EDITORIAL. Corneille Nangaa toujours droit dans ses bottes…

L’arbre « généalogique » pour la présidence de la Centrale électorale congolaise de 2004 à 2018 pourrait donner lieu à cette description inspirée de la Bible :

– Apollinaire Malu-Malu enfanta Daniel Ngoyi Mulunda. Il disparut de la scène électorale, y revint puis disparut pour de bon, emporté par la mort.

– Daniel Ngoyi Mulunda enfanta Corneille Nangaa. Il disparut de la scène électorale pour réapparaître sur la scène politique.

– Corneille Nangaa, quant à lui, n’a pas encore enfanté. Il est en vie et en fonction au sein de la Centrale électorale.

Des trois, on découvre cependant, lentement mais sûrement, que le dernier est plus coriace que ses prédécesseurs pourtant fondus dans l’airain.

Il faut admettre que l’homme a, à la fois, un côté inquiétant et charmant, mieux fascinant.

Face à toute tribune, au pays comme à l’étranger, il a la science électorale infuse.

En témoignent les évêques de la Cenco devant lesquels il se présente à chaque invitation.

La dernière en date est l’atelier organisé du 16 au 19 avril 2018 par la Commission Justice et Paix tenue à Kinshasa, atelier à l’issue duquel a été adoptée la feuille de route intitulée «Année électorale, que devons-nous faire ?». On l’a vu aux côtés du père Clément Makiobo visiblement épaté par la maîtrise avec laquelle il défend son «bébé», alias «machine à voter»…

***

Pendant que de l’intérieur et de l’extérieur, son matos est voué aux gémonies sous divers prétextes dont, pour reprendre ceux de la Commission nationale électorale de la Corée du Sud (NEC) et du Groupe d’Etude du Congo (GEC), «la situation politique instable et un environnement vulnérable», «les faibles infrastructures électriques», «l’état des routes», «le fort taux d’illettrisme», «le climat tropical», «le potentiel de panne et de confusions, la saison pluvieuse, l’appel d’offre public et l’interdiction du vote électoral», Corneille Nangaa se comporte, lui, comme la caravane qui passe…

Ainsi, le 19 avril 2018, en la salle des Conférences internationales du ministère des Affaires étrangères et devant les autorités municipales et locales de Kinshasa, il a persisté et signé en déclarant : «Nous utiliserons la machine à voter aux scrutins directs combinés prévus le 23 décembre 2018» !

Et le 24 avril passé, pendant que Félix Antoine Tshilombo (appelé aussi Tshisekedi) confirmait au cours de son meeting Place Sainte Thérèse, à Ndjili, son rejet de cette machine, à Luanda par contre, où se tenait la Double Troïka de la Sadc, Corneille Nangaa épatait Chefs d’Etat et Chefs de Gouvernement présents au sommet extraordinaire. Il paraît même, selon certaines confidences, que plusieurs pays membres seraient preneurs si l’expérience congolaise réussissait.

Au point 12 du communiqué final, il ressort que «Le Sommet a pris note des progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’Accord politique de décembre 2016 et dans le respect du calendrier établi pour les élections se tenant le 23 décembre 2018 en République démocratique du Congo » et qu’«À cet égard, il a salué le Gouvernement de la République Démocratique du Congo, les acteurs politiques et la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour les étapes franchies».

Parmi les étapes franchies, il y a évidemment la campagne sur la machine à voter.

***

Au stade actuel, il est des évidences à réaliser, et auxquelles il faut se résigner.

La première est qu’après avoir tourné en dérision le calendrier électoral publié par la Céni le 5 novembre 2017, la plateforme «Rassop/L et Alliés» ne jure plus que par ce chronogramme.

La deuxième évidence est qu’après avoir contesté le seuil électoral, «Rassop/L et Alliés» se rattrape en élargissant des coalitions existantes et en crée des nouvelles.

La troisième est qu’après avoir remis en cause la loi électorale, allant même jusqu’à en appeler à la sanction de la Cour constitutionnelle, «Rassop/L et Alliés» accepte de s’y plier.

La quatrième évidence est qu’après avoir exigé la recomposition de la Ceni avec, surtout, le départ de Corneille Nangaa, «Rassop/L et Alliés» ne veut plus franchir le Rubicon au risque de voir sa revendication impacter négativement le déroulement du processus électoral.

La cinquième est relative à la machine à voter. Une fois les griefs justifiant son rejet annihilés, «Rassop/L et Alliés» sait qu’il ne lui reste plus plus qu’à faire contre mauvaise fortune bon cœur.

On peut alors déduire que droit dans ses bottes, Corneille Nangaa fait avancer, pas à pas ou pas après pas, ses adversaires vers l’échéance du 23 décembre 2018.

C’est à se demander, en fin de compte, si le moment n’est pas venu pour les contestataires de mettre suffisamment, pardon un peu d’eau dans leur vin, question de s’éviter dans l’avenir l’épreuve de rétropédalage…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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