ÉDITORIAL.Quand Fatshi et Kabund violent eux-mêmes les statuts de l’Udps !

Les statuts de l’Udps ont le mérite d’exister et, surtout, le malheur d’être violés par ses dirigeants avec interdiction, à qui que ce soit, d’en faire la remarque au risque d’être qualifié de…médiocre.

Du vivant d’Etienne Tshisekedi, ce texte était déjà soumis à la dure épreuve de l’application à la fois non intégrale et non stricte. A preuve : le non fonctionnement de deux organes stratégiques, la Convention Démocratique du Parti, CDP en abrégé, et la Commission électorale du parti, CEP en abrégé.

Les attributions de la Convention sont, notamment, d’«Examiner le rapport de la situation générale du Parti et de son fonctionnement présenté par la Présidence du Parti», de «Veiller à l’application des résolutions du Congrès», de «Veiller au bon fonctionnement des organes du Parti et se prononcer sur les matières non réglementées par les Statuts», d’«Elaborer son Règlement  intérieur», d’«Elaborer  son Budget», de même qu’elle veille «à la conformité des décisions et actes pris par les organes de l’UDPS au regard des dispositions Statutaires et Réglementaires du Parti», approuve «les comptes annuels du Parti présentés par le Secrétaire Général du Parti » et investit «les candidats du Parti aux élections législatives, provinciales et locales sur proposition de la Commission Electorale Permanente du Parti».

Mieux, les statuts confient à la CDP la responsabilité, en cas de décès, de démission ou d’empêchement définitif  du Président du Parti de convoquer une session extraordinaire du Congrès en vue d’élire un  nouveau Président du Parti, cela dans les 30 jours après constat de la vacance.

Quant à la CEP, elles a des attributions consistant à «Organiser, superviser les élections au plan interne et en communiquer les résultats», à «Veiller à l’application de la loi électorale», à «Sélectionner les candidats du Parti à tous les niveaux en concertation avec les commissions locales (les listes des candidats devant être transmises à la Présidence du Parti), à «Former les agents électoraux du Parti », à «Elaborer le budget électoral à soumettre à la Présidence du Parti», à «Organiser la campagne électorale» et à «Assurer le suivi et gérer le contentieux électoral».

***

Si on s’en tient aux attributions de la Convention Démocratique du Parti, le successeur d’Etienne Tshisekedi devrait être connu au plus tard le 2 mars 2017.

Curieusement, on a emballé l’opinion dans un imbroglio mêlant politique et coutume.

Pourtant, l’Udps est un parti national et moderne dont le fonctionnement ne peut être soumis à un quelconque rite ancestral. On s’en rendra compte le jour où son président national sera issu d’une tribu, d’une ethnie ou simplement d’un rang social ordinaire  n’exigeant pas une inhumation particulière. Comme un certain Charles Mwando ou un certain Z’Ahidi Arthur Ngoma ou encore un certain Baudouin Banza Mukalayi.

Cela dit, les statuts de l’Udps confient au seul président la charge de contracter des alliances politiques, de représenter et d’engager le parti devant la Commission électorale et, tout naturellement, d’actionner le contentieux électoral, le cas échéant.

Or, à l’Udps – vacance ou non à sa tête – la fonction de président intérimaire n’existe pas.

Par voie de conséquence, Jean Marc Kabund triche avec les statuts lorsqu’il s’autoproclame président intérimaire.

En plus, le poste de secrétaire général adjoint n’est nulle part prévu dans les mêmes statuts. Par voie de conséquence, Félix Antoine Tshilombo triche lui aussi lorsqu’il brandit ce titre.

Dans cette logique, tous les actes que prennent Kabund et Tshilombo au nom de l’Udps en qualités l’un de président intérimaire, l’autre de secrétaire général adjoint, violent les statuts du parti.

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Il va de soi qu’en signant la déclaration commune du 15 mars 2018, Fatshi usurpe les fonctions de président national. Car les statuts de l’Udps disent du Président ou de la Présidente du Parti qu’il ou elle «est le symbole de l’unité du parti» et, à ce titre, «il (elle) représente et engage le Parti conformément aux dispositions statutaires et réglementaires», «il (elle) présente les Secrétaires du Parti, chefs des missions, le Secrétaire Général du Parti ainsi que les Secrétaires du Parti, Chefs de départements à la Convention Démocratique du Parti  dès l’ouverture de la session suivante», «il (elle) s’investit et s’implique dans le processus électoral national conformément à l’article 10 des présents Statuts», «il (elle) négocie et signe les alliances politiques» etc.

Il y a lieu de noter que les trois signataires de la déclaration Udps-Mlc-Unc envisage «la possibilité de mobiliser les énergies aux fins de mettre en place des ressources humaines, logistiques et matérielles, en vue de mutualiser leurs efforts et s’aligner sur des objectifs communs», précisant même qu’ils se disent «ouverts à toutes les forces politiques significatives qui veulent les rejoindre pour l’avènement de l’alternance politique en décembre 2018».

Normalement, en tant que candidat à la présidence du parti au congrès qui se tient dans une quinzaine de jours (30 et 31 mars 2018), Félix Antoine Tshilombo n’avait qu’à patienter.

Hélas ! En se précipitant, il vient de donner un très mauvais signal d’une dictature naissante…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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