30 juin 1960-30 juin 2018 : 58 ans d’Indépendance pour quel bilan !

 

  • La constante à relever est que la contestation politique interne, généralement téléguidée de l’extérieur, s’appuie sur la jeunesse congolaise, celle-là même qui incarne l’avenir. Depuis 1960, avec une moyenne d’âge de 30 ans, cette jeunesse est de tous les grands bouleversements qui se produisent au pays. C’est par elle que l’alternance se nourrit du discours de l’échec du bilan de tout régime dont l’Occident veut se défaire après l’avoir pourtant fait…

 

 

Bilan mitigé, bilan négatif, bilan globalement négatif : le terme s’emploie en tous lieux et en toutes circonstances dans la galaxie congolaise au pays ou à l’étranger, et cela depuis quasiment juin 1960. En 58 ans d’Indépendance, chaque changement de régime avéré ou escompté a pour argument-massue l’échec de la gouvernance institutionnelle en place. Ainsi, la 1ère République s’érigea en soutenant la thèse de l’échec de la colonisation. La 2ème République s’érigea en soutenant la thèse de l’échec de la 1ère République. La 3ème République s’érigea en soutenant la thèse de l’échec de la longue transition infligée au pays de 1990 à 2006. Et maintenant, dans la perspective du régime à venir – dont on ne sait pas encore s’il sera intégré dans l’actuelle République ou s’il donnera lieu à la naissance de la 4ème République – la thèse brandie est celle de l’échec du bilan de Joseph Kabila. Pour schématiser : Kasa-Vubu a échoué. Mobutu a échoué. L-D. Kabila a échoué. Et dès lors que cela est inscrit dans la logique congolaise, J. Kabila ayant échoué, son successeur va devoir échouer également. Il en sera ainsi jusqu’au jour où la contestation politique cessera d’être instrumentalisée, autant de l’intérieur que de l’extérieur. Surtout de l’extérieur. C’est ici que la perception des bilans devient intéressante.  DEMONSTRATION :

 

Intéressante en ce que le pays connaît des périodes de progrès réels mais dont les acquis sont vite remis en cause via la contestation politique conçue, actionnée et sponsorisée de l’étranger.

Ces quelques repères sont au demeurant édifiants :

à l’avènement de l’Indépendance le 30 juin 1960, le Congo disposait de bonnes infrastructures dans plusieurs domaines.  Hélas !, la gouvernance institutionnelle conflictuelle eut pour conséquence malheureuse d’affecter leur gestion au travers de la contestation politique téléguidée de l’extérieur et concrétisée d’abord avec les sécessions katangaise et sud-kasaïenne, ensuite l’étranglement du fonctionnement de l’Institution Gouvernement. Celui, évidemment, de Patrice-Emery Lumumba.

à l’avènement de la 2ème République le 24 novembre 1965, le Congo commença à se ressaisir, surtout au cours des huit premières années. La reconstruction nationale eut un impact positif sur la situation économique et sociale. Et patatras !, les mesures politiques comme l’institutionnalisation du Mpr (encouragée du reste par les puissances occidentales du fait de la Guerre froide) et les mesures économiques comme la nationalisation et la zairianisation ruinèrent les efforts de reconstruction. La contestation politique téléguidée de l’extérieur s’empara de la crise.

à l’avènement de l’Afdl le 17 mai 1997, la Révolution-Pardon prônée par L-D. Kabila actionna la reprise de ces efforts avec pour singularité notable la prise de conscience du concept d’auto-prise en charge. Hélas, la contestation politique téléguidée de l’extérieur fut vite récupérée par des mouvements insurrectionnels,  empêchant de ce fait le Congo de consolider les premiers résultats de la reconstruction.

à l’avènement de Joseph Kabila aux affaires le 26 janvier 2001, une reprise lente mais sûre sera observée jusqu’en 2003. Elle sera malheureusement ralentie sous le 1+4 qui n’est autre que le produit de la contestation politique, toujours téléguidée de l’extérieur.

à l’avènement de la 3ème République le 6 décembre 2006, sous les deux mandats électifs de Joseph Kabila, la reprise sera relancée sous les concepts complémentaires « 5 Chantiers» et «Révolution de la modernité». Des infrastructures des voies de communication, de santé, d’éducation, d’énergie etc. seront les unes construites, les autres reconstruites, mais au moins toutes modernisées. L’étendue du pays ne permettant pas de tout entreprendre à la fois, au moins les premiers signaux vont se révéler encourageants.

Pour une fois, le Congolais va assister à un événement jamais connu depuis l’Indépendance en 1960 : reconstruire le pays, organiser des élections et soutenir l’effort de guerre en même temps.

Hélas, la contestation politique téléguidée de l’extérieur est en train d’affecter les résultats obtenus.

…«dressée pour revendiquer»…

Au fait, la tendance à tirer les choses par le bas s’ancre dans la culture congolaise. Non seulement qu’on réclame du Pouvoir tout à la fois sans se demander soi-même ce qu’on lui apporte, mais en plus le «deux tu auras» l’emporte sur le «un tiens  » !

Aussi, le premier démagogue venu – et qui promet le ciel –  est vite acclamé, vite chéri, vite sanctifié,  même s’il a participé activement à ce qu’il présente à l’opinion comme étant l’enfer duquel il s’est échappé et duquel il entend sauver le peuple.

Conséquence : on peut rouler sur une  route macadamisée, peut-être la première dans une ville centenaire, mais considérer que le régime n’a rien fait ! Ou, on peut se retrouver dans un complexe scolaire bien équipé – le premier d’ailleurs à l’être dans une bourgade tout aussi centenaire – mais soutenir la thèse du bilan négatif du régime que l’on se donne le devoir de diaboliser pour être bien vu de l’extérieur.

Rien d’étonnant à cette culture. L’anecdote rapporte qu’un jour, les démons entourent Satan pour lui demander pourquoi ne les laisse-t-il pas opérer au Congo-Zaïre. Satan les regarde, sourit et lâche : « pourquoi perdre vos énergies et votre temps à vous occuper de ce pays pendant que ses propres citoyens font beaucoup mieux ce que vous voulez y faire !».

Moralité : la culture de la contestation politique pour la contestation politique, surtout quand elle est en plus téléguidée de l’extérieur, a quelque chose de démoniaque que même Satan a du mal à comprendre !

La constante à relever surtout est que cette contestation s’appuie sur la…jeunesse qui incarne l’avenir. Il suffit d’observer l’implication des jeunes dans les grands bouleversements qui se produisent dans ce pays depuis 1960. C’est à croire que le tendon d’Achille, le défaut de la cuirasse, le ventre mou du Congo tel que perçu de l’étranger est dans sa jeunesse, «dressée pour revendiquer» tout de l’intérieur à l’instigation de l’extérieur, mais jamais pour le faire à l’extérieur à l’instigation de l’intérieur.

Elle l’avait l’âge moyen de 30 ans à l’accession du pays à l’Indépendance. Elle a gardé cette moyenne d’âge en 1965, en 1990, en 1997, en 2003, en 2006 et en 2011. Elle la garde de 2011 à ce jour.

A dix jours de l’événement du 30 juin 2018 et la veille du discours sur l’état de la Nation, suivez simplement mon regard !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

Facebook : Omer Nsongo

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