Exploitation pétrolière. Le Président Joseph Kabila au lancement du nouvel appareil de forage de Perenco

Près de 1.320 km de route, en aller-retour, pour assister à l’inauguration du nouveau tank farm de la société d’exploration, d’exploitation et de production de pétrole Perenco à Muanda, il a fallu bien qu’il le fasse, et le Président Joseph Kabila Kabange l’a fait le samedi 10 février 2018. Evénement économique déterminant, le rendez-vous l’a été dans la mesure où, pour paraphraser le ministre des Hydrocarbures Aimé Ngoyi Mukena, les Congolais ignorent «qu’ils habitent sur l’un des vastes réservoirs pétroliers du monde» étant donné que 24 des 26 provinces du pays ont des gisements à indice prouvé. En fait foi : la cartographie actuelle des hydrocarbures sur l’étendue du territoire congolais…

 

Bien entendu, premier à intervenir au cours de la cérémonie qui s’est déroulée à une vingtaine de kilomètres du centre de la ville côtière, le gouverneur Jacques Mbadu Situ a salué en la personne du Chef de l’Etat l’artisan de la paix, le père de la démocratie et le précurseur de l’émergence du pays, félicitant l’assistance de «vivre en direct ce moment historique où la République Démocratique du Congo va rompre avec cette production pétrolière demeurée statique depuis des lustres, et cela grâce à la vision managériale et prouvée d’un homme», en l’occurrence le Président Joseph Kabila Kabange.

Perenco : partenaire de choix et engagé

Il a été suivi par le Directeur général de Perenco, Adrien Broche, qui a considéré que la présence du Chef de l’Etat «en ce jour constitue un immense honneur pour le Groupe Perenco, sa filiale congolaise, mais aussi pour la province du Kongo Central et notre cité de Muanda», avant de fixer le cadre de la cérémonie, à savoir l’inauguration de «l’appareil de forage offshore Nuada» (du nom d’une fleur norvégienne), et cela grâce au visiteur de marque à la suite des décisions prises en 2017, précisément au mois d’octobre, lorsqu’il a été procédé à la signature de l’avenant n°8 à la convention offshore «validée par ordonnance présidentielle» et renouvelant pour 20 ans la concession offshore. D’où la reprise des investissements.

Présent en RDCongo depuis 2000, a relevé le Directeur général, «Le Groupe Perenco porte un projet industriel unique basé sur des hommes et des techniques que l’on nous envie dans le secteur pétrolier, développé dans les 13 filiales du groupe, et en particulier ici en RDC», a-t-il tenu à préciser, faisant observer au passage que la société est-là «depuis longtemps aux côtés de l’Etat congolais» et entend y être «là encore pour très longtemps» au motif qu’elle en foi dans ce pays.

La production offshore à Muanda, a-t-il rappelé, remonte à 1972. Le matériel ayant considérablement vieilli, il fallait absolument, 45 ans après, de nouveaux investissements en infrastructures pour lui permettre, selon les termes d’Adrien Broche, «de produire encore pendant de nombreuses années et remonter sa production».

Aussi, le Groupe Perenco a acquis «un appareil de forage nommé Nuada» dans l’objectif normal  d’augmenter la production des champs en mer. Quasi unique dans la corporation, ce matériel est «capable de travailler dans des eaux peu profondes», c’est-à-dire – comme c’est le cas pour partie du bassin pétrolier congolais – là où la profondeur va de 3 à 30 m seulement. «La plupart des appareils ne peuvent pas s’approcher si près de la côte au risque de s’enliser», a affirmé le Directeur général. Or, il peut aussi aller à 10.000 mètres de profondeur.

Résultat prévisible et encourageant : «En 2018, cet appareil va réaliser 11 interventions sur des puits existants pour un investissement global supérieur à 70 millions de dollars, permettant de remonter la production de ses champs d’au moins 5.000 barils par jour, ce qui représente 2 millions de barils supplémentaires», a-t-il dit. Seront alors remplacés les équipements vieux de plusieurs dizaines d’années.

«Nous travaillons déjà sur la suite avec une nouvelle campagne pour 2019-2020 dans laquelle nos ingénieurs vont ajouter des objectifs d’exploration pour aller découvrir et mettre en production des nouveaux réservoirs grâce à cet appareil», a-t-il annoncé, tout heureux de soutenir que pour son groupe, «c’est une grande fierté» que de voir aujourd’hui le Président de la République «constater la rapidité et l’ampleur des efforts dégagés par notre société suite à l’extension» accordée en 2017, tout heureux en plus d’annoncer que «Grâce à cette première campagne Nuada», Perenco prolonge «la vie des champs pétroliers» en même temps qu’il consolide sa présence en RDCongo.

Déjà, dans les prochains moins, il est question d’installation d’une nouvelle plate-forme en mer dénommée Fololo. Elle va permettre l’électrification de certaines installations et redonner une seconde jeunesse aux installations de pompage immergée.

Ce n’est pas tout. Avec des partenaires locaux et sous l’autorité du ministère des Hydrocarbures, la société veut également contribuer «à la valorisation des ressources gazières des concessions onshore et offshore qui pourraient générer entre 50 et 10 Mégawatts d’électricité et qui pourraient bénéficier au pays», en même temps qu’en parallèle, elle lance «une nouvelle campagne de forage à terre à partir du mois d’avril de cette année pour un total de 20 puits qui font suite aux 24 sites que nous avons forés en 2017».

Aussi, se voulant à la fois «un partenaire de choix» et «un partenaire engagé», Perenco, a estimé que la cérémonie organisée le samedi 10 février 2018 dans ses installations n’est pas, à proprement parler, la manifestation d’«un nouveau départ pour la relation entre l’Etat congolais » et le Groupe pétrolier, «mais la continuité, la suite logique d’une aventure partagée».

Ministère des Hydrocarbures : cérémonie pilote et inaugurale

En prenant la parole en tant que troisième et dernier intervenant, le ministre des Hydrocarbures, Aimé Ngoy Mukena, a d’emblée souhaité une bienvenue cordiale au Président Joseph Kabila et aux notables présents sur le site.

Il a annoncé le démarrage d’une série de rendez-vous planifiés après deux ans de travail dans son cabinet, mais en commençant par faire un survol rapide de l’histoire du pétrole, singulièrement du pétrole congolais. Et comme relevé ci-dessus, la cartographie actualisée est claire : 24 des 26 provinces du pays ont et sont des réservoirs pétroliers.

«En réalité, notre pays dispose trois grands bassins sédimentaires à indice prouvé aujourd’hui», a révélé le ministre, citant le bassin côtier, le bassin de la Cuvette centrale et le bassin de la branche est-africaine, ce dernier comprenant le graben Albertine le graben Tanganyika, le graben Moëro et le graben Upemba.

Informations importantes : les visites pour les deux derniers sont en programmation.

Mais information décisive : la mise en exploitation imminente du gaz méthane du lac Kivu.

«Je m’engage à vous dire : avant la fin de cette année, d’autres bassins commenceront la production», a-t-il annoncé, son ministère ayant travaillé au cours de ces deux dernières années «sur les opportunités d’investissements dans les secteurs» des hydrocarbures.

«La cérémonie de ce jour est pilote et inaugurale », a-t-il déclaré en mot de la fin.

De Muanda,

Omer Nsongo die Lema

@omernsong

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