EDITORIAL. Luanda et Brazza disent NON à «TSK»

La tripartite «RDCongo-Angola-Congo-Brazzaville» a eu lieu le 14 février 2018. Lieu : Palais de la Nation, à Kinshasa.

Du communiqué final publié à son issue, il ressort comme information principale que la séance a passé en revue «la situation générale dans la région des Grands Lacs ainsi que le renforcement de la coopération» trilatérale.

Deuxième point inscrit à l’ordre du jour, le processus électoral a été sans doute au cœur de l’échange.

Premier élément à retenir : les trois chefs de l’Etat – c’est dans le texte au point 2.1. «ont échangé sur les progrès accomplis dans le processus électoral en RDC depuis leur dernière rencontre, particulièrement dans la mise en œuvre du calendrier électoral publié le 5 novembre 2017 par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) prévoyant l’organisation des élections présidentielles, législatives et provinciales au 23 décembre 2018».

Ce point comprend l’ajout suivant : «Au nombre des avancées, ils ont noté la fin des opérations d’enrôlement des électeurs sur le plan national depuis le 31 janvier 2018, avec plus de 46 millions d’enrôlés, et le début des opérations de nettoyage du fichier électoral afin de déterminer le nombre exact des électeurs. Ce qui permettra l’adoption prochaine de la loi sur la répartition des sièges».

Au point 2.2., il est écrit : «Leurs Excellences le Président de la République du Congo, Monsieur Denis SASSOU NGUESSO et le Président de la République d’Angola, Monsieur Joao Manuel Gonçalves LOURENÇO, ont félicité leur Homologue, Son Excellence Monsieur Joseph KABILA KABANGE, Président de la RDC pour la promulgation le 24 décembre 2017 de la loi électorale et de la loi des finances 2018, ainsi que pour les efforts déployés par le Gouvernement de la RDC dans la prise en charge financière du processus électoral».

Au point 2.3., réaffirmant «leur profond attachement à la tenue des élections véritablement apaisées», les trois Chefs d’Etat, relève le communiqué «se sont félicités de l’avancée du processus consensuel porté à l’Accord du 31 décembre 2016 et ont réitéré l’appel à la retenue à l’égard de toutes les parties prenantes au processus électoral en RDC, lancé lors du 30ème Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine tenue les 28 et 29 janvier 2018 à Addis-Abeba».

Fait hautement significatif à retenir : «Ils ont particulièrement condamné toute tentative d’accession au pouvoir par des voies non constitutionnelles».

Au point 2.4., ils «ont lancé un vibrant appel à tous les acteurs politiques congolais et ceux de la société civile à se mobiliser en vue de la concrétisation de l’agenda électoral, dans l’unité, le calme et la paix», de même qu’au point 2.5., se disant «Conscients de l’acuité des défis qui entourent le processus électoral en  de la RDC» ils ont «réitéré leur soutien aux conclusions de la 30ème Conférence de l’Union Africaine qui demande aux Etats membres de conjuguer leurs efforts en vue d’un soutien effectif à la RDC».

***

Une analyse posée, calme, froide du communiqué issu de la tripartite de Kinshasa conduit à reconnaître un message clair à l’endroit respectivement de la communauté nationale (Majorité, Opposition et Société civile) et de la communauté internationale (Onu, Union africaine, Union européenne et pays notamment occidentaux).

Intervenant – hasard du calendrier ? – deux jours seulement après la séance de travail sur le processus électoral organisée à New York et au cours de laquelle Nikky Haley a carrément remis en cause les textes légaux régissant la République Démocratique du Congo (lire la manchette intitulée «Nikky Haley dans la logique de violation des lois congolaises» – la tripartite de Kinshasa a tout d’un rappel à l’ordre. C’est comme si Luanda et Brazzaville, solidaires de Kinshasa, demandaient aux uns et aux autres de jouer le jeu avec les règles déjà inscrites et connues de tout le monde.

D’abord, en direction de «Rassop/Limete et Alliés», de la Cenco (et du Clc) ainsi que des ONGDH et des mouvements pro-démocratie qui se sont inscrits dans le schéma TSK (Transition Sans Kabila), l’avertissement est clair : pas question d’accession au pouvoir par des voies non constitutionnelles.

Ensuite, en direction des partenaires extérieurs d’obédience occidentale : conjugaison de tous les efforts pour un soutien effectif du processus électoral congolais.

Ces deux prises de position sont justifiées par l’impératif du respect du calendrier électoral.

Visiblement, cet impératif n’est pas encore suffisamment intégré dans la conscience des forces politiques et sociales dites acquises au changement (Rassop/Limete et Alliés) et de leurs «parrains» qui réclament une chose et programment son contraire.

Premiers concernés en tant que communauté internationale (celle-ci commence à partir des frontières de la RDCongo), Luanda et Brazzaville se sont chargées de le rappeler lors de la tripartite de Kinshasa.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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