Machine à voter et processus électoral. Les 10 petites « bombes » de Corneille Nangaa à Bunia…

Vendredi 18 mai 2018. Complexe culturel et sportif de Bunia, communément appelé «Bassin». En séjour au chef-lieu d’Ituri, Corneille Naanga saisit l’opportunité pour échanger avec les forces politiques et sociales locales. La capacité d’accueil se révèle inférieure par rapport aux personnes qui prennent d’assaut le complexe. Préoccupation majeure pour chacune : entendre le président de la Centrale électorale se prononcer clairement sur la machine à voter qui fait polémique surtout dans les réseaux sociaux au point de plomber même le processus électoral dans son ensemble. Presque deux heures durant, il parle, il explique, il explicite. Voici, synthétisée, sa prestation :

 

  1. LETTRE DU PRESIDENT DE LA NEC (COMMISSION NATIONALE ELECTORALE SUD-COREENNE) DESAVOUANT LA MACHINE A VOTER

– Corneille Nangaa a demandé à son collègue sud-coréen s’il lui avait écrit dans ce sens.

Réponse de l’intéressé : non !

  1. MACHINE À VOTER TOMBÉE EN PANNE EN IRAK

– Faux. C’est un logiciel d’origine espagnole qui a créé le problème. D’ailleurs, l’Irak n’a pas utilisé la machine à voter mais l’urne électronique. L’urne électronique et la machine à voter sont deux équipements différents.

  1. ÉNERGIE POUR MACHINE À VOTER

– Le problème ne se pose pas. La machine a une batterie incorporée d’une autonomie de 24 heures et une batterie de réserve de 4 heures. Soit près d’une trentaine d’heures.

– Or, les élections prennent au maximum 11 heures !

  1. PANNE DE LA MACHINE ÉLECTORALE LE JOUR MÊME DE L’ÉLECTION

– Il y a toujours un Plan B quand on entreprend quelque chose. Même une voiture neuve peut tomber en panne à la sortie même de l’usine.

– A Mbuji-Mayi en 2006, alors qu’il n’y avait pas de machine à voter, des véhicules et du matériel électoral avaient été brûlés au nom d’un parti politique.

– Le Plan B avait permis de procéder rapidement au remplacement du matériel détruit, et les élections s’étaient déroulées le Jour J, même si c’était avec quelques heures de retard.

  1. BULLETINS DE VOTE PAPIER CONTRE MACHINE À VOTER…

– En 2011, rien que les législatives avaient nécessité l’impression d’un bulletin de 58 pages !

– On imagine pour 2018 le nombre de pages qu’il va falloir imprimer pour chaque bulletin, et encore pour deux échéances différentes (législatives et provinciales), avec risque d’aller au-delà d’une centaine de pages.

– Bien plus, avec le bulletin traditionnel, l’électorat n’avait aucune possibilité de correction en cas d’erreur. Avec la machine à voter, cette possibilité est disponible.

  1. ELECTORAT ÂGÉ OU ANALPHABETE

– L’article 58 de la loi électorale prévoit l’assistance d’une personne choisie par l’électeur ou l’électrice concerné (e), à condition pour cette personne d’être elle-même électrice.

  1. COMPTAGE DES VOIX

– Ne sera pris en compte que le résultat du comptage manuel des bulletins. La machine se limite à imprimer les bulletins.

  1. CONTENTIEUX ÉLECTORAL

– Contrairement aux cycles précédents ayant mis les candidats dans l’impossibilité de produire des PV électoraux fiables, cette fois la machine à voter leur permet de disposer des preuves matérielles dont ils ont besoin…

  1. IMPLICATION DES FORCES POLITIQUES DANS LE CHOIX DES MOYENS ÉLECTORAUX

– L’argument ne tient pas la route. Des fournitures de bureaux (stylos, papier, imprimante etc.) aux engins de transport  en passant par les kits électoraux et les urnes) sont le choix de la Ceni rendue compétente par la loi pour organiser sa logistique.

– En 2005, l’acquisition des kits électoraux – qui sont du matériel électronique – n’avait pas été soumise à un consensus politique.

– Les fournisseurs étrangers les avaient imposés aux Congolais parce que le financement était en grande partie assuré par les partenaires extérieurs.

– Cette fois, c’est la RDCongo qui prend en charge ce financement.

  1. CAMPAGNE DE SENSIBILISATION

– Les candidats doivent se considérer comme les premiers sensibilisateurs de la machine à voter. La participation de leur électoral en dépend.

– Au lieu de se mobiliser alors pour le démobiliser, ils doivent plutôt le faire pour le remobiliser davantage. Car leur propre sort est tributaire du comptage des voix des électeurs.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

http://www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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