Malgré le soutien du Clc, Une « journée morte » hélas bien morte pour Rossy…

 

  • Sait-on seulement que le Clc n’est pas en mesure de se porter partie civile pour, par exemple, porter plainte à charge de l’Etat lorsqu’il y a dérapage au cours des manifestations publiques qu’il organise ?

  

Plusieurs mouvements pro-démocratie ont résolu d’honorer la mémoire de Rossy Mukendi Tshimanga en programmant une journée ville morte le vendredi 9 mars 2018. Ils ont reçu le soutien inestimable du Comité laïc de coordination, Clc, au travers du communiqué dont voici le contenu : «Le Comité Laïc de Coordination apporte son soutien total à l’initiative de la journée morte de ce vendredi 9 mars 2018 décrétée par le Collectif des Mouvements Citoyens de la RDC, en mémoire des Martyrs de l’Accord de la Saint Sylvestre, particulièrement ceux tombés sur le champ de bataille lors de la marche pacifique du 25 février 2018. Il s’agit de Eric Bokolokolo à Mbandaka et Rossy Mukendi Tshimanga à Kinshasa. Le CLC demande à la population congolaise d’observer cette consigne patriotique». Visiblement, les Kinois ont ignoré cette initiative en vaquant librement à leurs occupations. Surtout quand le jour choisi est un vendredi, celui du pont qui permet d’atteindre lundi, la semaine anglaise s’installant lentement mais sûrement dans les habitudes kinoises…

 

Au-delà cependant du choix du jour, il y a d’abord le caractère discriminatoire de la manif !

En effet, les mouvements pro-démocratie ont superbement ignoré les victimes – plus nombreuses – des Marches du 31 décembre 2017 (six) et du 21 janvier 2018 (six) que celles du 25 février (deux) ! De un.

De deux, à supposer que Rossy Mukendi ait eu droit à un traitement spécial au motif d’être un activiste des Droits de l’homme, on doit bien se demander pourquoi entraîner des « laissés-pour-compte » dans des manifestations publiques pour lesquelles, c’est l’évidence même, seuls les défenseurs des droits humains ont droit à un traitement spécial !

En d’autres termes, pourquoi les activistes des droits de l’homme n’organisent-ils pas leurs propres manifs, quitte à en découdre avec les lois du pays, et cela face aux autorités politico-administratives.

De trois, au regard des lois de la Suisse-Genève, du Canada-Québec, de la France et de la Belgique-Bruxelles qui imposent aux organisateurs, outre l’identification des noms et le signalement des adresses de contact (siège, téléphone et e-mail), la fixation obligatoire de l’itinéraire des manifestations au risque de voir celles-ci interdites, on est bien en droit de considérer le Clc comme responsable à part entière des victimes de toutes les trois marches de décembre 2017, de janvier et de février 2018. C’est si évident que les organisateurs ont tous ou presque séjourné en Occident. Ils connaissent les conditions requises dans ce cadre. D’ailleurs, en France – siège de l’OIF où Isidore Ndaywel a été fonctionnaire des années durant – le maintien d’une manifestation interdite est passible d’un emprisonnement de six mois assorti d’une amende de 7.500 euros !

Enjoindre le Clc de sécuriser ses prochaines manifestations

Aussi, Rossy – à l’instar de tous les autres – est lui-même victime de la mauvaise foi du Clc.

En donnant sa caution à la journée ville morte du vendredi 9 mars 2018, le Clc a agi exactement comme le tueur voulant se soulager la conscience surchargée.

Il ne peut en être autrement puisque tous ses communiqués depuis son apparition un certain 2 décembre 2017 ne portent aucune indication quant au siège ni à l’itinéraire.

En vérité, par ce stratagème, le Clc décline toute responsabilité en cas de dérapage. Davantage vrai : il ne peut même pas se porter partie civile devant l’organe de loi, qu’il y ait 1 ou 10 mille Rossy mort (s), blessé (s), arrêté (s) ou rendu (s) chômeur (s) ou pillé (s) pour avoir participé à une manifestation publique interdite ! Autrement, au lieu de se contenter d’organiser des messes en mémoire des victimes, il aurait saisi les instances judiciaires par le canal des avocats prêts à lui offrir leurs services. L’Acaj est là pour ça !

Si alors les mouvements pro-démocratie sont convaincus pour la sécurisation des manifestations, ils ont à gagner en enjoignant désormais le Clc de s’identifier, de localiser son siège avec autres moyens de contact (téléphone et e-mail) et de fixer l’itinéraire de ses marches.

Après tout, la loi Sessanga – soumise en seconde lecture au Parlement avec possibilité de promulgation entre mars et avril 2018 – contient une disposition qui requiert des préalables comme le but, le lieu, la date, l’heure et l’itinéraire d’une manifestation publique.

A moins d’être une association momentanée appelée à disparaître aussitôt cette loi promulguée, le Clc ne pourra pas, le moment venu, ignorer ces préalables. Lorsqu’il se les appliquera demain, il sera sûrement interpellé par les proches des victimes mortes ou les victimes blessées, arrêtées et pillées, chacune  devant chercher à savoir pourquoi faire après ce qu’il n’a pas fait auparavant.

C’est cela aussi, le respect du droit à l’information

En plus, c’est témoigner de mépris à l’égard des paroissiens que de les transformer en « malanda ngulu« , genre «suivez le guide !», dit l’artiste.

Aucune logique, en effet, ne justifie et ne justifiera la mobilisation des professeurs d’université, des avocats, des banquiers, des médecins, des hauts fonctionnaires, des parlementaires, des ministres, mais aussi des artisans, des artistes, des maraîchers, des taximens, des petits vendeurs des marchés, des chômeurs et même des vieilles mamans légionnaires pour une marche SDF (Sans Direction Fixe), simplement parce qu’ils n’ont pas droit d’en connaître l’itinéraire révélé au seul curé ou abbé, et encore par SMS ! La formule consacrée dans tous les communiqués du Clc est : «Les autres précisions vous seront communiquées dans les jours qui viennent», et cela même à 24 heures de la marche.

Si Rossy est réellement mort pour la liberté comme on le dit, cette liberté consiste à communiquer en priorité aux manifestants non seulement les revendications (sans pratiquer la surenchère), mais aussi et surtout l’itinéraire, en plus de la date et des heures du début et de la fin de la manif.

C’est de cette façon seulement que la Police peut faire son travail.

C’est cela aussi, le respect du droit à l’information (article 24 de la Constitution).

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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