EDITORIAL. Cette terrible, gênante et révoltante affaire Katumbi…

«C’est ici qu’il faut s’interroger sur la finalité de la confrontation ! En ce qui concerne Joseph Kabila par rapport aux crimes qu’il lui impute, le présidentiable Katumbi a le devoir d’apporter des preuves de l’accusation le moment venu. Par contre, en ce qui concerne Katumbi par rapport à sa nationalité étrangère, il est du devoir d’Emmanuel Shadary Ramazani de produire des preuves de l’accusation. Il se fait seulement que le secrétaire permanent du Pprd est à l’aise dans la mesure où les preuves, ou plutôt la preuve, c’est lui-même Moïse Katumbi qui la livre. A la manière du joueur qui marque contre son camp».

C’est là la conclusion des «BALISES» intitulées «Qui de Shadary et de Katumbi dit de choses plutôt graves ?». Et c’est quoi, la preuve !

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Récapitulons. Le 22 mars 2018, «Jeune Afrique» publie l’article confirmant, selon ses sources, la nationalité italienne sollicitée par Moïse Katumbi en 2000.

Pendant que dans les médias, pro et anti-Katumbi s’étripent, voilà que Reuters en rajoute. Dans sa dépêche du 4 avril 2018 portant le titre «Moïse Katumbi a bel et bien détenu la nationalité italienne», le site «politico.cd» note : «Après Jeune Afrique et Radio France Internationale, l’agence britannique Reuters confirme l’information selon laquelle l’opposant Moïse Katumbi a bel et bien détenu la nationalité italienne, citant des officiels d’une ville de l’Italie» et relève : «‘Moise Katumbi a détenu la nationalité italienne d’octobre 2000 à janvier 2017, a annoncé mercredi la ville italienne où il résidait, mettant en péril ses espoirs de disputer une élection présidentielle plus tard dans l’année’, fait savoir l’agence Reuters dans un article publié ce mercredi».

Le site rajoute : «La ville de San Vito dei Normanni, dans le sud de l’Italie, a confirmé dans un courriel à Reuters que Katumbi a détenu la citoyenneté italienne depuis plus de 16 ans. Le statut de citoyen en Italie est généralement enregistré par les mairies locales» et constate que «Le porte-parole de Katumbi, Olivier Kamitatu, n’a pas répondu aux multiples demandes de commentaires sur la nationalité de son patron’, affirme Reuters. Dans une vidéo diffusée lundi, Katumbi a déclaré que personne ne pouvait contester sa nationalité congolaise, mais n’a pas nié avoir détenu la nationalité italienne».

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Depuis, on assiste à une surenchère véritable sur fond de chantage. C’est quasiment au quotidien que se comptent les «affaire double nationalité». Même Félix Antoine Tshilombo (appelé aussi Tshisekedi) a été choqué d’être touché. Son épouse n’est pas une rwandaise, ni sa mère une angolaise, a-t-il déclaré.

Pourquoi cependant celle de l’ancien gouverneur du Katanga est «starisée» ?

D’abord – cela va de soi – c’est en raison de sa dimension de présidentiable. Originaire du Katanga à l’instar de Laurent-Désiré Kabila et de Joseph Kabila, il est convaincu de l’emporter à l’élection du 23 décembre 2018 pendant que les forces politiques et sociales qui réfléchissent en termes géopolitiques n’en  voient pas la faisabilité. D’ailleurs, dans certains milieux katangais, on lui fait le reproche d’hypothéquer les chances de la province cuprifère de garder la magistrature suprême.

Ensuite – cela va aussi de soi – c’est en raison de la violation délibérée autant de la Constitution que de la loi électorale. Si la première dispose à son article 10 que «La nationalité congolaise est une et exclusive» et «Elle ne peut être détenue  concurremment avec aucune autre», la seconde, à savoir la loi n°06/006 portant organisation des élections présidentielle, législatives, provinciales, urbaines, municipales et locales prévoit à son article ……« une fiche d’identité suivie d’un curriculum vitae détaillé, le tout se terminant par la formule ‘Je juge sur l’honneur que les renseignements ci-dessus sont sincères et exacts».

En plus, la même loi dispose à l’article 68 : «Sera puni d’une servitude pénale principale de 6 mois à 5 ans et d’une amende de 30.000 à 50.000 francs congolais constants ou de l’une de ces peines seulement, tout candidat qui, de mauvaise foi, aura souscrit une déclaration inexacte sur son éligibilité ou sur sa présence sur la liste».

Ici, se pose la question de savoir si, lorsqu’il avait posé en 2006 sa candidature en qualité de député national puis de député provincial, ou lorsqu’il avait posé en 2007 sa candidature au poste de gouverneur de la province du Katanga, Moïse Katumbi avait souscrit à une déclaration inexacte ou pas ! La réponse n’est nulle part que dans ses dossiers déposés à la Cei à l’époque de l’abbé Apollinaire Malu-Malu…

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S’agissant à proprement parler de la double nationalité, Omer Nsongo die Lema y est foncièrement pour. Les traces, elles, sont dans la documentation de «Demain Le Congo» à l’époque où j’en dirigeais la rédaction. J’ai toujours considéré qu’il était illogique de voir des êtres humains comme Forrest, Stravos, Jules Van Lancker, Amato, Damseaux et autres Blattner, au Congo depuis près d’un siècle au travers de leurs parents, continuer à subir l’humiliation d’être traités continuellement en étrangers alors qu’on peut leur octroyer d’office la nationalité congolaise. J’ai toujours stigmatisé cette «congolité» stupide consistant, pour le congolais lambda, à fêter l’annonce de l’acquisition, par son parent, de la nationalité américaine, canadienne, belge ou française et à s’offusquer de l’annonce de l’acquisition, par un ouest-africain ou un indopakistanais, de la nationalité congolaise.

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En d’autres termes, l’affaire «Moïse Katumbi» a pour unique mérite de nous interpeller tous sur ce que nous voulons du Congo de demain dans un environnement physique faisant que dans des localités transfrontalières, des familles se partagent la même terre, les mêmes eaux, la même savane ou forêt parce que unies par le sang, mais divisées par la latte de Berlin 1885…

En attendant, force est de constater que le moratoire sur la double nationalité préconisé en 2007 était de trois mois. Les trois mois sont très largement dépassés.

Aussi, apprendre que des candidats qui se sont présentés aux échéances de 2006-2007 (présidentielle, législatives, provinciales, sénatoriales et «gouvernorales» n’ont pas jusque-là renoncé à la nationalité étrangère, c’est cela qui est gênant !

Apprendre concomitamment il y a des candidats aux élections prévues dans les délais constitutionnelles en novembre 2016 aient attendu 2017 pour renoncer à la nationalité étrangère, c’est cela qui est révoltant…

Aux siens d’en tirer toutes les conséquences…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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