Clc au sujet de l’application de l’Accord de la Saint Sylvestre, n’indiquent jamais formellement la personne morale en charge de sa mise en application.

Or, s’agissant justement des mesures de décrispation politique, les parties prenantes et la médiation Cenco ont désigné au point 2 chapitre VI «la Structure chargée du suivi et de la mise en œuvre de l’Accord». Au point VI.2.1. relatif à la dénomination, il est dit : «Les parties prenantes s’accordent pour appeler cette Structure d’appui à la démocratie ‘Conseil National de Suivi de l’Accord et du Processus Electoral (CNSA). Au point VI.2.2. relatif à la composition, les parties prenantes «s’accordent sur le nombre de 28 membres pour constituer le Conseil National de Suivi de l’Accord et du Processus Electoral, y compris la CENCO». Et au point VI.2.3. sont déclinées les attributions.

Nulle part il n’est dit du Président de la République qu’il assume la responsabilité de la mise en application de l’Accord. Au cours de sa conférence de presse du 26 janvier 2018, Joseph Kabila l’a relevé avec clarté. «Pour la question de décrispation, on a le Cnsa qui a le dossier en mains. Ce n’est pas le Président de la République», a-t-il dit.

La question sensée est de savoir pourquoi depuis le 31 décembre 2016, Rassemblement, Rassop/L, Rassop/L et Alliés, Clc et Cenco font tous croire à l’opinion que l’application de l’Accord dépend du bon vouloir du Président de la République alors qu’il n’en est rien !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s