Voirie urbaine». «Ingegneria & Innovatione I&I» dote Bunia de ses premières routes macadamisées !

 

  • Un événement en 72 ans d’existence du chef-lieu de la province de l’Ituri

 

Créée en 1946 comme centre extra-coutumier, la ville de Bunia est en passe de devenir l’exemple d’une décentralisation recommandable pour les nouvelles provinces érigées le 30 juin 2015. Elle est en train de relever le défi lancé par le candidat Joseph Kabila de qui les Ituriens avaient exigé, lors de la campagne électorale de 2011, l’érection de leur district en province à part entière. Dans la chronique intitulée «Territoriale. Ituri, la pionnière des nouvelles provinces» publiée sur congo30juin.com le 30 mars 2018, le chapeau a été partiellement rendu en ces termes : «Lorsqu’en novembre 2011 – alors en campagne électorale – le candidat Joseph Kabila exhorte à partir de Bunia les ressortissants d’Ituri à manifester par des actes et non par la parole leur revendication principale de s’ériger en province, il voit et vise juste. Car, sept ans après, Bunia est en voie de relever le défi de la modernisation en tant que chef-lieu de l’Ituri, province dont la superficie est de 65.658 km² (plus de deux fois la Belgique), pour une population de plus de 366 126, selon les données démographiques de 2012. Bunia se modernise effectivement avec des constructions immobilières (bâtiments publics, résidences privées, complexes hôteliers etc.) et une voirie urbaine dignes d’une capitale provinciale»…

 

S’agissant précisément de la voirie, il importe de noter qu’avec sa superficie de 567 km² pour une population de près d’un million d’habitants, la ville de Bunia s’est dotée de sa première voie asphaltée, en l’occurrence le boulevard Libération, d’un kilomètre et demi. C’est insignifiant, dirait-on. C’est vrai.

Faut-il cependant ajouter que la deuxième, allant du rond-point Gorille à l’aéroport national, est de 4 km. Preuve, si besoin est, que viendront certainement la troisième, la quatrième, la cinquième etc.

Après tout, dit l’adage, mille kilomètres à pied commence forcement par le premier pas.

Au travers justement de ce premier pas, Bunia se débarrasse lentement mais au moins sûrement d’une honte qui lui colle à la peau car jusqu’à l’événement – c’en est un – de l’aménagement du Bd Libération, le chef-lieu de l’Ituri n’a eu que de routes en terre dans ses six communes : Nyamukau, Nyakasanza, Mbunya, Shari, Murongo, Ngenzi où se concurrencent pourtant des constructions immobilières à l’architecture avant-gardiste.

Qui, effectivement, pouvait un seul instant croire que des cités résidentielles comme Mont Fleury ou Belle Vue à Kinshasa seraient érigées à Bunia ? Des particuliers – oui des particuliers – sont en train d’acheter les uns des quartiers, les autres des rues pour les aménager et, en plus, en respectant l’environnement.

Or, qui dit cités résidentielles pensent aux routes. Et les routes constituent la voirie pour y accéder.

Naturellement, les sociétés de construction spécialisées dans la voirie urbaine y ont un bon filon.

Un des grands chantiers du Président Joseph Kabila

Installée à Bunia en 2011,  la société de construction «Ingegneria & Innovatione I&I» a tout d’un pionnier dans une province pionnière. Surtout quand il se révèle que la macadamisation de la voirie urbaine est une longue histoire appelée à devenir une belle aventure dans les années à venir. Ses promoteurs ont fait le bon choix.

Et pour cause !

Déjà, en 2013, le Gouvernement central avait rejeté le polysol (substance chimique) avec lequel la société de construction Bego Congo voulait procéder à l’aménagement de la voirie locale sur financement d’Ashanti Anglo Gold Kilo, (AGK), spécialisée dans l’exploitation de l’or à Mongwalu. «Les choses n’ont pas marché comme on l’avait prévu. On n’a pas eu les résultats escomptés. Le chef de l’Etat était fâché… », avait reconnu le 7 mars, devant les hommes d’affaires de l’Ituri, Kimbembe Mazunga, alors conseiller principal au collège des Infrastructures.

En 2014, reprenant à son compte le chantier, «Ingegneria & Innovatione I&I» sera malheureusement confrontée à des problèmes récurrents de financement. Elle sera même indexée par la société civile locale au travers d’un mémorandum à son détriment. En réaction, son directeur technique, Mario Pidone, va qualifier ce document de mensonger. Hélas !, le marché sera confié à une autre entreprise.

Dieu merci, la réaction a payé dans la mesure où «Ingegneria & Innovatione I&I» va se remettre à l’œuvre avec comme premier résultat le Bd Libération, qui va du Monument des Martyrs à l’agence Raw Bank, devenu l’artère principale de la ville avec, de part et d’autre, bureaux administratifs, banques, messageries financières, universités, commerce, hôtels, restaurants etc.

Difficultés d’approvisionnement

Dans une interview accordée dernièrement à la Rtnc, Mario Pidone a circonscrit les difficultés d’approvisionnement dans le fait que tout ou presque doit passer par l’Ouganda et encore par la route. Notamment les gros équipements en provenance de Mombassa, au Kenya, ou de Dubaï. Les routes menant vers ce pays voisin étant mauvaises à certains endroits, c’est au parcours du combattant qu’on se livre pour atteindre sa destination. A preuve, pour les gros engins, il a fallu trois semaines de route entre Mahagi et Bunia. Surtout lorsque les fortes pluies caractérisant cette partie du pays se déchaînent.

S’agissant cependant de l’approvisionnement en matériaux, le problème ne se pose pas. «La terre est bonne. Nous avons la carrière pour la couche de base ou de fondation (…) à sept ou huit kilomètres. L’autre carrière, c’est vers Budama. On a des moellons très durs que nous concassons pour produire des graviers et du sable qui rentrent dans la composition des enrobés», reconnaît le directeur technique d’I&I.

L’importance des travaux de la voirie

Avant l’asphaltage du boulevard, révèle-t-il, c’était quasiment la poussière partout.  «Aujourd’hui, si vous allez là-bas, vous trouvez des boutiques, des bars, des restaurants. Le soir, les gens peuvent un peu se détendre. Beaucoup d’activités économiques se sont créées. (…) Maintenant, les gens ne se rappellent plus…», se réjouit-il de constater.

Asphaltage et kilométrage de la voirie

« Nous sommes très déterminés parce que nous avons tous les équipements qu’il faut. C’est une question de disponibilité économique. Nous sommes là pour rester. Nous sommes là depuis 2011. Nous pouvons être ici de façon permanente. Notre base n’est pas faite pour être démantelée à la fin de ces travaux. Bien au contraire, nous souhaitons continuer en fonction du désir du Gouvernement », répond Mario Pinode à la question de savoir si son entreprise compte rester dans la province de l’Ituri.  

Après tout, elle est la seule spécialisée dans la construction des routes. «Oui, nous sommes la seule ici parce que, pour faire des routes enrobées, il faut des équipements d’une certaine envergure, des équipements stables. Normalement, quand on installe ce genre d’équipements, ça reste le patrimoine de la région», précise-t-il.

En ce qui concerne le kilométrage, il rappelle que le contrat prévoit 25 kilomètres. Bien que les choses avancent, il admet toutefois que ce n’est pas au rythme souhaité. «Franchement, on espérait avoir un peu plus de disponibilités, mais j’ai l’impression que cette fois-ci, on pourra vraiment terminer cette route de l’aéroport et en démarrer une autre, et ainsi de suite », ajoute-t-il en substance.  

Coût d’asphaltage au kilomètre et timing pour la voirie

«L’asphaltage ne se fait pas tout seul. Comme vous le voyez : il y a des trottoirs, il y a l’assainissement – parce que, croyez-moi, s’il n’y a pas un bon assainissement – il y a pas de route», commence-t-il par prévenir d’autant plus qu’«Une route ne peut survivre si l’assainissement n’est pas bien fait». Déjà, à lui seul, et rien pour la couche de base, l’asphaltage, peut coûter dans les 500.000 Usd.

«Si le financement suit (…) on pourrait le faire en peu de temps», affirme-t-il.

Technique employée et main d’œuvre locale

S’agissant de la technique utilisée, il reconnaît n’avoir pas réinventé la roue. «C’est une technique qui existe, mais chaque technique peut être améliorée par l’utilisation de bonnes machines, de bons matériaux». Un mauvais gravier et un mauvais sable, soutient le directeur technique, produit naturellement  un mauvais un mauvais résultat. «C’est le choix de bons matériaux et du bitume qui convient. Le bitume que nous utilisons ici est adapté au climat. C’est donc la même technologie mais que nous appliquons avec soin», relève-t-il.

Pour la main d’œuvre locale, Mario Pinode avoue qu’au début, sa société n’avait pas assez d’ouvriers pour l’exécution adéquate des travaux. «Nous avons pu former notre personnel qui ne nécessite plus d’être surveillé. Très rapidement, nous avons pu former des équipes valables. La main d’œuvre locale nous satisfait pour le moment», dit-il, heureux de la répartition de la centaine d’agents répartis sur différents sites administratifs et techniques. «Nous faisons tout nous-mêmes (…) Ici, il faut faire tout, il faut être indépendant», déclare-t-il.

Revenant sur l’asphaltage du Boulevard de Libération, il s’estime heureux de voir une artère «donner» de la vie à Bunia, Bunia «donner» de la vie à l’Ituri, et l’Ituri s’assumer en province-modèle de la décentralisation, l’un des grands chantiers du Président Joseph Kabila.

De Bunia,

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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