EDITORIAL. Opposants interdits de campagne électorale au «Katanga»

Rappel des faits :

22 mars 2018. «Jeune Afrique», par la plume d’Olivier Liffran, jette un gros pavé dans la mare avec son article intitulé «RDC : Moïse Katumbi a bel et bien eu la nationalité italienne pendant 17 ans».

En voici le chapeau : «Une municipalité du sud de l’Italie a confirmé à Jeune Afrique que ‘Moïse Katumbi d’Agnano’ avait bien détenu la nationalité italienne entre 2000 et 2017. Cette situation, contraire au droit congolais, pourrait porter préjudice à la candidature de l’opposant à l’élection présidentielle, prévue pour décembre prochain. La rumeur, qui courait depuis plusieurs années, s’est confirmée : Moïse Katumbi Chapwe a bien détenu la nationalité italienne. Le nom de l’un des principaux opposants au président Joseph Kabila apparaît dans le registre de l’état-civil de la mairie de San Vito dei Normanni, une petite ville de 20.000 habitants située dans le sud de l’Italie». A la demande de ce média, les services administratifs de San Vito dei Normanni répondent : «Suite à votre demande, nous vous informons que, dans les actes d’état-civil de la mairie, il résulte ce qui suit :

– M. Moïse Katumbi d’Agnano : 

a acquis la nationalité italienne le 03/10/2000

a perdu la nationalité italienne le 13/01/2017».

28 mars 2018. Sous le titre «RDC: ouverture d’une ‘information judiciaire’ contre l’opposant Katumbi», l’«Afp» rapporte que «La justice congolaise a annoncé mardi avoir ouvert une information judiciaire pour usurpation de nationalité contre l’opposant en exil Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle du 23 décembre en République démocratique du Congo, a-t-on appris de source judiciaire». Et reprend exactement ces propos du Pgr : «Nous venons d’ouvrir une information judiciaire à charge de Moise Katumbi pour que le moment venu il puisse répondre de tous ses actes (…) « Comment voulez-vous qu’un individu se sachant de nationalité italienne puisse se présenter devant nos bureaux pour avoir le passeport, la carte d’électeur ? Tout ce temps qu’il a passé à la tête de la province (du Katanga), il se prévalait d’actes faux, de faux documents« . Cette déclaration a été faite le 27 mars 2018. D’où les réactions du lendemain.

28 mars 2018. Olivier Kamitatu pète les plombs. «Moïse Katumbi est victime d’un acharnement de la part du régime. Désormais, on va rappeler à tous d’où il vient, y compris M. Joseph Kabila», lance-t-il.

28 mars 2018. «Invité Afrique Rfi», Delly Sessanga botte en touche quand est soulevée le problème de double nationalité du candidat Moïse Katumbi. «L’évolution sur cette question de la nationalité participe de cette stratégie d’exclusion. Donc je pense que cette affaire est assez mineure par rapport aux enjeux. Cette affaire est montée par les gens de la majorité dans le but d’éviter le débat sur l’absence de visions qu’ils ont aujourd’hui, l’absence de programmes, l’absence de candidat parce que nous sommes à 8 mois des élections bientôt et la majorité n’a toujours pas présenté de candidat. Au demeurant, nous mettons en garde les uns les autres sur le fait que ce dérapage sur la question de la nationalité est une pente glissante qui peut ramener le pays dans des souvenirs que nous ne voulons plus revivre. Rappelez-vous la ‘congolité’ qui a été évoquée à l’endroit de Joseph Kabila lui-même, rappelez-vous de ‘l’ivoirité’ qui a été utilisée en Côte d’Ivoire et la prise des armes».

Et quand l’intervieweur conclut de cette réponse : «Donc vous confirmez que Moïse Katumbi a eu la nationalité italienne pendant 17 ans ?», Me Sessanga se ressaisit : «Je ne confirme pas que Moïse Katumbi a eu la nationalité italienne. Je dis tout simplement que l’utilisation de ce type d’insinuation grotesque peut nous amener sur une pente glissante sur laquelle nous ne voudrons pas verser notre pays».

28 mars 2018. Volubile de nature, Gabriel Kyungu va plus loin. «Si Moise n’est pas candidat président de la république, il n’y aura pas d’élection chez-nous au Katanga», tranche-t-il.

***

Evidemment, pour l’ancien gouverneur du Shaba sous Mobutu, devenu président de l’Assemblée provinciale du Katanga sous Joseph Kabila, le découpage constitutionnel opéré le 30 juin 2015 concerne les autres provinces, sauf la sienne !

Qu’à cela ne tienne !

Avec sa menace de non-tenue des élections au Katanga en cas de disqualification de la candidature de Moïse Katumbi pour double nationalité avérée, menace de boycotter chez lui tous les candidats à la présidentielle indistinctement. Dont, évidemment, celui sur qui l’Opposition radicale jettera son dévolu ! De même que les candidats à la députation nationale et la députation provinciale pour la première séquence prévue le 23 décembre 2018.

***

Au regard de la Constitution, précisément des dispositions prorogatives que sont les alinéas 2 des articles 70 pour le Président de la République, 103 pour le Député national et 105 pour le Sénateur, tout comme de l’alinéa 6 de l’article 197 pour le Député provincial, à qui profiteront finalement la non-tenue des élections pour cause du boycott «ordonné» par Kyungu ?

Aujourd’hui que l’Udps, avec la désignation de Félix Antoine Tshilombo au poste de président national du parti et de candidat pour la présidentielle du 23 décembre prochain, perd tout argument pour soutenir le fameux schéma «Transition Sans Kabila», le non moins fameux boycott made in Kyungu profitera sans doute aux acteurs institutionnels, toutes tendances confondues.

Il a d’ailleurs été observé que même en traitant d’illégitimes et d’illégales les Institutions à mandat électif, députés nationaux, sénateurs et députés de l’Opposition membres de «Rassemblement» ont préféré – à l’exception de Martin Fayulu –  garder leurs postes de peur de voir leurs suppléants les remplacer conformément à la Constitution et aux règlements intérieurs de leurs structures.

Comme pour dire que les forces résiduelles de «Rassop/Limete» doivent prendre conscience du fait que la plus grande menace pour l’alternance politique n’est pas forcement la Majorité présidentielle.

C’est aussi «Rassop/L» avec certaines prises de position irréfléchies de son leadership populiste…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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