BALISES. De «La République des Inconscients» à l’Inconscient de la République !

Ces temps derniers, sur «Rfi» ou sur «Radio Okapi», la revue de presse a tendance à se ressembler lorsqu’il s’agit de commenter les visites à l’Elysée d’abord du Président Paul Kagame du Rwanda et du Président Jôao Lourenço de l’Angola.

La presse congolaise la plus mise en exergue est celle qui promeut la «troïka Paris-Kigali-Luanda» pour faire pression sur Joseph Kabila en vue de l’amener à respecter la Constitution, l’Accord de la Saint Sylvestre et le calendrier électoral comme s’il ne le faisait pas de façon aussi claire que possible.

C’est à croire qu’après avoir longtemps misé sur Bruxelles et Washington, cette presse compte maintenant sur Paris pour la prise de finition, jargon des catcheurs inspiré par une internaute.

Ainsi, Emmanuel Macron, Paul Kagame et Jôao Lourenço sont encensés pour liquider Joseph Kabila dont on dit fin mandat depuis décembre 2016 sans cependant se préoccuper de lire correctement et la Constitution et l’Accord qui reconnaissent, via l’alinéa 2 de l’article 70, le maintien en fonction du Président de la République jusqu’à l’installation effective de son successeur élu et non désigné…

Si pour les chefs d’Etat français et angolais – nouvellement venu aux affaires – l’opinion congolaise avisée peut se montrer relativement excusable, il n’en est pas de même pour leur collègue rwandais pour la bonne et simple raison que l’homme n’a pas bonne presse de l’autre côté de la frontière de son pays. Et, vraisemblablement, il se fiche éperdument de ce que les Congolais pensent de lui, de Zongo à Kasumbalesa, d’Aru à Muanda, de Bolobo à Uvira.

Comme relevé dans le carton intitulé «Honorable Sénateur de la République des Inconscients : Vive Kagame !» circulant sur les réseaux sociaux, Paul Kagame est indexé pour son rôle néfaste dans les affaires congolaises au cours de ces 22 dernières années, entendez de 1996 à 2018. Selon le discours véhiculé par l’Opposition radicale, il passe pour l’homme :

  1. ayant «défait» Mobutu à la faveur de la guerre de libération menée par l’Afdl de 1996 à 1997,
  2. ayant tenté de «défaire» Laurent-Désiré Kabila à la faveur de la guerre du 2 août 1998,
  3. ayant «défait» Mzee, assassiné le 16 janvier 2001 et, maintenant, il cherche à
  4. «défaire» Joseph Kabila à la faveur du processus électoral.

A preuve, le plateau offert à Moïse Katumbi à l’occasion de la cérémonie de remise du Prix Mo Ibrahim organisée à Kigali, chose que ni Kampala, Bujumbura et Dar Es Salam, ni Lusaka, Luanda et Brazzaville, ni même Bangui et Djuba n’ont osé faire jusque-là.

Autre motif de méfiance des Congolais à l’égard du Président Paul Kagame : l’insécurité qui règne dans l’Est du pays, entretenue par des éléments Fdlr et des supplétifs de l’armée rwandaise. Dans le Kivu profond, la conviction solidement établie est que le Rwanda garantit sa propre sécurité par le stratagème d’attiser le feu chez le voisin congolais. Les rapports objectifs des partenaires extérieurs sur cette insécurité sont suffisamment éloquents.

Certes, la Constitution consacre les libertés fondamentales comme celles d’expression et d’information. Mais, de là pour les Congolais à «instituer» Paul Kagame en faiseur et en défaiseur des régimes en République Démocratique du Congo, personne ne peut l’admettre.

Il n’est pas interdit de rouler pour sa chapelle. Celle-ci peut s’appeler Moïse Katumbi ou Adolphe Muzito, Félix Antoine Tshisekedi ou Freddy Matungulu, Martin Fayulu ou Noël Tshiani, Vital Kamerhe ou Florentin Mokonda parmi les Opposants, mais de là considérer que leur victoire aux élections passe impérativement par Kigali, donc par Paul Kagame revient à insulter la mémoire de ceux qui ont versé leur sang les uns pour la libération, les autres pour la démocratie, les autres encore pour la préservation de l’intégrité territoriale du Congo pour ne pas parler des martyrs de l’Indépendance.

Hélas ! C’est à cela – malheureusement – que se livre ces temps derniers l’auteur de l’ouvrage «La République des Inconscients».

L’éloge qu’il fait, peut-être sans le savoir ni le vouloir, du leadership de Paul Kagame est tout ce qu’il y a de malsain. Tout ce qui le transforme en «Inconscient de la République».

Son parcours, depuis 1990 surtout, est de celui de l’homme qui mange à tous les râteliers.

Son soutien plus à Kigali qu’à Luanda pourrait devenir l’arête plantée dans la gorge.

Les effets d’étranglement sont effroyables.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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