EDITORIAL Compagnons ou accompagnateurs : message à recevoir 5/5 !

Qui est compagnon ? Qui est accompagnateur ?

Ça finira bien par faire débat au sein de l’Udps, tôt ou tard.

Lorsque Félix Antoine Tshilombo, appelé aussi Tshisekedi, a établi cette distinction dans sa dernière interview en date, il a probablement cru disqualifier, diminuer et tourner en dérision Bruno Tshibala, l’homme qui a toujours prétendu avoir passé une trentaine d’années aux côtés d’Etienne Tshisekedi.

Sur Rfi, le 5 avril 2018, Fatshi a dit exactement ceci : «J’aimerais rectifier quelque chose. Cela n’a pas été un compagnon, il a été un accompagnateur. Les compagnons d’Etienne Tshisekedi sont connus. Il y en a qui sont vivants. Posez-leur la question, ils vous diront que Bruno Tshibala n’a jamais été leur compagnon. Il a toujours été dans les tribunes comme moi, à l’époque il y a 30 ans d’ici. Ce n’est que petit à petit, avec le départ de certains cadres, etc. qu’il a pu se forger une place».

A-t-il pris la mesure de cette déclaration par rapport, par exemple, à Jean-Marc Kabund, à Peter Kazadi ou à Abraham Luakabwanga ?

Probablement non !

Pourtant, dans le contexte actuel faisant de lui non seulement le président national de l’Udps, mais aussi et  en plus le candidat du parti à la présidentielle du 23 décembre 2018, Félix Antoine Tshisekedi doit savoir ménager sa monture. S’il veut aller loin, bien entendu.

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Ménager sa monture veut dire rassurer les siens.

Effectivement, comment les animateurs de l’Udps/Fatshi doivent-ils se considérer face à la nouvelle donne ? Sont-ils des compagnons ou simplement des accompagnateurs du nouveau président !

S’ils sont, eux, comparables aux compagnons d’Etienne Tshisekedi, ils ne peuvent que se demander comment Félix traitent-ils les rares survivants de son père au nombre desquels, par exemple, François Xavier Belcthika, François Lusanga Ngiele et Portrais Maloba.

Et s’ils sont, eux, comparables aux accompagnateurs de son père, ils ne peuvent que se demander comment traitent-ils les survivants au nombre desquels, justement, Bruno Tshibala, Joseph Kapika et Valentin Mubake.

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Du Premier ministre actuel, Fatshi donne cette précision à méditer : «Il a toujours été dans les tribunes comme moi, à l’époque, il y a 30 ans d’ici. Ce n’est que petit à petit, avec le départ de certains cadres, etc. qu’il a pu se forger une place» !

Petite curiosité : être 30 ans durant aux côtés d’un leader ne justifie pas l’accès à la qualité de compagnon pour ne justifier que le statu d’accompagnateur ?

Ainsi, 30 ans de vie active aux côtés de Félix Antoine Tshilombo pour Kabund, Kazadi ou Luakabwanga pourraient ne pas faire de l’un ou l’autre le compagnon du nouveau président de l’Udps. Simplement parce que lorsqu’il était, lui, en relégation avec son père à Kabeya Kamwanga à l’époque de Mobutu, Fatshi n’avait pour compagnon ni Kabund, ni Kazadi, encore Luakabwanga.

Et puisqu’ils sont aujourd’hui à ses côtés, ils doivent se savoir avertis : ils sont des simples accompagnateurs !

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Au fait, Etienne Tshisekedi considérait, de son vivant, ses vieux compagnons en simples accompagnateurs. Autrement, il n’aurait pas laissé sa machine à diaboliser ethnotribale descendre en enfer des personnalités politiques de grande envergure comme Joseph Ngalula, Grégoire Dikonda, Marcel Lihau, Frédéric Kibassa, François Xavier Beltchika et autres Portrais Lumbu Maloba, les uns morts, les autres survivants, mais tous dans l’indigence ou presque.

Après tout, sans ces personnalités, Etienne Tshisekedi n’aurait pas l’aura qu’il a eue au cours de ces 25 dernières années.

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Qui pouvait alors un seul instant admettre que l’enfant Félix Antoine Tshilombo traiter comme un va-nu-pieds Joseph Kapika, vieux compagnon, pardon vieux accompagnateur du lider maximo, chargé par ce dernier de représenter l’Udps dans les pourparlers informels de Venise, d’Ibiza, de Paris et de Bruxelles avec la Mp ? Qui pouvait l’admettre ? Pourtant, il l’avait rabroué en 2015 simplement parce qu’il venait de passer la veille un deal avec Moïse Katumbi avec qui, a-t-il dit sur Rfi, il entend jouer un «match amical» à l’occasion de la présidentielle du 23 décembre 2018 !

En méprisant tous les compagnons et tous les accompagnateurs de son père, Fatshi envoie en réalité un message non rassurant à ses compagnons et à ses accompagnateurs membres de «Rassop/Limete» et de l’Udps/Limete, chacun – de la tribune où il agit désormais en leader – devant «petit à petit, avec le départ de certains cadres, etc. (…) se forger une place».

Message à recevoir 5/5 par les uns et les autres dans la perspective de l’alternance politique…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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