Diplomatie. Angola-RDC : relations excellentes et pas d’agenda caché

Une intoxication malveillante annonçait un sommet présidentiel à Luanda le 17 juin 2018 où le sort de la RDC serait discuté par certains présidents africains… Ni l’Angola, pays hôte de cette prétendue réunion, ni la RDC, pays sujet, n’ont eu vent de cette réunion fantôme. Ce lundi 18 juin 2018, à l’initiative de son homologue angolais, Manuel Domingos, c’est plutôt une visite de travail bilatérale dans le cadre des consultations diplomatiques régulières qu’a effectuée à Luanda Léonard She Okitundu, Vice-premier Ministre et ministre des Affaires Étrangères et Intégration régionale, accueilli à l’aéroport du 4 février par le vice-ministre angolais des Affaires étrangères, Antonio Tete, ainsi que le nouvel ambassadeur de RDC à Luanda, Didier Kazadi Nyembwe…  

 

Au menu de cette visite de travail : une audience de courtoisie et de civilités en format bilatéral puis en tête-à-tête avec le Président de la République d’Angola, Joao Lourenco, ainsi qu’une séance de travail entre les deux ministres et experts.

A cet effet, le Vice-premier ministre She Okitundu a briefé le Président angolais, en sa qualité de président de l’organe politique, sécurité et défense de la SADC, sur l’évolution du processus politique qui a atteint « la dernière ligne droite » avec le prochain dépôt des candidatures des députés provinciaux prévu le 24 juin et a évoqué certaines controverses entretenues par des officines politiques non prêtes aux élections,  notamment sur le fichier électoral – pourtant audité par l’organisation Internationale de la francophonie – le financement en fonds propres du processus et la machine dite à voter, simple mécanisme d’impression du bulletin de vote.

Les décisions congolaises sont souveraines dit le président angolais

Pour sa part, en sa qualité de président de l’organe politique, sécurité et défense de la SADC, Joao Lourenco a pris acte des avancées du processus et a renouvelé sa disponibilité pour un accompagnement constructif du processus politique en RDC.

Concernant les controverses évoquées, il a affirmé que ces décisions du peuple et du Gouvernement Congolais étaient souveraines et qu’il les comprenait notamment pour les raisons évoquées de baisse du budget  électoral et d’appropriation nationale du processus politique.

Les initiatives possibles doivent se faire dans le cadre des institutions sous-régionales et en respectant la souveraineté congolaise.

Concernant une mauvaise interprétation des propos et prises de position enregistrées d’une certaine opinion au cours de sa récente tournée européenne qui par « coïncidence d’agenda » s’est effectuée concomitamment avec celle du Président du Rwanda, Joao Lourenco a tordu le cou à une théorie du complot sur un axe Luanda-Paris-Kigali contre Kinshasa.

Selon lui, les initiatives possibles ne peuvent être que l’œuvre des organisations régionales dont l’Union Africaine ou sous-régionales attitrées telles la SADC ou la CEEAC et doivent être «constructives dans le respect scrupuleux de la souveraineté de la RDC». Il n’y a donc pas d’initiatives de pays comme l’Angola ou le Rwanda ou d’autres sur la RDC.

S’en suivra un huis clos dont le contenu n’a pas été révélé.

Les relations entre l’Angola et la RDC sont excellentes, il n’y a pas d’agenda contre Kinshasa d’après le ministre angolais

Au sortir de l’audience présidentielle, les deux ministres des Affaires étrangères se sont prêtés au jeu des questions réponses avec la presse.

Pour Manuel Domingos, « les relations entre la RDC et l’Angola sont excellentes et au beau fixe, l’Angola a toujours soutenu la RDC » selon lui, « il faut éviter  de tomber dans le piège de la manipulation de communication de certains partenaires qui veulent voir des agendas de conspiration entre nos deux pays» a-t-il martelé.

Selon lui, « il n’y a pas d’agenda caché » entre son pays ou d’autres contre la RDC, simplement il y a peut-être eu un «malentendu» sur les positions qu’occupent certains pays voisins du Congo en leurs qualités de Président en exercice de l’Union Africaine pour le Rwanda ou de Président de l’organe Sadc pour l’Angola.

Provenant du ministre angolais après les polémiques stériles sur une dégradation des relations bilatérales RDC-Angola,  les mots du ministre Domingos sont simples et le message est clair: Kinshasa et Luanda n’ont pas de casus belli comme ont voulu soulevé certains.

Les relations fraternelles séculaires entre la RDC et l’Angola sont donc consolidées par cette visite de travail.

Michaël Sakombi

CP

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