Présidentielle. Patrick Nkanga : «La MP n’aura pas de dauphin car aux antipodes de la démocratie mais de candidat …»

Parler de la succession du président Kabila n’est pas chose aisée à la Majorité présidentielle. Pour Patrick Nkanga, qui a accordé une interview à 7SUR7.CD le vendredi 18 mai 2018, parler de dauphin est aux antipodes de la démocratie. Cependant, le porte-parole du Bureau politique du PPRD a dit que la Majorité présidentielle aura bel et bien un  «candidat » à la présidentielle. Pour l’ex-président de la Ligue nationale des Jeunes du PPRD, le 17 mai 1997 ne doit pas être la date des compagnons de M’zee mais notre date à tous car Laurent Désiré a restitué le pouvoir au peuple. Pour lui, le bilan après 21 ans de la  «Libération» de la RDC est positif même si beaucoup reste à faire. Il a aussi alerté sur les dangers de la déstabilisation de la RDC à cause de la révision du Code minier opéré par le président Joseph Kabila pour le bien-être de la population.

 

Vous avez été promu porte-parole du bureau politique du PPRD ! C’est quoi votre nouvelle mission ?

PNB: Je profite, avant toute chose, de vivement remercier une fois de plus le Camarade Initiateur et Président de notre Parti pour l’insigne honneur qu’il nous a fait, qu’il a fait à sa jeunesse, que de nous confier ce rôle, celui d’être le porte-voix de l’organe de conception, d’orientation et de décisions de notre cher parti, le Bureau Politique.

Lorsqu’Il parle du renouvellement de la classe politique, ce n’est pas un slogan, un vain mot. Il s’agit d’une conviction profonde qui l’anime. Les missions spécifiques sont définies en fonction du ou des contexte(s) par la haute hiérarchie de notre parti.

Cependant, l’on sera astreint au rôle traditionnel qui est assigné à un rapporteur ou porte-parole : celui de rapporter, de dresser des conclusions, de préparer les documentations des réunions, de faire l’exposé de celles précédentes aux concernés à la demande de l’Autorité, de rendre public ce qui devrait l’être sur injonction et non d’initiative, … bref, c’est une belle panoplie de prérogatives.

Ce n’est pas un travail aisé. Il va certainement requérir de nous plus d’abnégation et plus de rigueur intellectuelle. Bénéficiant des conseils et de l’aide de nos aînés, nous espérons être à la hauteur de la tâche.

 

21 ans après ce qu’on a qualifié de Libération, que reste-t-il encore de cette aventure ? Les Congolais sont désillusionnés par les échecs de ce qui devait constituer un nouveau départ ?

PNB : Échec ? Quel échec ? Vous savez l’humain, l’être humain est oublieux, vaniteux et souvent ingrat, même vis-à-vis de Dieu. Les Saintes Ecritures nous renseignent ce qu’a été le comportement des enfants d’Israël. Après qu’ils soient sortis d’Égypte, ils ont commencé à dire qu’ils préféraient retourner sous le joug du Pharaon; «ils y mangeaient, ils y avaient où dormir…», disaient-ils.

Pourtant Moïse avait reçu pour mission de les conduire à la «terre promise», où ils y seraient les Maîtres de leurs destins et non des esclaves bénéficiant des miettes que leur jetaient le Pharaon.

C’est un peu cela le «17 Mai 1997». Mzee LD Kabila et tous ceux qui ont bataillé à ses côtés sont venus restituer le pouvoir au peuple afin que ce dernier décide de son devenir et de son avenir. Cela est l’élément essentiel de cette Révolution.

Le cheminement censé nous mener à notre deuxième indépendance, celle économique, est un processus, un processus périlleux. Vous voyez toutes les attaques que l’on subit depuis la révision du Code Minier qui a été menée sous le leadership du président de la République pour le bien du peuple congolais. Certains candidats à la présidentielle prennent fait et cause pour les opérateurs miniers, c’est dire que l’atteinte de certains objectifs ne se feront pas sans casses.

Parfois, nous sommes bercés par la nostalgie, mais à y voir de plus près, il y a eu beaucoup d’avancées sur les plans sécuritaire, diplomatique, économique, social, infrastructurel.

Est-ce suffisant ? Non, nous devons travailler davantage. Mais notre société doit se départir des habitudes anciennes pour que l’on fasse avancer ce pays ensemble.

Le pouvoir restitué au peuple, est un fait aujourd’hui, l’on ne peut donc pas parler d’échec.

 

À quoi attribuez-vous l’échec de la  »Révolution du 17 mai »? Pourquoi ça n’a pas marché ?

PNB : Votre question est pernicieuse. Mais vous tenez à parler d’échec, il n’existe pas de Révolution parfaite. Aujourd’hui, avec un regard analytique, l’on peut déceler, au travers des faits historiques, les difficultés dans lesquelles ont été Mzee Kabila, une année et deux mois après son avènement au pouvoir. Il s’est vu dans l’obligation de demander à son «allié circonstanciel» de quitter la RDC. Nous connaissons ce qui s’en est suivi.

Cet état des choses a certainement eu une pesanteur négative sur la matérialisation immédiate des idées chères à Mzee. Mais, reconnaissant aussi, que malgré cet état de guerre, Mzee n’avait pas manqué de démontrer à la population qu’il était un homme de gauche, véritablement de gauche. J’ai encore en mémoire de comment l’on s’approvisionnait dans la boutique BNPS du coin pour faire notre provision, malgré la modeste bourse familiale à l’époque.

Encore une fois, je ne peux parler d’échec, mais doit-on sombrer dans l’autosatisfaction ? Non plus, le chemin est long. Et de rajouter que le 17 Mai 1997 n’est pas la date commémorative des «compagnons de Mzee», c’est notre date à tous, car c’est à nous qu’il a restitué le pouvoir, nous le peuple.

 

L’ex-Premier ministre A. Muzito soupçonne le président Kabila de vouloir s’accrocher pouvoir ! Que lui répondez ou plutôt pourquoi l’agir et le dire de Kabila font penser à plusieurs qu’il n’a pas l’intention de céder le pouvoir ?

PNB : Le Président Joseph Kabila est au pouvoir par la volonté du peuple, exprimée au travers les différentes élections. S’il devra demeurer au pouvoir, ce sera par ce même canal, l’élection.

 

Le PPRD a été rudoyé dans l’ex Équateur, notamment, à Mbandaka où ses drapeaux ont été brûlés. Comment expliquez-vous cette hostilité malgré une belle représentativité des ressortissants au gouvernement et au sénat ?

PNB : J’étais à Mbandaka, dans la suite du Secrétaire Permanent, Emmanuel SHADARY, qui a coup sur coup galvanisé les troupes sur toute l’étendue du «Grand Equateur». Cette allégation est fausse, ce fut une pure intoxication, la photo utilisée a paru dans les réseaux sociaux bien avant le déplacement du SP pour l’Equateur. Le PPRD fait peur, nous nous préparons sérieusement pour gagner les futures élections.

 

Kabila pense-t-il vraiment que les sociétaires respecteront le pacte de loyauté qu’il leur a fait signer à Kingakati le samedi passé ? Même si le dauphin qu’il désignera ne leur plaît pas ?

PNB : Il ne s’agit pas d’une ratification de contrainte, mais d’adhésion, chaque structure politique l’a fait en âme et conscience. Mais il sied notamment de rappeler que la notion du dauphin est aux antipodes de la démocratie. La Majorité présentera inéluctablement un candidat à l’élection présidentielle.

 

Quand le chef de l’État parle de menace de déstabilisation, pense-t-il sérieusement que Katumbi est prêt à lui faire la guerre avec l’aide des pays limitrophes ? Si oui, n’est-ce pas de sa faute pour avoir bloqué le processus électoral ? Lui l’exilé d’hier en a aussi produit aujourd’hui. L’histoire bégaye ?

PNB : Nos ennemis, ce ne sont pas Ces congolais qui trahissent leur pays ; eux ne sont là que pour le besoin de la cause, des marionnettes. Nos vrais ennemis, ce sont ces multinationales qui ne veulent pas voir le Congo se développer, ceux qui veulent exploiter nos ressources sans que l’État en bénéficie équitablement, sans que la population en jouisse.

Oui, la menace de déstabilisation est sérieuse. Il faut un éveil patriotique, une prise de conscience des enjeux actuels.

Plus haut, nous évoquions la révision du Code Minier qui a courageusement été porté par nos élus, sous la bannière du Chef de l’État. Cela ne nous a pas fait beaucoup d’amis. Soyons prudents et vigilants.

Le 17 Mai 1997, était l’achèvement, de «la guerre de la Libération». Celles qui l’ont succédé après août 1998 étaient des guerres d’agression, sinon des États comme l’Ouganda ne serait pas condamnés par la CIJ, de nous payer près de 10 milliards de dollars pour les dommages causés dans notre pays.

Aujourd’hui, il est proscrit «ad vitaem eternam» de recourir aux armes pour accéder au pouvoir, car le pouvoir est détenu par le peuple, article 5 de notre Constitution. Ceux qui ont des ambitions électorales n’ont pour unique et seule alternative l’élection et ce, en conformité avec les règles établies par la Constitution et les lois y relatives.

Propos recueillis par Israël Mutala

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