Politico-business*. Pascal Beveraggi : l’homme qui veut sauver près de 2 000 emplois en RDC

C’est un épisode digne d’un film des polars, manœuvré par Moïse Katumbi, que veut sauver Pascal Beveraggi. Tout part de la transaction entre la société Necotrans et Moïse Katumbi concernant la vente de MCK. Avec le recul, il appert que tout était intentionnellement planifié d’avance par Moïse Katumbi, qui se savait quitter le poste de gouverneur de la province pour l’opposition, quelques mois après son acte. Nous sommes visiblement devant un cas de délit d’initié, qui peut se comprendre par cet énoncé des données:

 

  1. Avant la vente de MCK, Moïse Katumbi avait soustrait certains de ses intérêts de la société au profit d’autres, créées par lui-même par des montages offshore. Il confia la sous-traitance des marchés les plus importants à ces sociétés offshore basées au Panama, aux îles Maurice ainsi qu’à Hong Kong. Comme indiqué, Moïse Katumbi détenait des participations dans toutes ces sociétés. Mais ceci, sans en informer l’acquéreur, en l’occurrence la société Necotrans. Les choses sont présentées comme telles et les éléments pertinents de cette transaction militent à la faveur de notre article.
  2. Il faudra ajouter à cela que le même Moïse Katumbi avait détourné, avant la transaction afférente, un contrat de 50 millions de dollars par an au profit de Rulco, une des sociétés où il gardait encore des participations via les montages offshore (contrat Frontier à Sakanya), sans que l’acquéreur en soit aussi informé.
  3. Comme si cela ne suffisait pas, encore lui, Moïse Katumbi, avait soustrait la somme de 10 millions de dollars des caisses de la société avant cette vente, mettant l’état de la trésorerie de ladite société à plus de 30 millions des dollars des dettes.

Avant de poursuivre, retenons en substance, à la lumière des éléments décrits au point précédent, que la vente de MCK à Necotrans Mining pose en sus deux problèmes qu’il convient de relever ici :

  1. C’est une vente réalisée sans aucune garantie sur le passif et
  2. C’est une vente effectuée sans aucune clause de non-concurrence

Impensable. Tout expert en droit de société peut très facilement constater une telle défaillance, ce qui renforce l’idée de soupçon de duperie. Pas étonnant à nos yeux que l’homme se livre à retoucher son passeport (voir révélation de la Libre Belgique). Mais passons.

Dans des conditions d’acquisition de MCK par Necotrans Mining décrites ci-dessus, vu l’état financier hérité de la transaction et le détournement des marchés qui pourtant seraient la raison d’une telle affaire, Necotrans (l’acquéreur de MCK) ne pouvait tenir. Le risque aujourd’hui, à cause de ce dossier aux contours  soupçonneux, plus de 2.000 (deux milles) Congolais risquent d’être relégués au chômage.

Alors qu’il n’y avait plus aucun espoir pour eux, M. Pascal Beverragi s’est présenté en sauveur avec un plan pouvant aider ces compatriotes congolais à garder leurs emplois. Nous saluons son action bienfaitrice, car il ne ménage aucun effort pour se mettre aux côtés de ces laisser-pour-comptes. Nous sommes témoins de certains faits…

Mais peut-on dire que Moïse Katumbi, l’homme qui serait à la base d’une telle situation, lui facilite-t-il la tâche ? Prenons les choses dans l’ordre :

  1. Signalons de prime abord que la société Necotrans Mining était mauricienne. Elle a été régulièrement achetée par la société Octavia, basée à Dubaï, et appartenant à Pascal Beveraggi. C’est le tribunal de commerce de Paris qui a procédé à la cession des actifs de Necotrans Holding dans le cadre de la procédure collective. Partant de cette procédure, Octavia, l’acquéreur, a cédé 100% d’actifs à NB Mining et racheté toute la créance des banques françaises dues par Necotrans Mining pour un montant de 25 millions de dollars (vingt-cinq millions des dollars).
  2. Mais cette action, qui vise à sauver l’emploi de plus de 2.000 congolais, menée par Pascal Beveraggi, se heurte à l’opposition de la société Astalia, appartenant à Moïse Katumbi. Ce dernier, depuis peu, prétexte bénéficier d’un droit de préemption. Ainsi, le jugement rendu en faveur de la société Octavia le 25 août 2017 par le Tribunal de Commerce de Paris a été suspendu par l’opposition orchestrée par Moïse Katumbi et ses conseils. Mais vu la faiblesse des arguments liés à cette opposition, le deuxième jugement rendu par le même tribunal le 19 décembre 2017 a confirmé le 1er jugement. C’est alors que Moïse Katumbi interjeta appel et avança un nouvel argument qui dit qu’au moment de la vente de MCK à Necotrans, une clause d’incessibilité indiquait que les titres ne pouvaient-être cédés avant de tout payer jusqu’au mois de novembre 2018.

La question ici est celle de confirmer l’authenticité du document produit par ses conseils seulement à la Cour d’appel de Paris.

Il y a anguille sous roche. Peut-on librement affirmer que la vente de MCK à Necotrans était régulière ? On se pose encore des questions, ce d’autant plus que pour une telle transaction, les éléments que nous dénonçons ici constituent le socle même des discussions entre les parties avant toute conclusion. Soit.

A ce jour, l’affaire est pourvue en cassation en France. Mais pendant cette bataille juridique, l’épineux problème des travailleurs de NB Mining (plus de 2.000 emplois) demeure encore très préoccupant. Doivent-ils subir les conséquences de cette transaction visiblement très obscure entre MCK et Necotrans qui conduit naturellement et obligatoirement vers le dépôt de bilan de NB Mining ? Ou devons-nous soutenir la bonne foi de Pascal Beveraggi qui s’engage à sauver ces emplois !

Nous serons toujours du côté des victimes. Nous préférons mourir debout dans la dignité que de vivre à genoux dans le déshonneur et le mépris des victimes.

C’est donc l’occasion pour nous de lancer un appel à Mme la Ministre provinciale du Travail du Haut Katanga à se pencher sur ce dossier. La vie de plus de 2 000 familles des Congolais est en jeu.

Sauvons ces emplois, ils concernent des Congolais et nous ne le dirons jamais assez !

Que les gouvernements provincial et central, en outre, procèdent à l’allègement fiscal au profit de la société Octavia afin de préserver les emplois menacés. Nous restons sensibilisés et nous appelons le peuple congolais à faire comme nous : soyons solidaires aux employés de NB Mining, anciennement MCK et soutenons l’acquéreur, Pascal Beveraggi à sauver ces 2.000 emplois.

Ce n’est pas de la politique, mais plutôt de la justice sociale.

 

Papy Tamba

CP

*L’avant-titre est de http://www.congo30juin.com

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