Affaire «double nationalité» : Katumbi piégé par sa lettre des Pâques !

 

  • «En tant que candidat, je n’ai rien à cacher sur ma nationalité et mes origines. Ce sujet ne doit pas être un tabou. Les Congolais ne doivent plus être l’objet de mystification de la part de ceux qui les dirigent. Ils ont droit à la vérité et je m’engage à ne rien leur cacher de ma vie», note-t-il dans son message sans cependant dire mot de la nationalité italienne, cause de la polémique…

 

  • Au lieu de continuer à s’emballer, il ferait mieux de reconnaître la faute commise de saisir en 2017 les autorités italiennes, soit une année après sa déclaration de candidature à la présidentielle, alors que rien ne l’y obligeait…

 

 

Qui de Moïse Katumbi et du Pprd a grandement ouvert la boîte de Pandore ? A question simple, raison simple : c’est le premier. S’il n’avait commis la bavure de s’adresser officiellement aux autorités italiennes en 2017 pour renoncer à une nationalité italienne acquise en 2000, personne n’aurait rien su de la détention, par lui, de la double nationalité. Il n’y aurait pas eu d’effet boomerang. Il est de notoriété publique que depuis 2015, Moïse Katumbi a fait le libre choix de quitter le Pprd et la Mp pour passer à l’opposition. En toute logique,  avant de franchir le Rubicon, il a dû peser le pour et le contre en raison du « front » qu’il ne pouvait qu’ouvrir. A moins d’être resté amateur politique au cours de ses dix années passées au poste de gouverneur du Katanga, il est censé savoir que partout au monde le « divorce » entre partenaires politiques ne se fait jamais à l’amiable, surtout quand l’objectif affiché par le démissionnaire est de faire tomber la famille abandonnée. A partir de cet instant, tous les coups peuvent être permis. En « parrainant » presque la campagne de diabolisation menée en interne et en externe contre Joseph Kabila, sa famille politique et même sa famille biologique depuis quasiment sa démission du Pprd, Katumbi doit être conscient des risques auxquels il s’expose. Les Udépésiens comme Joseph Ngalula, Marcel Lihau, Frédéric Kibassa, Faustin Birindwa et, tout récemment, Samy Badibanga, Bruno Tshibala, Joseph Kapika et autres Valentin Mubake en sont l’illustration.  Tout faux pas de sa part ne pouvant que se retourner contre lui, celui de la nationalité italienne a tout d’une clé de finition, pour utiliser le jargon des catcheurs…

 

Le 1er avril 2018, de Bruxelles où il séjourne depuis deux ans et demi, Moïse Katumbi Chapwe (MKC) a adressé au peuple congolais une lettre à l’occasion de la fête des Pâques. N’ayant rien d’un «Poisson d’avril», cette correspondance est tout ce qu’il y a d’authentique.

Il écrit aux 5ème, 6ème, 7ème et 8ème paragraphes exactement ceci :

– «La création de la plateforme ‘Ensemble pour le Changement’ et le programme d’action qui s’en est suivi m’ont valu de nouvelles poursuites judiciaires qui se sont ajoutées aux montages judiciaires grossiers que le régime avait déjà initiés contre ma personne pour m’empêcher de me présenter à l’élection présidentielle de cette année.

– «Après que la CENCO se soit prononcée dans l’affaire des mercenaires et de celle de la supposée spoliation d’un immeuble, le régime cherche à remettre en cause ma nationalité congolaise d’origine ! Moi, un natif du Katanga, fils d’une princesse Bemba/Bayeke, de la lignée de Msiri, roi des Bayekes. Entrepreneur congolais reconnu, élu député national et provincial, Gouverneur de la province du Katanga pendant huit ans. Plusieurs sentiments m’animent après cette nouvelle cabale du pouvoir agonisant de Kinshasa.

– «Surpris d’abord que l’on s’attaque à ma nationalité d’origine que nul ne peut contester. En tant que candidat, je n’ai rien à cacher sur ma nationalité et mes origines. Ce sujet ne doit pas être un tabou. Les Congolais ne doivent plus être l’objet de mystification de la part de ceux qui les dirigent. Ils ont droit à la vérité et je m’engage à ne rien leur cacher de ma vie».

Ces extraits sont retenus du seul fait d’avoir un lien direct avec le débat en cours sur sa nationalité.

Constat élémentaire : Moïse Katumbi Chapwe joue sur les sentiments alors que le problème se pose en termes de loi, de droit. La Constitution, à son article 10, tranche, moratoire ou pas moratoire : «La nationalité congolaise est une et exclusive. Elle ne peut être détenue concurremment avec aucune autre».

Moïse Katumbi n’aide pas à la clarification de sa situation

Personne, soulignons-le d’emblée, ne remet en cause sa lignée royale, encore moins sa qualité d’opérateur économique entreprenant et d’acteur politique célèbre. Ce serait cependant un mensonge grossier de sa part que de faire croire qu’il n’existe pas au Congo-Kinshasa des Congolais qui soient  détenteurs de la double nationalité en même temps issue de la lignée ‘cheffale’, royale ou impériale.

Après tout, lorsqu’en 2000, il avait sollicité la nationalité italienne, il se savait «un natif du Katanga, fils d’une princesse Bemba/Bayeke, de la lignée de Msiri, roi des Bayekes».

«Bon sang ne saurait mentir», dit-on.

Dès l’instant où il a reconnu aux Congolais le «droit à la vérité» et a formellement pris l’engagement de «ne rien leur cacher» de sa vie, il avait comme premier acte solennel à poser le jour des Pâques, fête de la Résurrection en Jésus-Christ, l’édification de l’opinion sur cette affaire de nationalité italienne.

Or, il n’en dit mot. En se taisant, il conforte la suspicion sur sa situation.

Qui lui a mis dans la tête cette bavure ?

Il est, d’ailleurs, intéressant de rouvrir la page d’histoire des relations «G7-MCK-AR» pour appréhender la délicatesse du cas Katumbi.

– mercredi 30 mars 2016. Au terme de son conclave tenu à Kinshasa, le G7 le choisit comme candidat à la présidentielle.

– vendredi 8 avril 2016. «Invité Afrique», répondant à la question de savoir ce qu’il pense du choix du G7, Moïse Katumbi Chapwe déclare : «Je prends acte de la proposition du G7», avant d’ajouter : «je suis ici [en Europe] moi-même en consultation avec les autres forces vives de la Nation, et d’autres partis politiques d’opposition. Je viens de voir le président Tshisekedi pour que nous puissions avoir un candidat commun pour les élections de novembre 2016. Et après ma consultation ici en Europe avec les autres forces vives, je vais rentrer le plus vite possible au pays et donner la réponse officiellement au G7 sur le contenu de ma consultation en Europe».

– dimanche 1er mai 2016. «Alternance pour la République» emboîte le pas au G7. Elle le désigne candidat à la présidentielle.

Il s’agit de l’élection prévue au plus tard le 27 novembre 2016.

Question : pourquoi alors MKC va-t-il chercher à renoncer officiellement à la nationalité italienne non pas en 2015 lorsqu’il démissionne du Pprd et de la Mp, non pas en 2016 connue comme année électorale, mais plutôt en 2017 ?

Au fait, si les élections avaient eu lieu en 2016 selon les délais constitutionnels et s’il avait été élu Président de la République Démocratique du Congo, Moïse Katumbi Chapwe aurait détenu la double nationalité (congolaise et italienne), à l’insu naturellement de la Céni et du peuple congolais, tout en étant «un natif du Katanga, fils d’une princesse Bemba/Bayeke, de la lignée de Msiri, roi des Bayekes» !

Conséquence : il se tire lui-même, et encore consciemment, une balle dans le pied du fait d’avoir maladroitement entrepris en 2017 une démarche qui n’était pas utile.

Qui lui a mis alors dans la tête pareille initiative ?

Voilà la vraie question dont on doit se préoccuper.

Il ne sert à rien de faire diversion en cherchant ailleurs le bouc-émissaire, car les effets sont terribles plus pour le G7 et AR que pour Rassop/Limete dans son ensemble. A preuve, lorsque Gabriel Kyungu déclare ouvertement le 28 mars 2018 «Si Moise n’est pas candidat président de la république, il n’y aura pas d’élection chez-nous au Katanga», cela signifie que même les candidats à la présidentielle alignés par l’Opposition, notamment Félix Antoine Tshilombo, Martin Fayulu, Noël Tshiani, Freddy Matungulu, Vital Kamerhe et autres Adolphe Muzito, seront interdits de campagne électorale dans l’espace katangais ! (Lire EDITORIAL).

Entre-temps, il reste à le constater une fois de plus : une dizaine de jours après l’ouverture de l’information judiciaire par le PGR, les soutiens internes et externes du candidat du G7 et d’AR à la présidentielle de 2012 sont silencieux.

Trop silencieux.

Pour d’aucuns, c’est une affaire interne Mp et ex-sociétaires. (Lire AMUSONS-NOUS UN PEU…»).

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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