Campagne électorale. Enfin, la «bataille» des programmes électoraux…

Moïse Katumbi aura ainsi eu l’honneur de lancer le premier son programme de gouvernement avec un budget de 100 milliards de dollars Us. C’était à Jobourg, en Afrique du Sud, lors de la sortie officielle de sa plateforme électorale «ENSEMBLE» le 12 mars 2018. Devenu président de l’Udps, Félix Antoine Tshisekedi a saisi l’occasion de son premier meeting, place Saint Thérèse, le 24 avril dernier pour annoncer le sien, en gestation. Adolphe Muzito de même, sous le label «Unis pour la République-URép», a fait sa sortie publique le 20 avril 2018 en tant que candidat à la présidentielle. Le dernier en date : Vital Kamerhe de l’Unc. Son congrès d’investiture en tant que candidat du parti pour la présidentielle se tient du 14 au 16 juin prochain.  On attend des autres poids lourds de l’Opposition radicale et Alliés le même exercice dans les jours à venir. Dès lors que cela n’a pas été fait en prévision des élections de décembre 2016 ni celles de décembre 2017, c’est la preuve qu’aucun parmi ces Opposants n’était pas prêt à l’époque où il réclamait tambour battant, et même sur fond des manifestations publiques, la tenue des élections soit dans les délais constitutionnels, soit dans les délais convenus dans l’Accord du 31 décembre 2016. Qu’à cela ne tienne ! La roue de l’Histoire est en train de tourner…

 

En se déployant seulement maintenant, il y a un acquis à reconnaître et à admettre : la course pour le Pouvoir par voie des urnes est réellement engagée.

Des signaux ont le mérite de la netteté et de la clarté avec, d’un côté, l’obstination (?) de la Ceni d’organiser les élections avec la machine à voter (Il paraît que même déclaré vainqueur, Moïse Katumbi ou Fatshi ne reconnaîtra pas sa victoire dès lors qu’elle est obtenue par cet outil à voler), mais aussi le changement de ton observé côté Cenco à l’issue de l’atelier organisé du 16 au 19 avril 2018 par sa commission «Justice et Paix» en appropriation, indique-t-on de la feuille de route intitulée : «Année électorale, que devons-nous faire ?».

Fait notable : concomitamment avec ce qui paraît comme un entêtement à imposer la machine à voter, la Ceni est en train de diffuser par médias interposés, Rtnc en tête, son calendrier électoral en insistant sur chacune des étapes essentielles conduisant à la « finale » prévue le 23 décembre 2018.

Fait tout aussi notable : les forces politiques qui se sont foncièrement opposées au fameux seuil prévu dans la loi électorale se constituent de plus en plus en plateformes élargies.

On peut alors dire : bon signe !

Produit du consensus national

Seulement voilà : avec des chiffres qui se balancent en termes des milliards de dollars Us, on doit redouter la surenchère !

On sait, par exemple, que Moïse Katumbi se signale avec un programme de gouvernement à financer à la hauteur de 100 milliards.

On se souviendra qu’à son irruption sur la scène politique en 2016, Noël Tshiani, fonctionnaire à la Banque mondiale, s’était déclaré en mesure de mobiliser 800 milliards USD sur 15 ans avec un «Plan Marshall Noël Tshiani pour la RDC», soit près de 54 milliards l’an.

A ce stade, on n’a encore aucune idée des chiffres qui seront avancés par les autres candidats à la présidentielle dont, parmi les plus connus, Félix Antoine Tshilombo (appelé aussi Tshisekedi), Vital Kamerhe, Freddy Matungulu, Adolphe Muzito et autres Martin Fayulu.

On peut toutefois supposer que leurs équipes sont instruites pour trouver les chiffres équilibrés.

Manifestement, la MP n’a pas envie de se jeter dans cette bataille. Elle a raison étant donné que la faible mobilisation des contributions observées à Genève à l’occasion de la Conférence sur l’aide humanitaire en faveur de la population de la RDCongo n’incite pas à l’optimisme.

Car si les réseaux puissants des personnalités fortes comme le cardinal Laurent Monsengwo, Dr Denis Mukwege et le businessman Moïse Katumbi ne se sont pas mis à contribution pour obtenir de cette rencontre ne serait-ce que la moitié des fonds sollicités  (2,2 milliards USD), on ne voit pas, raisonnablement parlant, par quel miracle l’un ou l’autre de nos candidats réunirait la moitié des 100 milliards ou le quinzième des 800 milliards brandis au cours du premier mandat !

A titre comparatif, l’Irak a reçu de la Conférence de Paris pour sa reconstruction une enveloppe de 33 milliards de dollars américains pendant que les besoins exprimés étaient de presque deux fois et demi plus. A moins, bien entendu, pour la partie congolaise d’un arrangement-bidon au détriment évidemment du «Peuple».

Cela dit, le vrai et bon programme de gouvernement post-électoral doit être le produit d’un  consensus national dégagé des considérations politiques, politiciennes et même idéologiques.

C’est le défi véritable auquel est confronté le leadership politique national.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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