En tant qu’«Autorité morale», la Cenco obligée de favoriser l’évaluation de son Accord !

  

  • Son problème est qu’en refusant de siéger au CNSA alors qu’elle en est membre d’office, elle perd son leadership sur une initiative qui lui appartient…

 

  • En comparant dans «Jeune Afrique» l’Accord à «une personne qui a été grièvement blessée mais qui n’est pas morte», l’abbé Donatien Nshole sait qu’on ne force pas une telle personne à marcher. On la soigne d’abord !

 

A en croire un certain Le Récamier, un bon catholique ne demande jamais pardon, il ne s’avoue jamais vaincu. Manifestement, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) est dans la logique de ne se reconnaître aucune faiblesse, aucune faute, aucun défaut dans ses œuvres, peu importe qu’elles soient spirituelles, morales ou matérielles. Et l’abbé Donatien Nshole prend sur lui la charge de l’assumer pendant que, apparemment, ses supérieurs, notamment Mgr Marcel Utembi – président en exercice de la Hiérarchie catholique au pays – préfèrent garder silence. Il est évident que le secrétaire général de la Cenco a la couverture de l’archevêché de Kinshasa, autant l’actif que le potentiel fortement politisé. Conséquence déplorable : presque 18 mois après sa signature le 31 décembre 2016, l’Accord dit de la Saint Sylvestre n’a jamais fait véritablement l’objet d’une évaluation exhaustive de la part des parties prenantes. Plutôt si, mais en format réduit au sein d’un Cnsa boudé par la Cenco sans que celle-ci ne se préoccupe d’en donner publiquement la raison…

 

Laquelle de l’Institution politique «Président de la République » et de l’Institution canonique «Conférence épiscopale nationale du Congo» est à la base des négociations ayant conduit à l’Accord du 31 décembre 2016 ? Jusqu’au 26 janvier 2018, l’opinion en attribuait l’initiative au Président de la République. C’est Joseph Kabila en personne qui rétablira la vérité en désignant la Cenco.

Effectivement, en réponse à la question de l’éditeur du journal «La Prospérité», Marcel Ngoyi, de savoir s’il n’avait pas l’impression d’une application sélective dudit accord, le Chef de l’Etat a fait la révélation suivante : «…après la signature de l’accord à la Cité de l’Union Africaine, le président de la Cenco et son vice-président sont venus me voir pour me dire : ‘Monsieur le président, nous pensons que l’accord signé au niveau de la Cité de l’UA est un bon accord, mais il reste encore une frange de l’opposition en dehors. Est-ce que vous ne pouvez pas accepter que nous puissions faire un travail pour amener cette partie de l’opposition à adhérer à cet accord, ainsi l’on aura un accord complet ? ‘J’avais dit : ‘Merci, je pense que c’est une très bonne idée, vous avez le feu vert».

L’évidence est là : la Cenco a initié les négociations du Centre interdiocésain.

Cnsa : 28 membres, y compris la Cenco

Certes, dans l’Accord est prévu au Chapitre VI un «MÉCANISME DE SUIVI DE L’ACCORD POLITIQUE ET DU PROCESSUS ÉLECTORAL» dénommé «Conseil national de suivi de l’accord» (Cnsa) avec comme attributions : «Assurer le suivi du chronogramme de mise en oeuvre de l’Accord»; «Réaliser des évaluations régulières une fois tous les deux mois avec la CENI et le Gouvernement sur le processus électoral»; «Communiquer régulièrement sur l’état d’avancement de la mise en œuvre de l’Accord»; «Formuler des recommandations respectivement au Parlement, au Gouvernement et à la CENI pour la bonne exécution de l’Accord»; «Assurer le règlement d’éventuelles divergences nées de l’interprétation de l’Accord entre les parties prenantes et concilier leurs points de vue à cet égard»; «Se concerter avec le Gouvernement et la CENI en vue d’harmoniser les vues quant à la réussite du processus électoral»; «Elaborer son Règlement Intérieur sous réserve de sa conformité à la Constitution» et «Apprécier consensuellement le temps nécessaire pour le parachèvement desdites élections avec le Gouvernement et la CENI».

Pour sa composition (point VI.2.2.), les parties prenantes ont convenu que la Cenco fasse partie de ses 28 membres, mais avec une insolite confirmant la présence du diable dans les détails, car si à l’alinéa 2, il est dit que «La structure comprend 28 membres issus des parties prenantes», à l’alinéa 1 il est clairement déclaré que «Les parties prenantes s’accordent sur le nombre de 28 membres pour constituer le Conseil National de Suivi de l’Accord, y compris la CENCO, et sollicitent que la plénière tranche sur la répartition pour la représentativité en termes de composantes».

En d’autres mots, la Cenco n’est pas le 29ème membre. Elle a sa place parmi l’une des équipes constituées de 14 membres, avec liberté de choisir laquelle (lire «AMUSONS-NOUS UN PEU !»

A elle seule, cette anormalité justifie une plénière d’évaluation.

Elle a choisi le bras de fer

En effet, la confusion observée autour de l’institution devant assumer la responsabilité, par exemple, des mesures de décrispation politique est telle que la Cenco et l’aile radicale de Rassemblement sont parvenues à engager dans l’opinion nationale et internationale celle du Président Joseph Kabila.

Pourtant, à analyser l’Accord dans son chapitre précité, c’est le Cnsa que les parties prenantes ont investi comme «MÉCANISME DE SUIVI DE L’ACCORD POLITIQUE ET DU PROCESSUS ÉLECTORAL» et non le Chef de l’Etat. D’ailleurs, au cours de sa conférence de presse du 26 janvier 2018, Joseph Kabila l’a signifié aux médias. «Pour la question de décrispation, on a le Cnsa qui a le dossier en main. Ce n’est pas le Président de la République», a-t-il relevé.

Il se fait seulement que malgré cette précision de taille, les adversaires visibles et invisibles continuent de soutenir le contraire via des médias entraînés dans le plan de diabolisation.

A dire vrai, l’Accord présente beaucoup d’imperfections (anormalités), si bien que le seul fait de réclamer son application intégrale et stricte, sans procéder au préalable à son évaluation, accentue plutôt la crise au lieu de l’absorber.

En toute logique, la solution idoine est que la Cenco, «autorité morale» de l’Accord, soit à la manœuvre pour l’évaluation de son œuvre. Après tout, toute œuvre humaine est perfectible.

Hélas !, la Cenco a choisi le bras de fer en misant essentiellement sur la communauté internationale dont les intérêts – elle est mieux placée pour le savoir – ne sont pas forcément compatibles avec ceux du Congo. Autrement, depuis 1960, le pays n’aurait jamais connu guerres d’agression, de rébellion et de mutinerie, encore moins instauration de démocratie bâclée et de dictature tantôt cautionnée, tantôt combattue, pour ne pas dire nationalisation et zaïrianisation manquées.

Les analystes savent que si l’Eglise catholique romaine du Congo l’avait voulu, et si elle avait usé de l’influence qu’elle prétend détenir, le peuple congolais n’aurait jamais subi toutes ces épreuves dures,  commanditées essentiellement de l’extérieur.

La postérité risque de retenir de cet Accord qu’après en avoir fait un «instrument international», la Cenco s’abstient de le soumettre à une évaluation exhaustive, probablement par gêne de voir apparaître au grand jour ses imperfections.

Normal, un bon catholique ne demande jamais pardon, aurait déclaré Le Récamier !

Mais là, il ne s’agit pas d’église. Il s’agit du Congo et de son peuple…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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