Fidèle à son stratagème, l’Udps en voie de lâcher «Rassop/L et Alliés» !

 

  • «L’UDPS cesse d’être le dindon de la farce, béquilles ou marchepied de n’importe quel autre aventurier, ou groupe d’aventuriers quel que soit leur rang social», a déclaré Jean-Marc Kabund le 15 février 2018 à l’occasion de la célébration du 36ème anniversaire de l’existence de son parti…

 

  • Ce message est adressé plus aux «partenaires extérieurs» – dont les plus connus sont le G7, l’AR, l’Unc, le Mlc etc. – qu’aux «partenaires internes», lui-même compris…

 

Décidément, les sorties médiatiques du bouillant secrétaire général de l’Udps donnent des tournis  aux membres et alliés de son parti. Pas plus tard que le 7 février dernier, il venait de jeter un gros pavé dans la mare en troublant les esprits des Catholiques avec le fameux partage 50/50 du «succès» des manifestations organisées le 31 décembre 2017 et le 21 janvier 2018 par le Clc. A l’en croire, 50 % des manifestants sont des Chrétiens catholiques et 50 % des combattants de l’Udps. Au cours de la même émission avec Sylvie Bongo, il va révéler le choix porté sur Valentin Mubake par Etienne Tshisekedi pour le poste de Premier ministre issu de «Rassemblement», conformément à l’Accord de la Saint Sylvestre. «Mais ce choix a été rejeté par les 8 plateformes membres du Rassemblement qualifiant cet ancien conseiller de ‘conflictuel’. Face à ce blocage, Tshisekedi a soumis la question aux travaux des commissions afin de parvenir à un consensus sur le nom de la personne qui sera désignée comme Premier ministre. A l’issue des travaux en commission, c’était l’unanimité de la part des 8 plateformes du Rassemblement qui avaient porté leur choix sur la personne de Félix Tshisekedi. Choix qui avait mis mal à l’aise le président, parce qu’étant son fils. Mais en tant que démocrate, il s’était incliné au choix de la majorité et a formalisé cela dans une lettre adressée à la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), en vue d’une quelconque désignation/confirmation conformément à l’accord de la Saint Sylvestre», a-t-il déclaré…

 

Alors que les partenaires, tous niveaux confondus, n’ont pas encore fini de digérer ses propos, Jean-Marc Kabund en rajoute. «Après le départ Kabila, l’UDPS est résolument déterminé à jouer un rôle de premier plan dans ce pays. Nous ne laisserons plus de temps. Nous n’accepterons plus de servir des marchepieds. Trente-six ans, c’est beaucoup», a-t-il dit le 15 février 2018.

Pour les «udépéslogues», l’opinion exprimée n’a rien de surprenant. A chaque tournant de l’histoire politique de ces 27 dernières années, ce parti se défait des alliances contractées.

Le dernier lâchage en date remonte à 2011, en prévision de la présidentielle et des législatives du 28 novembre. Pendant que le parti s’affiche avec des nouveaux alliés (Groupe de Fatima), voilà que le 20 décembre 2010, interrogé par Rfi sur l’intérêt d’une nouvelle alliance avec Jean-Pierre Bemba et Vital Kamerhe, il lance sa «roquette» en ces termes : «Même si je suis disposé à faire appel à d’autres partis, c’est quand même l’Udps qui s’est battue trente ans pour, d’abord, gagner les élections. Je veux le faire avec les amis dans des plateformes à convenir. Mais, c’est d’abord sur l’UDPS que je compte. Il ne faut pas que je vous donne l’impression que si je ne me rallie pas avec les autres, je n’aurai pas gagné. Pas du tout ! C’est le contraire ! Je fais confiance à mon parti, qui est connu par notre peuple comme étant le seul parti qui a lutté longtemps pour l’intérêt de ce peuple-là. Je sais que l’union fait la force, mais ce n’est pas une nécessité pour moi».

On connaît la suite : dans une interview au journal belge «Le Soir» le 30 novembre 2011, c’est un Tshisekedi triomphaliste et méprisant qui va déclarer à Colette Braeckman : «J’ai toujours refusé cette idée qui venait de chez vous, selon laquelle pour l’emporter l’opposition aurait dû s’unir. Ce n’est pas cela que le peuple veut. Unanimement, il veut le changement…’. Un changement qu’il incarne…». Et Colette de noter : «A l’ égard des autres candidats, le vieux leader  assure : ‘ils n’ont qu’une ou deux voix, celle de leur femme, de leurs enfants… Les voix récoltées par Kamerhe au Kivu, cela ne me concerne pas. Avant-hier, il est venu ici et j’ai refusé de le recevoir… Cela ne me dit rien… Quant à Kengo wa Dondo, il  fait partie de ces hommes que j’ai toujours combattus…».

L’avant-dernier lâchage de l’Udps remonte, quant à lui, à l’avènement de l’Afdl en 1997. Alors que son parti pilote à l’époque le «Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au Changement» dénommé Usoras (Union sacrée de l’Opposition radicale et Société civile) et réalise l’inéluctabilité de la chute de Mobutu autant que de la victoire des Afdéliens dont il épousera la cause, Etienne Tshisekedi renoncera à toute alliance comme pour se positionner en seul interlocuteur du nouveau Pouvoir.

Signaux du troisième lâchage

«Jamais deux sans trois», dit-on. Ceux qui suivent de près la dynamique de Bruxelles-Genval savent qu’Etienne Tshisekedi et son parti n’ont jamais fonctionné en mode associatif. Tout ce que le lider maximo en a gagné, c’est l’épine qu’il a fait enlever de la plante de son pied.

On sait qu’en pleine campagne électorale de 2011, il s’était déjà auto-proclamé président de la République élu. Quand l’élection avait eu lieu, il s’était auto-investi président de la République élu. Du 23 décembre 2011 (date de son auto-investiture chez lui à Limete) au 10 juin 2016 à Bruxelles-Genval, il se considérait président de la République élu. C’est seulement à ces assises qu’il acceptera le titre honorifique de chef de file de l’Opposition politique dénommée «Rassemblement». D’ailleurs, il a été bien précisé qu’il ne s’agit pas d’une plateforme électorale.

Maintenant que toutes les puissances occidentales font pression pour la tenue des élections présidentielle, législatives et provinciales le 23 décembre 2018, l’Udps – qui peine à organiser le congrès censé la remettre en conformité avec ses statuts et son règlement intérieur – a conscience de tout perdre s’accrochant à son fameux schéma «Transition Sans Kabila», surtout quand les autres partenaires de «Rassop/L et Alliés» sont, eux, en train de se préparer lentement mais sûrement à ces échéances.

Aussi, du fait de ne pas être une plateforme électorale, ce regroupement est appelé à disparaître dans les jours sinon les semaines à venir. Déjà, dans cinq petits mois, il va falloir présenter les candidatures.

Pour autant qu’un parti politique se forme pour conquérir le Pouvoir, et dans le contexte actuel où chacun veut jouer solo, l’Udps annonce en réalité les signaux du troisième lâchage.

Après tout, à qui s’adresse concrètement Jean-Marc Kabund lorsqu’il déclare que l’Udps «cesse d’être le dindon de la farce, béquilles ou marchepied de n’importe quel autre aventurier, ou groupe d’aventuriers quel que soit leur rang social» ? Ce n’est tout de même pas à ses propres membres, lui-même étant le premier concerné. C’est plutôt aux partenaires «extérieurs» membres de «Rassop/L et Alliés». Entre autres le G7, l’AR, l’Unc, le Mlc etc.

L’autre dirait : «chasser le naturel, le naturel revient au galop !».

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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