LIBRE OPINION. À Kigali, le chef de Troie Katumbi dédouane le Rwanda et crache sur les morts de la RDCongo

« …Je dois d’abord clarifier quelque chose. La RDC est instable aujourd’hui. L’instabilité, c’est qui ? L’instabilité c’est Kabila lui-même. Nous avons besoin de la stabilité. Le jour que Kabila partira, il y aura la stabilité en RDC. Je vais rentrer, c’est mon pays. J’irais battre campagne. Kabila est en train de tuer le pays. Vous savez, les plaintes-là, Kabila peut regarder pour lui-même dans sa chambre…« . Moïse Katumbi a tenu ces propos pleins de contre-vérités, de haine et même de mépris devant un parterre des journalistes de la presse locale et internationale le vendredi 28 avril 2018.  Pas à Bruxelles, ni à Londres, ses deux villes d’asile volontaire, mais à Kigali, en terre rwandaise…

 

Pour bon nombre d’analystes habituels, cette déclaration constitue une véritable insulte à la mémoire de nombreuses victimes des différentes guerres d’agression et des vaillants combattants des Forces armées et de la Police nationale de la République Démocratique du Congo.

Alors que tous les rapports au niveau international et les observateurs objectifs affirment que les différentes rébellions, en commençant par le Rcd-Goma, le Mlc, le Cndp, le M23 et la résurgence des différents groupes armés, qui déstabilisent l’Est du pays sont l’oeuvre des Etats voisins à la solde des puissants courants néo-libéraux occidentaux, friands des nombreuses richesses stratégiques que regorge,  cette partie de la république, y compris le Rwanda, il est plus qu’ahurissant de voir un ex-congolais, de surcroît gouverneur honoraire du Katanga, puisse porter de telles accusations contre les autorités congolaises et plus particulièrement l’actuel Chef de l’État Joseph Kabila Kabange.

Pour preuve, le Rwanda et la RDCongo entretiennent des relations très complexes depuis plus de 25 ans, car Joseph Kabila n’a jamais digéré l’attitude de ce pays voisin face aux rébellions qui écument son pays dans sa partie orientale.

Par ailleurs, au moment même où Katumbi fait cette déclaration à Kigali, des milliers des ex-compatriotes en uniforme sont engagés au front de l’Est dans une offensive militaire généralisée contre les éléments de l’ADF, ce groupe rebelle Islamiste-terroriste d’origine ougandaise et les différents groupes armés en vue du rétablissement d’une paix durable, sur instruction personnelle de l’accusé, le commandant suprême des Fardc et de la Pnc Joseph Kabila.

À cet égard, la prise de position de Katumbi pourrait être interprétée comme de « la haute trahison » contre la République et le « moi collectif congolais« .

Pour nous autres – qui avons eu l’occasion de couvrir des événements politiques importants pendant la période de cette « Afrique des grands dictateurs » – une question nous traverse toujours l’esprit face aux agissements de Moïse Katumbi: « Quel sort le maréchal Mobutu allait-t-il réserver à un homme comme lui ?».

Et pour parler de la situation politique récente et de la démocratie à l’occidentale, dans quelques pays de  la sous-région et plus particulièrement, au Rwanda à partir duquel le président d’ »Ensemble » a fait cette déclaration calomnieuse, tentation est forte de (nous) poser la question suivante : « Est-t-il possible dans le contexte actuel qu’un opposant rwandais tienne de tels propos à partir de Kinshasa à l’endroit de Paul Kagame et dormir vraiment tranquille ? « . Mieux : « Moïse Katumbi ignore-t-il le sort qui est réservé à tous les dissidents du RPR exilés ou à des opposants internes ?».

Au regard de ces interrogations, tout observateur objectif conviendrait avec nous que Joseph Kabila est tout,  sauf un dictateur sanguinaire.

Balkanisation de la RDCongo : lorsqu’un américain d’origine hongroise, un anglais d’origine soudanaise et un italien d’origine congolaise convolent en justes noces

« En RDC, il faut noter que le président actuel a été contraint de signer une sorte d’accord avec l’opposition, qui je l’espère sera respecté. Nous verrons. Il doit former un gouvernement avec l’opposition et tenir les élections dans un an, j’espère qu’il le fera. Autrement, le pays va s’enflammer. Qui sera la première victime ? Kabila  lui-même. Il doit le savoir « , avait déclaré Mohamed Ibrahim le 24 mars 2017 dans une interview accordée au magazine Français «Paris Match».

« … Ce n’est pas l’argent qui nous manque pour prendre des armes. Mais seulement, nous ne voulons pas que le sang coule dans notre pays. Mais cette fois-ci, s’il continue à faire ce qu’il est en train de faire, nous n’allons pas nous laisser berner. Parce que trop, c’est trop« , a déclaré Moïse Katumbi dans une interview accordée à «Télé Tshangu», un média en ligne, au mois de janvier 2018.

« Ne nous condamnez pas, si au 23 décembre 2018, il n’y a pas élections« , a ajouté le 19 avril 2018 Moïse Katumbi dans une interview au journal belge «La Libre».

Officiellement, l’homme a été invité à Kigali par le milliardaire anglais d’origine soudanaise Mohamed Ibrahim pour prendre part à la cérémonie de remise de prix de sa fondation, « Mo Ibrahim », à l’ancienne présidente du Libéria, Ellen Johson Sirleaf.

Mais, en dehors de cet aspect annoncé officiellement, beaucoup d’observateurs affirment, en effet, que cet événement avait pour but également de servir de plate-forme politique au bénéfice de Moïse Katumbi au regard du tapage médiatique ayant entouré son arrivée à Kigali et ses différentes déclarations politiques faites en marge de cet événement.

Ayant suivi une formation en lobbying (médiatique et politique) là où « ce phénomène» avait commencé (lobbying est un terme anglais signifiant « couloirs » de la chambre des communes (parlement Britannique), où vers les années 1830 les groupes de pression ou d’intérêts pouvaient rencontrer les élus ),  il nous revient d’affirmer que les organisations de types philanthropiques tel que « Mo Ibrahim« , à part le visage « humaniste » qu’elles cherchent à véhiculer sont des véritables laboratoires en charge de « polir l’image » des personnalités politiques, des publiques et des institutions.

Leurs initiateurs sont appelés, à juste titre, en jargon « faiseurs d’hommes ou des institutions « .

De fait, cessons de rêver : la présence de Katumbi au Rwanda, loin d’être un fait anodin, constitue plutôt une action politique bien préparée par ces officines extérieures.

Mais, au-delà de tout cela, ce qui intrigue le plus, c’est la similitude des messages respectifs de ces deux personnalités au regard de leur contenu et du ton utilisé.

En effet, l’analyse de la déclaration du milliardaire anglais d’origine soudanaise Mohamed Ibrahim et celle  de l’affairiste Italien d’origine congolaise Moïse Katumbi démontre à suffisance que ces deux personnages prônent « l’implosion de la RDC » sous couvert des menaces imaginaires.

C’est ici que se situe notre crainte,  qui doit l’être aussi pour tous  les partisans de l’intégrité territoriale de la RDC, par rapport à la nouvelle visée politique de Katumbi : la balkanisation du pays au profit des milieux financiers occidentaux.

Dès lors, comment ne pas comprendre ses relations contre-nature  avec des milliardaires «affairistes » opérant  sous le visage humaniste de  « philanthropes »,  à l’instar de George Soros et Mohamed Ibrahim qui, en réalité, sont des capitalistes avérés à la recherche du gain perpétuel, quelle que soit la méthode ou l’endroit.

Il nous revient des sources concordantes que Moïse Katumbi envisagerait très sérieusement la possibilité d’une action militaire de déstabilisation, étant convaincu de sa non-participation aux prochaines élections présidentielles du 23 décembre 2018, à la suite de ses ennuis judiciaires et de la problématique de  sa nationalité italienne telle que révélée par Jeune Afrique et Reuters.

D’où notre analyse antérieure sur cette menace quasi-permanente de la balkanisation : « Moïse Katumbi : nouveau Chef Rebelle? « .

Guy Momat✍🏿

Analyste Politique

30 avril 2018

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