Otant à «Rassop/L et Alliés» leurs prétextes, Kabila visé avec des attaques périphériques !

* Les arguments majeurs portent sur le 3ème mandat et le référendum

 

Sur les réseaux sociaux circule la «blague» selon laquelle le seul miracle réussi par le cardinal Laurent Monsengwo avec les manifestations qu’organise le Clc sous son autorité est d’avoir fait délier sa langue à Joseph Kabila, réputé taiseux ! Effectivement, le 26 janvier 2018, le Président de la République a parlé comme jamais il ne l’a fait face aux médias. Surtout avec des «piques» stérilisantes pour tous ceux qui se sont employés ces temps derniers à le forcer  à se prononcer sur deux des sujets brûlants : le troisième mandat et le référendum. Les confrères de Rfi et de l’Afp – deux des principaux médias français et francophones à en avoir fait une sorte de ligne éditoriale pour tout dossier politique RDCongolais – ont simplement et cordialement été invités à lire la Constitution et le calendrier électoral…

 

Ainsi, pour le troisième mandat, la réponse du Chef de l’Etat a été juste une cette repartie : «Est-ce qu’il y a une copie de la Constitution du pays ici ? Veuillez remettre une copie à ma petite sœur. On va vous remettre une copie de la Constitution de la République».

Pour le référendum, cette autre repartie : «Je disais tout à l’heure que la Céni a déjà publié un calendrier électoral. Je n’ai vu nulle part (…) l’organisation du référendum constitutionnel. Je n’ai pas vu ça. Est-ce qu’on a une copie du calendrier ? Il faut consulter ce calendrier».

Recadrons les choses.

Par quoi justifie-t-on toutes les manifestations publiques organisées dans ce pays principalement au cours de l’année 2017 et en ce début de l’année 2018, cela successivement par Rassop/Limete, Rassop/Limete et Alliés et Clc ?

Les organisateurs ont toujours dit et continué de dire au peuple congolais que le Président Joseph Kabila tient à briguer un troisième mandat et, pour y arriver, il entend faire réviser la Constitution au moyen d’un référendum.

En renvoyant à la Constitution et au calendrier électoral la réponse à cette double préoccupation des opposants visibles et invisibles relayée par les médias, il a comme mis fin à tout ce prétexte, et cela à la date hautement symbolique du 26 janvier 2018.

Du 3ème mandat et du référendum ? Pas un mot !

Quand on analyse alors les réactions de ses adversaires politiques, surtout de ses ex-collaborateurs, on constate non sans effarement qu’elles sont malheureusement périphériques.

Prenons la réaction du G7. Au cours d’une conférence de presse organisée le dimanche 28 janvier 2018, Pierre Lumbi a d’emblée déclaré «Quoi qu’il en coûte, et quoi que le président Kabila et ses partisans fassent, l’année 2018 doit être celle de la fin de la dictature». Il fonde son assurance sur le fait «qu’en répondant massivement à l’appel du comité laïc de coordination, les Congolais de toutes les confessions religieuses ont démontré qu’ils sont déterminés à briser les chaînes de la dictature». Et d’ajouter : «Le président Kabila tient à rester au pouvoir, même au prix du sang des Congolais. Néanmoins, les marches populaires du 31 décembre 2017 et du 21 janvier 2018 l’ont ébranlé et ont remis en cause certaines certitudes qui alimentaient ses illusions», avant d’inviter «tous les principaux leaders de l’opposition à transcender leur état d’âme, leurs rancœurs, pour privilégier l’intérêt général de notre nation» et de demander, curieusement, «aux dirigeants du pays d’appliquer l’accord de la Saint-Sylvestre dans son intégralité» alors qu’ils doivent débarrasser le plancher !

Du 3ème mandat et du référendum, pas un mot !

Président de l’Unc, Vital Kamerhe – surnommé autrefois avec raison «zala na mbangu» – n’a pas attendu deux jours. Dès le lendemain, il s’est signalé avec cette tirade : «Le président Kabila a menti quand il dit qu’il est le seul à avoir défendu l’actuelle constitution et que celle-ci est son œuvre. C’est faux ! Cette constitution est le fruit d’un accord entre acteurs politiques. Elle a été approuvée par 85% de la population. C’est faux de dire aussi qu’il n’est pas à la base de la non organisation de l’élection présidentielle en 2016 alors c’est lui qui a tout bloqué. Il dit encore que le pays se porte mieux qu’hier, mais comment expliquer cela avec toutes les maladies qu’il y a : choléra, et consorts, et que dire de l’insalubrité» !

Relevons au passage que Vital Kamerhe, à l’époque du Dialogue intercongolais (2001 à 2003), était du pré-carré présidentiel. En 2005, il avait fait campagne pour le référendum constitutionnel en engageant Joseph Kabila. Il est bien placé pour savoir qui, bien que la Constitution soit le produit dudit dialogue, avait donné sa caution au référendum et qui ne l’avait pas fait.

Force est seulement de le constater : du 3ème mandat et du référendum, pas un mot non plus.

Juste une réflexion post-électorale

Vital Kamerhe a même cherché à distraire de l’essentiel l’opinion en tentant de déformer les propos du Chef de l’Etat par rapport, par exemple, à la transformation de l’homme zaïrois. Il a suggestionné une insulte faite au Congolais. «Je ne peux pas tolérer ça, monsieur Kabila doit retirer cette phrase, si Kabila n’a pas pu transformer les zaïrois en congolais, où était-il quand nous étions zaïrois, était-il zaïrois ? Ça c’est une insulte grave contre les congolais», a-t-il dit.

Pourtant, il est de notoriété publique que toute la problématique congolaise se résume dans le changement des mentalités. Depuis l’avènement de la libéralisation politique le 24 avril 1990, toutes les forces de changement font de ce changement le défi premier de leurs actions.

Il reste alors à réaliser qu’avec l’Unc, le changement des mentalités ne sera d’aucun programme. Quoi de plus normal ! Tout ce qu’il a trouvé à dire, c’est de rappeler que lorsqu’il était étudiant zaïrois à l’Unaza, il mangeait deux fois par jour aux frais de l’Etat !

Autre tentative de déformation des propos du Chef de l’Etat, c’est lorsqu’il dit : «Comment dissocier la démocratie du développement ? On ne peut pas parler du développement sans démocratie, ou de la démocratie sans développement. Il a mal caché ses intentions de demeurer éternellement au pouvoir».

Pourtant, les propos de Joseph Kabila sont loin des siens. En voici l’extrait : «Le budget est de 1,230 milliard de dollars. En 2006, le budget électoral était de 450-500 millions de dollars. Ma position, je veux dire à qui veut m’entendre, à mes interlocuteurs partout : je pense que c’est exorbitant. On ne peut pas avoir un processus électoral pour cette année qui va coûter 1,200 milliard de dollars. C’est extrêmement difficile. Un milliard deux cents millions de dollars, c’est bien plusieurs hôpitaux, plusieurs écoles, des universités. Demain, on peut construire plusieurs kilomètres de routes. Les élections seront organisées, mais après, il faudra qu’il y ait une réflexion : est-ce qu’on va continuer avec le même système ou bien est-ce qu’il faudra prendre des mesures, engager des réformes pour rendre les élections moins coûteuses, comme c’est le cas. Rendre les élections moins coûteuses, économiser et le temps et surtout les moyens. Je pense que cela est possible et faisable».

C’est juste une réflexion post-électorale.

Question : est-ce parce qu’on est fin mandat qu’on ne peut pas penser à l’avenir de son pays ?

Assurément, Vital Kamerhe président de la République cessera de réfléchir sur l’après-mandat. Le jour de la remise-reprise, tout son programme s’arrêtera parce qu’il l’aura calculé en fonction de son premier quinquennat, et, éventuellement, de son second et dernier mandat ! Il va falloir s’attendre à une sorte de «shutdown» à la congolaise avec arrêt des travaux d’infrastructures, des financements etc. !

Le genre d’attaques périphériques auquel Pierre Lumbi et Vital Kamerhe ont eu recours n’a qu’une explication ou justification : absence totale d’argument quand on est pris de court. Il est évident que la sortie médiatique de Joseph Kabila le 26 janvier 2018 les a décontenancés.

Conséquence : ses ex-collaborateurs réalisent à leurs dépens que l’exercice ne leur a pas réussis. Ils se sont fait distancer. De quoi inquiéter ceux qui misent sur eux pour le fameux schéma «Transition Sans Kabila»…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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