«Guerre» de Kinshasa de 2007 : Ndjoli confirme l’esprit «militariste» de Bemba !

 

  • Neidy Ribeiro a posé au Président Joâo Lourenço la question suivante : «Voilà 17 ans que vous soutenez le régime de Joseph Kabila. Regrettez-vous que l’Angola ait envoyé des troupes et des blindés en mars 2007 à Kinshasa afin de soutenir ce régime face aux rebelles de Jean-Pierre Bemba ?». Réponse de l’Invité Afrique : «Et pourquoi le regretterait-on ? Il n’y a aucune raison à cela, il s’agit d’un acte conscient. Donc il n’y a pas de regrets à avoir»…

 

Au moment où un lobbying se développe notamment aux Etats-Unis, sous les auspices d’Herman Cohen, pour la libération de Jean-Pierre Bemba en détention depuis une dizaine d’années à La Haye pour son implication dans les tristes événements de Bangui survenus en 2002, voilà qu’à la suite d’une interview du Président angolais à RFI le 31 mai 2018 l’inspecteur général du Mlc, le constitutionnaliste Jacques Ndjoli – professeur d’université de son état – rappelle à l’opinion nationale et internationale la «guerre de Kinshasa» consécutive au refus de son candidat à la présidentielle de 2006 d’accepter le verdict des urnes ! C’est à croire qu’il justifie le recours à des violences électorales et l’expédition armée sur Bangui comme pour enfoncer davantage Chairman. Mauvais signal envoyé à la Cpi…

 

La préoccupation première pour tout acteur politique avisé devrait porter sur le sens et l’opportunité de la question de Rfi dans un contexte particulier, celui des pressions sur le processus électoral congolais.

En effet, l’interview du Président Joâo Lourenço a été recueillie par Neidy Ribeiro dans le cadre d’une visite officielle en France non pas pour les relations franco-congolaises mais les relations franco-angolaises.

Or, dans le traitement des faits, il a été observé une priorisation de la question congolaise sur la question angolaise. Et pour cause !

Par sa question, la journaliste de Rfi relève le soutien du Gouvernement angolais au Gouvernement congolais au cours de ces 17 ans dernières années, soit depuis l’avènement de Joseph Kabila à la magistrature suprême.

Seulement voilà : rien n’est dit de l’apport de l’Angola lors de la guerre du 2 août 1968 impliquant le Rwanda. Cette guerre-là reste dans l’Histoire comme la plus effroyable que la RDC ait connue depuis son indépendance en juin 1960 en raison de ses «répliques» qu’elle continue de produire jusqu’à ce jour, singulièrement à l’est du pays.

Des semaines durant, la ville de Kinshasa avait été privée d’électricité. Il y avait eu des morts et des morts, et encore des morts.

C’est grâce à l’intervention de l’armée angolaise à partir du Bas-Congo (l’actuel Kongo Central) que les envahisseurs rwandais avec leurs supplétifs congolais avaient été forcés à la fuite, les troupes de Kagame pour la route de Kimpangu, les Congolais (abandonnés à leur propre sort) par les pistes les ayant acheminés vers la Tshangu (université de Kinshasa, Kisenso, Matete, Ndjili, Kimbanseke et Masina).

La «guerre de Kinshasa» ne lui arrive même pas à la cheville en termes d’intensité.

La capitale fut livrée à feu et à sang

Pourquoi alors Rfi s’est-elle employée à rappeler à la mémoire collective celle-ci que celle-là, et encore au moment où, justement, un lobbying favorable à Chairman est enclenché ? Ce serait surprenant qu’au Mlc on n’ait pas senti le coup venir. Car, avec sa réaction irréfléchie, Pr Jacques Ndjoli ne fait rien d’autre que confirmer l’esprit «militariste» de son chef. Celui-là même qui le conduira en 2008 à la Cpi pour l’aventure banguisoise.

Constitutionnaliste, Ndjoli connaît pourtant parfaitement les mécanismes d’encadrement du contentieux électoral. La loi électorale n°06/006 du 9 mars 2006 consacre son chapitre VII aux Contentieux des élections. A son article 73, elle dispose que : «Peuvent contester une élection dans un délai de trois jours après l’annonce des résultats provisoires par la Commission électorale indépendante 1. le candidat indépendant ou son mandataire ; 2. le parti politique ou le regroupement politique ou leur mandataire ayant présenté sa liste dans la circonscription électorale».

Le Mlc avait certes actionné le contentieux électoral pour les «gouvernorales» en sachant qu’un procès se termine soit par avoir raison, soit avoir tort. Mais était-ce une raison valable pour recouvrer les instincts insurrectionnels des années 1998 ?

L’Histoire retient qu’un certain 28 juillet 2006 – date de clôture de la campagne électorale pour la présidentielle et les législatives prévues le 30 juillet courant – de graves incidents avaient émaillé le retour de Jean-Pierre Bemba à Kinshasa sur le parcours «aéroport international de Ndjili-stade Tata Raphaël». Le prochain dossier spécial Rfi sur ces incidents, espéré pour le 28 juillet 2018, édifiera l’opinion.

Rappelons seulement à ce stade que les effigies du candidat Joseph Kabila avaient été brûlées et les drapeaux des partis membres de l’Amp déchirés le long du parcours, le siège de la Haute autorité des médias, les postes de police, les églises (dont le temple de Sony Kafuta) et le siège de l’orchestre Wenga Musica de Werrason vandalisés. Des policiers avaient même été tués, certains jetés dans la rivière Kalamu.

Déjà, le jour de la proclamation des résultats de la présidentielle, des incidents survenus autour du siège de la Cei avaient incité la Monuc à acheminer l’abbé Apollinaire Malu-Malu par véhicule blindé pour la faire à partir des antennes de la Rtnc hautement sécurisées.

Et les 22 et 23 mars 2007, la capitale fut livrée à feu et à sang, Jean-Pierre Bemba ou le Mlc (Pr Ndjoli en sait davantage) ayant réagi brutalement à l’échec de ses tickets pour les postes de gouverneur et vice-gouverneur des provinces de Kinshasa et du Bas-Congo. Evidemment, le motif trouvé étant le refus de Chairman de remettre à la disposition des Forces gouvernementales sa garde constituée de 300 à 400 hommes.

Onze ans après, l’opinion avertie continue à se demander comment les Bembistes avaient commis l’erreur, plutôt la bavure de proposer pour le Bas-Congo le ticket «Fuka Unzola-Muanda Nsemi» en sachant pertinemment bien les deux originaires du même district (Cataractes) dans une province qui en compte trois (avec Lukaya et Bas-Fleuve), et encore de la même tribu (Manianga) ! Autant pour Kinshasa en proposant le ticket «Bombole-Babala» n’ayant à proprement parler, à l’époque, pas d’ancrage avéré dans la capitale, le premier étant de sa province (Equateur), le second du Bandundu, illustre inconnu des «Bana Kin».

Un très mauvais casting.

Nouveau «motif raisonnable» à charge !

Lorsqu’il stigmatise le discours souverainiste développé par le Pouvoir congolais après les propos du Président angolais sur l’intervention de son armée lors des événements survenus à Kinshasa en mars 2007, Jacques Ndjoli agit comme pour approuver l’expédition armée de Chairman dans sa propre ville !

Ainsi, le tort de Luanda, dans son entendement, aura été d’empêcher la capitale de brûler, avec tout ce que cela aurait eu comme conséquences imaginables et inimaginables autant sur l’avenir du pays que de son peuple.

On ne serait pas loin de penser, voire de croire, qu’il est de ceux qui avaient approuvé l’expédition armée du Mlc ayant finalement conduit Jean-Pierre Bemba de Bangui à La Haye.

Fait notable : jusque 11h02 le samedi 2 juin 2018, sa prestation n’était toujours pas affichée sur la page Net de «Radio mondiale» alors que les infos sur Fidèle Chebeya et sur Filimbi y figuraient, l’une depuis 10h29, l’autre 7h13.

Probablement que les lobbyistes pour la libération de Chairman y ont perçu un effet contreproductif ; la Cpi pouvant s’en inspirer comme nouveau «motif raisonnable» à charge de son prisonnier !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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