EDITORIAL. Minerais, Peuple et alternance !

En prévision de la rencontre « Président de la République et Exploitants miniers » annoncée bruyamment pour le mardi 6 mars 2018, la presse congolaise a réagi de différentes manières. Normal : démocratie oblige !

De mémoire de chroniqueur politique, j’admets que c’est une première.

Généralement, on opte pour un conciliabule.

Et voilà que cette fois-ci, c’est quasiment à la lumière du jour que se traite le dossier, mieux le sort du nouveau code minier.

Pour rappel, ce nouveau code a été récemment adopté à l’unanimité au Sénat et à une majorité confortable à l’Assemblée nationale.

Doit-on comprendre que les représentants du peuple (parlementaires) se soient trompés d’objectifs et d’intérêts en se prononçant à plus de 80 % pour son adoption et, au-delà de celle-ci, pour sa promulgation par le Président de la République, et cela sur base du résultat mitigé de l’application de l’ancien code minier, vieux d’une quinzaine d’années ?

***

La préoccupation du Chef de l’État en fonction n’a aucun lien de cause à effet avec son mandat, c’est-à-dire avec le calendrier électoral, comme a tenté de le suggestionner un quotidien paraissant à Kinshasa. Tout animateur de l’Institution Président de la République conscient de l’enjeu ne peut que le faire.

Président de la République justement en fonction, Joseph Kabila a actuellement un atout qu’aucun autre compatriote ne détient : celui de connaître ce que le Congo a gagné et ce que le Congo a perdu de l’ancien code minier. Et avec lui, les parlementaires, le Gouvernement central, les gouvernements provinciaux, les autres autorités politico-administratives, et aussi les organisations de la Société civile réellement proches de la population. Car, il existe également des organisations de la Société civile éloignées de la population en raison de leur engagement politique sponsorisé par les puissances extérieures.

Aussi, voir ou entendre certains acteurs politiques et certains activistes de la Société civile – dont quelques professionnels des médias – mettre en exergue, ce mardi 6 mars 2018, la pression de la communauté internationale sur le Chef de l’État par rapport au respect de la Constitution et de l’Accord de la Saint Sylvestre revient simplement à plaider pour le maintien de l’ancien code minier.

C’est une façon subtile de plaider pour leur « candidat » à la présidentielle qui, lui, est présenté comme plus coopératif que Joseph Kabila !

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On n’est pas loin de l' »appel au meurtre » quand on sait que Patrice-Emery Lumumba et Laurent-Désiré Kabila avaient été assassinés à cause des minerais. Que Mobutu avait été adopté en 1965 puis désavoué à partir de 1990 à cause des minerais. On peut même supposer que le Président Joseph Kasa-Vubu, abandonné à son propre sort par Bruxelles lorsqu’il était tombé malade, avait dû payer de sa vie à cause des minerais. La liste pourrait s’allonger avec les Premiers ministres comme Moïse Tshombe, Jean Nguz et même Etienne Tshisekedi qui, à un moment ou à un autre de leur carrière politique, s’étaient retrouvés avec des dossiers des minerais.

A cause alors des mêmes minerais, Joseph Kabila est comme condamné à choisir sa « voie de sortie » !

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Pourtant, si le Congolais est conscient de la force qu’il représente, c’est aujourd’hui, et non demain, que le devoir l’oblige de s’assumer en réclamant un code minier qui garantisse son développement via sa sécurité et sa démocratie.

Partant, son regard doit être fixé sur la rencontre « Président de la République/Exploitants miniers » de laquelle il ne peut qu’attendre une chose : un code minier qui le respecte.

Après tout, l’ancien, on le sait, l’a terriblement plutôt chosifié.

En d’autres termes, le Congolais doit considérer comme son premier ennemi tout candidat à la présidentielle opposé directement ou indirectement au nouveau code minier.

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Quant aux exploitants miniers, ils doivent réaliser de leur côté tout l’intérêt qu’ils ont à entendre et à comprendre leur interlocuteur du jour et non à miser sur un « interlocuteur potentiel », d’ailleurs grillé par ses canaux réputés jusque-là actifs pour médiatiser les rapports sur l’exploitation minière quand il s’agit de discréditer le Pouvoir, et curieusement devenus super-actifs pour défendre le statu quo…

C’est pour dire que leurs prises de position sur le nouveau code minier ont d’autres motivations.

Assurément, si les circonstances permettent à leur «capitaine» d’accéder à la magistrature suprême, et conscients du principe selon lequel «les mêmes causes produisent les mêmes effets», ils seront les premiers à l’encourager à faire ce qu’ils ne veulent pas voir Joseph Kabila faire maintenant.

Or, rien n’indique, à l’analyse des «données géopolitiques à la congolaise» que leur «favori» sera élu Chef d’Etat.

Une sagesse occidentalisée soutient qu’«Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras»…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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