Pays abritant pourtant le siège de la Sadc, Le Botswana en mission de déstabiliser la RDC par procuration !

 

  • Figurant depuis avril 2012 sur la liste française des paradis fiscaux – où règnent les traders qui perturbent les efforts de développement des pays exposés à des conflits armés en raison de leurs ressources naturelles – le Botswana s’offre en relais des positions des puissances extérieures et des ONG ayant pour objectif commun la diabolisation systématique de la RDCongo…

 

  • Comme gêné de se retrouver parmi ses pairs, le donneur de leçons Mokgweetsi Masisi ne s’est pas rendu à Luanda…

 

Initialement prévue les 17 et 18 avril 2018, le sommet extraordinaire de la SADC se tient finalement ces 23 et 24 avril à Luanda. Le Président Joseph Kabila a fait le déplacement de la capitale angolaise pour faire entendre de vive voix la position de son pays par rapport au thème des assises. Pourquoi cependant, de tous les Etats membres, seul le Botswana s’est mis en vedette au point d’effaroucher les autorités congolaises ? Déjà, en janvier dernier, son ministère des Affaires étrangères a déclaré sur Bbc que le Chef de l’Etat congolais «a retardé avec persistance les élections et a perdu le contrôle de la sécurité de son pays». Il a même exhorté la communauté internationale «à mettre davantage pression» sur la Mp pour l’amener à «renoncer au pouvoir» et à «ouvrir la voie à l’instauration d’un nouveau régime politique». Comme pour persister et signer, à peine élu au suffrage indirect le 1er avril 2018, son nouveau président, Mokgweetsi Masisi, va estimer que «Le président de la RDC est resté au pouvoir plus longtemps que prévu» et espérer obtenir de lui, à Luanda, «un réel engagement à ne pas tenter de revenir au pouvoir par tous les moyens» ! A dire vrai, il ne fait rien d’autre que récupérer à son compte la déclaration d’Amnesty internationale du 16 avril 2018. Cette ONG de la Galaxie Soros a accusé le Chef de l’Etat de continuer «d’ignorer les efforts déployés par la communauté internationale pour ramener la paix et la stabilité dans son pays», avant de demander à la Sadc de ne pas «rater cette occasion de redonner espoir à la population de la RDC, qui est actuellement victime d’une crise humanitaire catastrophique et de flagrantes atteintes aux droits de l’homme»… 

  

            Le paradoxe est qu’en Chef d’un Etat qui abrite le siège de la SADC, Mokgweetsi Masisi – dont le post-nom Masisi désigne un territoire du Nord Kivu en RDCongo – a choisi la «diplomatie-spectacle» pour s’adresser à son homologue congolais de qui, pourtant, il a tout à apprendre en termes de gestion d’un pays dont l’Histoire politique, économique et sociale n’a aucune commune mesure avec le sien.

Nouvellement venu dans l’aréopage présidentiel, il est pourtant censé savoir qu’à l’exception peut-être des Etats-Unis en ce qui concerne le siège de l’Onu basé à New York, le gouvernement de tout autre pays qui abrite le siège d’une organisation inter-Etats (cas de la Belgique pour l’Union européenne ou de l’Ethiopie pour l’Union africaine communautaire) agit plus en conciliateur qu’en donneur de leçons quand il faut s’adresser à un partenaire.

Par respect de la souveraineté des pays membres, il peut, à la limite, utiliser le canal diplomatique bilatéral ou la diplomatie secrète (menée généralement par des ambassadeurs itinérants) pour ce faire, question de préserver la dignité commune et l’unité de la communauté.

Hélas !, le Botswana Mokgweetsi Masisi a fait le choix d’une diplomatie plutôt agressive à l’égard de la RDCongo, et encore par procuration, sans se préoccuper ni du Traité, ni des objectifs de l’organisation sous-régionale.

Pire, il semble ne pas savoir que lorsqu’un Etat adhère à une organisation communautaire comme la Sadc, il inclut dans ses instruments sa Constitution en vigueur.

En d’autres termes, le Botswana, siège de la Sadc, connaît la Constitution congolaise. De ce fait, ses prises de position dans les matières relevant de la souveraineté nationale (cas des élections) doivent s’inspirer des instruments d’adhésion à sa portée.

Ce qui lui ferait éviter le ridicule, par exemple, de considérer que «Le président de la RDC est resté au pouvoir plus longtemps que prévu» pendant que l’alinéa 2 de l’article 70 de la Constitution l’autorise de rester en fonction jusqu’à l’installation du Président de la République ELU, voire de vouloir obtenir de Joseph Kabila «un réel engagement à ne pas tenter de revenir au pouvoir par tous les moyens», comme si la Loi fondamentale interdit à un chef d’Etat honoraire de revenir aux affaires selon les règles légales établies…

Normal : «Papa’m’a’dit» ne lui a pas encore dit ce qu’il doit faire

En vérité, le tort du Pouvoir botswanais est, comme relevé ci-dessus, de lire, d’interpréter et d’agir par procuration !

Résultat : Gaborone en est encore à «Papa-m’a-dit», langage propre au maternage, si bien qu’on est en droit de se demander s’il est utile pour le Congo d’aujourd’hui et même celui de demain de côtoyer un partenaire prêt à vous poignarder dans le dos, simplement parce qu’il n’a pas pris la précaution élémentaire de s’informer à la source.

D’ailleurs, quand on est un paradis fiscal, le reproche peu à cents lieues la corruption.

Il n’aura pas finalement eu tort, Laurent-Désiré Kabila, lorsqu’il contestait le leadership de Ketumile Masire dans la gestion du Dialogue intercongolais.

Bien dommage pour Joseph Kabila qui, au lendemain de son accession à la magistrature suprême en 2001, avait pris comme première décision diplomatique de remettre l’ancien Chef d’Etat botswanais sur la sellette en vue de réactiver le Dialogue ayant abouti, tour à tour, au «1+4» entre 2003 et 2006, aux premières élections réellement démocratiques en 40 ans d’Indépendance du pays en 2006, au deuxième cycle électoral boycotté par la Communauté internationale en 2011 et, aujourd’hui, aux préparatifs du troisième cycle, ce à la lumière, entre autres, des actes législatifs, financiers et techniques permettant à la Ceni de faire avancer les choses, et des actes politiques posés au travers de l’organisation des congrès électoraux des forces politiques s’engageant résolument dans la tenue des élections le 23 décembre 2018.

Evidemment, Ket Masire avait déclaré forfait devant le casse-tête «congolais» au point où, pour sauver les meubles, il avait fallu la médiation Moustapha Niasse soutenue par Thabo Mbeki.

Preuve, si besoin est, que le Botswana est le seul pays membre de la Sadc à ne pas percevoir ces évidences.

Normal : «Papa-m’a-dit» ne lui a pas encore dit ce qu’il doit faire…

A preuve, Mokgweetsi Masisi n’a pas daigné se rendre à Luanda !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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