«Persécution» des ministres de Dieu ! Le «crime» contre l’Eglise profite à «Rassop/L» !

  • N’ayant à proprement parler rien à gagner d’une crise avec l’Eglise, le Président de la République, la MP et le Gouvernement issu de l’Accord de la Saint Sylvestre ne peuvent nullement menacer un prêtre au point de le forcer à une cachette ou à l’exil. A moins pour l’intéressé de jouer la carte de victimisation…

 

Avec le communiqué de l’Eglise du Christ au Congo du mercredi 7 février 2018  signalant aux autorités congolaises la «disparition» du Dr Ekofo et l’information livrée le jeudi 8 février 2018 par la Monusco faisant état des facilités de transport aérien accordées à l’intéressé pour son départ à l’étranger, il y a quelque chose d’insolite : le scoop de Rfi dans sa dépêche du 6 février. La dépêche intitulée «RDC : l’inquiétude grandit chez les prêtres de Kinshasa» évoque les inquiétudes exprimées par la Fédération protestante de France au sujet du pasteur François David Ekofo qui, à l’en croire, «a quitté samedi la République démocratique du Congo pour les Etats-Unis». Un tabloïd paraissant à Kinshasa relève dans sa livraison du 8 février 2018  qu’«Aux dernières nouvelles, selon les sources généralement bien informées, le pasteur Ekofo aurait été exfiltré le samedi 3 février et serait déjà aux Etats-Unis». Rfi ajoute dans sa dépêche : «Selon des sources proches de lui, au sein de l’Eglise du Christ au Congo, il craignait pour sa sécurité» étant donné que «Lors du 17e anniversaire de la mort de Laurent-Désiré Kabila, mi-janvier, il avait créé la surprise en interpellant les autorités congolaises sur leur mauvaise gestion du pays. ‘L’Etat congolais n’existe pas’, avait-il déclaré dans son homélie. Ce week-end, la Fédération protestante de France a fait part, dans un communiqué, de son inquiétude pour les chrétiens congolais». Il s’agit, bien entendu, du week-end du 3 au 4 février 2018…

 

Première préoccupation : structure bien organisée, l’ECC dispose de réseaux bien implantés pour s’informer des questions sécuritaires concernant, notamment, l’un de ses hauts cadres pressenti en insécurité. Cas justement du Révérend Docteur François David Ekofo. Depuis le 16 janvier dernier, des informations de toutes sortes circulent à son sujet.

Aussi, le fait d’avoir attendu le 7 février 2018 pour signaler une disparition constatée pourtant depuis  trois jours incite à penser à un exercice de rattrapage. L’évidence à retenir est que le pasteur ayant quitté le pays le 4 février 2018, l’ECC ne pouvait qu’en être au courant. Partant, en priant «…les autorités, par le biais des organes compétents, de pouvoir ménager aucun effort pour informer l’Eglise de sa situation», la présidence de l’ECC a agi juste pour la forme. Reste à savoir pourquoi !

Deuxième préoccupation : structure bien organisée, la Monusco ne pouvait pas laisser l’ECC dans l’ignorance de l’évacuation du pasteur, encore moins – si elle le veut – les autorités politiques congolaises.  Florence Marchal, son porte-parole, a déclaré le jeudi 8 février 2018 que «Le pasteur David Ekofo a quitté la RDC à bord d’un vol de l’ONU Kinshasa-Goma-Entebbe samedi dernier», confirmant au passage le fait que la mission onusienne «facilite le déplacement des étrangers et congolais (officiels, journalistes et personnalités)».

Rendue publique au lendemain de la publication du communiqué officiel des Protestants, cette intervention éclaire au moins la situation : le pasteur est bel et vivant et, en plus, dans un pays connu de la Monusco et, partant, des responsables de l’ECC.

Une grosse «prise»…

Vient maintenant ce qu’on présente comme étant la «persécution des prêtres de Kinshasa», pour reprendre le titre de Rfi dans sa dépêche du 6 février 2018.

Les témoignages essentiels émanent des prêtres catholiques. Cas du père Joseph Bema de la paroisse Saint Kizito. «Je me sens en insécurité (…) avec des visites de personnes non identifiées, qui me cherchent. Parfois, ils se trompent d’adresses (…) A la fin, je ne voulais pas sortir, et tout le monde l’a bien vu, parce qu’à l’extérieur, des gens suspects me cherchaient. Je ne connais pas leur but, mais je pense que c’est de m’avoir physiquement, et tout le monde est en alerte dans cette affaire», a-t-il révélé à Rfi.

Cas aussi de l’abbé Placide Okalema, cité par le même média. «On voudrait que les gens soient silencieux. Et nous, parce que nous parlons, nous devenons l’objet d’insécurité. Personnellement, je suis menacé. Je reçois des appels, des menaces. Par exemple, dimanche dernier, juste après la messe, deux mamans ont surpris un monsieur qui était en train de dire, menaçant : ‘ce prêtre-là, je vais le faire disparaître dans deux jours’. Je rentre chez moi et je reçois un appel pour me dire ‘on va te faire disparaître’. Mais, malgré toutes ces menaces, nous n’avons pas peur», a-t-il déclaré.

Et Rfi d’ajouter : «D’autres prêtres ont souhaité témoigner hors micro».

Qui sont-ils, ces gens suspects ou suspectés ? En raison du contexte politique actuel, il est bien facile de soupçonner ou d’accuser les agents des services publics. Mais, justement en raison du même contexte, toute personne de mauvaise intention peut se permettre d’entretenir la psychose de la peur dans n’importe quel milieu clérical. Une Jeep ou une voiture sans immatriculation avec vitrage fumé, une détonation de pétards aux petites heures du matin, un appel anonyme dans l’entourage immédiat d’un curé, d’un pasteur ou d’un berger ou un petit voleur surpris en train d’escalader le mur d’une église ou d’une  résidence d’un prélat suffit pour susciter la panique.

C’est déjà révélateur que les parties qui s’estiment «victimes de la mauvaise application de l’Accord du 31 décembre 2016 conclu sous la médiation de la Cenco» soient les premières à promouvoir la thèse de la persécution de l’Eglise. Elles sont ouvertement pour une crise entre, d’une part, le Président de la République, la Majorité présidentielle et le Gouvernement d’union nationale et, d’autre part, l’Eglise catholique romaine. Elles s’emploient à attiser le feu en formant d’ailleurs l’espoir d’une «extension» embarquant toutes les autres confessions religieuses.

Aussi, l’ECC dans la lorgnette après la CENCO, c’est pour elles une grosse «prise».

Naturellement, s’expliquent le surdimensionnement des propos du pasteur Ekofo et le suggestionnement de l’insécurité.

Aller vite en besogne

C’est alors que se pose la question classique «A qui profite le crime ?» quand on sait que le Président de la République, sa famille politique, le Gouvernement d’union nationale et même sa famille biologique ne gagnent rien d’une crise avec l’Eglise, mais alors rien, ou quand il est établi qu’une crise avec la Religion – quelle que soit la dénomination ou l’envergure de la confession, n’a jamais été une bonne chose pour toute gouvernance institutionnelle.

Ce qui est au moins vrai, c’est que certains serviteurs de Dieu, surtout ceux de l’Eglise catholique romaine du Congo, sont trop politiquement motivés. D’où des postures qui embarrassent les tenants du pouvoir surtout dans la perspective d’une alternance politique pour laquelle la haute hiérarchie entend jouer le rôle décisif de pilote. Cela s’observe depuis 1960 à des étapes de «changement de régime» par voie soit de coup d’Etat, soit de soulèvement populaire, soit même d’élections.

Mais de là à déduire le déclenchement d’une persécution de l’Eglise par le Pouvoir – pendant que la thèse inverse peut aussi être soutenue – c’est qu’on va vite en besogne. Et le «crime» – dans le sens péjoratif ou sémantique – profite à quelqu’un.

Dans le cas présent, il ne profite pas au Pouvoir.

Il profite donc à l’Opposition radicale, alias «Rassop/Limete».

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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