En 2015, l’Opposition avait rejeté le vote de la Diaspora !

 

  • En déclarant sur Radio Okapi le 7 mai 2018, à propos des difficultés d’enrôlement des Congolais de l’étranger soulevées la veille par la Ceni, que «C’est aussi l’irresponsabilité de la majorité dont, il faut rappeler, qu’elle avait voté toute seule la loi électorale qui avait été contestée et qui avait maintenu cette innovation dont on savait, dès le départ, qu’on n’en avait ni les moyens, ni la volonté», Delly Sessanga confirme, si besoin est, que l’Opposition radicale n’a jamais été pour la participation de la Diaspora au processus électoral…

 

Pour rappel, le 19 janvier 2015 l’Assemblée nationale devait se réunir en plénière pour l’adoption du projet de loi électorale déposé deux semaines plus tôt par le ministre d’Etat en charge de l’Intérieur et Sécurité, Evariste Boshab, au nom du gouvernement. En prévision de cette plénière, l’Opposition avait envisagé une manifestation publique de grande envergure au travers de sa déclaration du 15 janvier invitant les parents à garder leurs enfants à la maison, les commerçants à ne pas ouvrir leurs boutiques et les personnes de troisième âge à n’effectuer aucun déplacement en dehors de chez elles. Elle avait précisément demandé à la population de Kinshasa, particulièrement les étudiants, de descendre au Palais du Peuple – siège de l’Assemblée nationale et du Sénat – pour empêcher la chambre basse de débattre du projet de loi dont question, l’argument évoqué étant le rejet de l’article 8 prévoyant la tenue en «compte de l’évolution des données démographiques et de l’identification de la population». Le rejet concernait le projet de loi dans son ensemble…

 

Pourtant, c’est dans ce texte, à l’alinéa 2 de son article 5, qu’il est bien spécifié : «Toutefois, le Congolais résidant à l’étranger qui remplit les conditions fixées aux points 2 et 3 du présent article, titulaire d’une carte d’identité ou d’un passeport en cours de validité peut participer à l’élection présidentielle, selon les modalités déterminées par la Commission électorale nationale indépendante en matière d’enrôlement et de vote».

Pour mémoire, l’alinéa 1 est ainsi libellé : «Nul n’est électeur s’il ne remplit les conditions suivantes : 1. être de nationalité congolaise ; 2. être âgé de dix-huit ans révolus ; 3. ne pas se trouver dans l’un des cas d’exclusion prévus à l’article 7 de la présente loi ; 4. se trouver sur le territoire de la République Démocratique» tandis que la formulation de l’article 7 est la suivante : «Ne peuvent participer au vote les personnes qui se trouvent, le jour des élections, dans l’un des cas suivants : 1. les personnes frappées d’une incapacité mentale totale médicalement prouvée ; 2. les personnes privées pat décision judiciaire définitive de leurs droits civils et politiques ; 3. Les membres des Forces armées et de la Police nationale congolaise ; 4. les personnes non inscrites sur les listes électorales».

Qui finalement se moque de qui

Lorsqu’en 2015, ils avaient librement décidé du rejet du projet de loi électorale, les Opposants radicaux et leurs alliés de la société civile n’avaient pas fait exception. Autrement, ils se seraient déclarés favorables au vote des Congolais de l’étranger.

On se souviendra plutôt qu’après l’adoption dudit projet par la chambre basse sans les députés de l’Opposition ayant préféré boycotté la plénière, était venu le tour de la chambre haute.

«Si le Sénat l’adopte malgré les protestations, l’opposition va demander à la population de prendre ses responsabilités (…) Pour nous, le débat n’est plus possible. Parce que là, ils viennent de montrer leur intention réelle, c’est-à-dire de passer en force, y compris par la tricherie. Donc, nous allons demander à notre peuple de prendre ses responsabilités et de chasser le pouvoir d’imposture», avait prévenu Félix Antoine Tshilombo.

Faisant allusion aux incidents qui s’étaient produits aux alentours du Palais du Peuple le 19 janvier, Fatshi va renchérir : «Ce peuple, en réagissant comme il l’a fait, a lui-même envoyé un signal, en montrant qu’il a compris que ce pouvoir était en train de manœuvrer pour permettre à Joseph Kabila de se pérenniser à la tête du Congo’’. C’était le 22 janvier 2015 Deutsche Welle, la dépêche étant intitulée «Le régime Kabila sous pression».

Jonas Tshiombela, coordonnateur de la Nscc, l’avait rejoint par le même média et le même jour. «Si par aventure, ce projet de loi passe, la société civile s’alignera totalement du côté des aspirations de la population. Mais si par aventure, cette loi arrive nécessairement à être publiée, nous en tirerons les conséquences qui s’imposent. Nous appellerons la population à s’assumer, comme tous les peuples du monde entier qui s’assument», avait-il déclaré.

Mais, bien avant eux, Martin Fayulu était monté au créneau. Le 12 janvier 2015, dans son article intitulé «RDC : vives tensions autour du projet de modification de la loi électorale», «Jeune Afrique» rapporte ses propos selon lesquels : «Nous sommes là pour gêner l’examen de ce texte». C’est-à-dire qu’il n’était pas question pour l’Opposition radicale de laisser cette loi s’appliquer dans toutes ses dispositions. Dont, naturellement, le vote ouvert à la Diaspora.

Aussi, avec la réaction récente du député national Delly Sessanga – secrétaire général d’Ensemble (plateforme électorale de Moïse Katumbi) – évoquée ci-dessus, tout porte à croire que l’Opposition radicale n’a jamais été dans le schéma de participation des Congolais de l’étranger aux élections alors qu’il est de notoriété publique que c’est la Diaspora congolaise qui aura été son plus grand soutien au cours de cette trentaine d’années.

A voir aujourd’hui ses porte-voix monter les compatriotes concernés contre la Majorité, on en vient à se demander qui finalement se moque de qui !

Faut-il encore noter que cette Opposition n’a jamais contribué à l’adoption d’une seule de toutes les lois quatre électorales promulguées entre 2006 et 2017. (Lire Editorial intitulé «Opposition radicale, opposition à toute loi électorale»).

Le rejet systématique et systémique de ces lois est de nature à interpeller l’opinion avertie et à y trouver le sens exact de la phrase « Une transition en cache une autre »…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

http://www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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