BALISES. Combien de … faut-il pour satisfaire l’Ituri ?

Oui, combien de morts et de blessés faut-il finalement à l’Ituri – hier district de la Province Orientale, aujourd’hui province à part entière – pour pérenniser la paix ! Ou encore combien de déplacés internes et externes (réfugiés) faut-il atteindre pour ce faire ! Ou plutôt combien de maisons, de champs, de pirogues, de boutiques, de motos etc. faut-il livrer au pillage en guise d’écot requis pour y ramener la tranquillité !

L’Ituri, c’est pourtant une contrée regorgeant de ressources humaines et naturelles censées lui assurer un grand et bon développement.

Avec ses 65.658 km², la province compte cinq territoires cités par ordre alphabétique : Aru (avec ses 6.740 km²), Djugu (avec ses 8 184 km²), Irumu (avec ses 8 730 km²), Mahagi (avec ses 5 221 km²) et Mambasa (avec ses 36 783 km²).

Qu’on ne le prenne pas dans le mauvais sens : à lui seul, le territoire de Mambasa est plus grand que la Belgique (30 528 km²).

L’Ituri, c’est aussi Epulu, la réserve unique au monde de l’Okapi.

Et comme relevé dans l’article intitulé «Territoriale : Ituri, la pionnière des nouvelles pionnières !», l’Ituri, c’est aussi du bois, de la pierre, de l’or, du pétrole, du coltan et de l’uranium, en plus des produits vivriers.

Et c’est peut-être là son problème !

Or, dès lors que ces ressources, pardon ses ressources ne disparaîtront pas de sitôt, l’Uturi n’a pas d’autre solution que celle de négocier la paix, simplement parce que celle-ci est à sa portée.

Pour peu que ses enfants – toutes ethnies et ethnies  confondues – veuillent bien en manifester la volonté et en matérialiser la capacité, il peut se l’accorder.

C’est du reste pour cela qu’il a revendiqué son érection en province à part entière.

Déjà, la première interpellation qu’il doit absolument se faire est que les trois autres provinces issues de la Province Orientale via la Constitution approuvée par référendum en 2005, entendez le Bas-Uélé, le Haut-Uélé et La Tshopo sont relativement en paix. Elles se livrent actuellement au meilleur des combats qui vaillent la peine d’être mené, celui du développement.

Normalement, c’est le combat qui doit focaliser les préoccupations premières de tous les Ituriens.

Force est de constater, cependant, ils sont légions à ne pas en manifester réellement la volonté réelle, si bien qu’ils attendent des nationaux (comme les officiels de la gouvernance institutionnelle) et des étrangers (comme les responsables de la Monusco et autrefois les Occidentaux via l’Opération Artemis) des initiatives pour les forcer à se tolérer et à cohabiter pacifiquement !

Pourtant, cela ne devrait pas en être le cas. En souvenir, d’abord, de tous ces morts et de tous ces blessés de l’effroyable conflit Hema-Lendu des années 2000. Dans son article publié dans «Agence Europe» en septembre 2003 sous le titre «Opération Artémis Congo, un succès. Défauts de jeunesse de la PESD», Nicolas Gros Verheyde révèle que «Depuis 1999, l’Ituri, région située à l’ouest de la république démocratique du Congo (ex-Zaïre) près de l’Ouganda, est le théâtre d’affrontements violents qui ont fait quelque 50.000 morts et 500.000 déplacés».

Et comme le relève Anne Marie Mouradian dans un article publié le 6 juin 2003 sous le titre «Première mission militaire européenne en Afrique», «Pour l’Europe, cette mission constituera un premier test de sa politique de sécurité et de défense commune. Souvent jugée trop bureaucratique, trop divisée et incapable d’oeuvrer pour la pacification dans des régions du monde où elle est pourtant le premier donateur d’aide humanitaire, il lui faudra prouver qu’elle a désormais la volonté politique et les moyens d’une intervention rapide et efficace de maintien de la paix, sans l’appui ni la tutelle de l’OTAN».

Une façon claire et nette de présenter Artémis en opération expérimentale des Européens et au profit des Européens.

Cela pourrait signifier que ceux des leaders Ituriens convaincus d’une Artémis II sont en train de rêver.

La paix en Ituri ne reviendra que par la volonté et la capacité des Congolais de prendre les choses en mains. Or, tous les Congolais savent qu’en cette matière-là, la responsabilité première revient aux communautés locales.

C’est par leur solidarité que sera sauvée, via l’Ituri, la République Démocratique du Congo.

 

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

http://www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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