REVUE DE PRESSE THEMATIQUE. Démission de J. Seke Mavinga, directeur du Centre national de traitement de la Ceni

Le Potentiel, 18 juin 2018

Rejet de la machine à voter : démissions et arrestations en cascade à la Céni

 

L’opposition à la machine à voter a fini par gagner les rangs de l’administration de la centrale électorale. Il n’y a jamais de fumée sans feu, dit-on. Pour le moment, tout se passe dans le plus grand secret digne des régimes de l’ex-Union soviétique. Au sein de la direction informatique de la Céni, le climat se gâte. Des pressions en vue des démissions ont cédé le pas à des arrestations des cadres du département Informatique et nouvelles technologies de la centrale électorale. Son directeur, aux initiales J.M.,a subi les pires pressions qui puissent exister alors qu’il séjournait aux Etats-Unis. Il a été obligé par le vice-président Basengezi d’écourter son séjour médical. Ne se doutant de rien il a regagné le pays. C’est alors que son calvaire a commencé parce qu’il lui a été expliqué qu’il avait «trahi» les secrets de la machine à voter aux Américains, rapportent des sources bien introduites dans les milieux de la Céni. Lesquels secrets avaient poussé le gouvernement américain à mettre une forte pression sur le gouvernement sud-coréen afin qu’il pèse de tout son poids sur Miru systems, fabricant sud-coréen de la machine à voter, pour qu’il décline la commande de la Ceni…

 

Après recoupement, l’on apprend que le responsable informatique de la Céni a présenté sa démission, avant de se volatiliser dans la nature. Des sources généralement bien informées rapportent qu’il se trouverait déjà hors de la RDC, dans une capitale africaine, en route, entend- on dire, pour les Etats-Unis où il pense solliciter un exil. Les mêmes sources indiquent que deux autres responsables de la même direction ont aussi démissionné pour «des raisons de convenance personnelle».

A la Céni, le malaise est profond. Ne peuvent croire que des naïfs qui ne comprennent pas qu’un vent violent souffle sur les rivages de la Céni. A la base de la révolte des informaticiens de la Céni, il y a encore et toujours la machine à voter. A une étape aussi cruciale, il ne faut pas être devin pour comprendre que quelque chose se trame au sein de la centrale électorale.

Selon des indiscrétions glanées dans les couloirs de la Céni, il était demandé à ces agents qui ont la charge des logiciels à la Céni de tripatouiller ou d’avaliser des procédures de tricherie sur les machines à voter. Ils auraient alors décliné cette offre pour ne pas être mêlés aux conséquences qui découleraient de ces fraudes en préparation avec la machine à voter – que l’Opposition qualifie, à juste titre, de «machine à tricher».

Les mêmes sources indiquent que d’autres agents informaticiens de la Céni ont été auditionnés par les services de renseignements. Ce qui n’écarte pas la piste d’arrestations, suivant des éléments d’informations recueillis dans les milieux de la Céni.

Bien sûr, le dispositif informatique de la Céni est toujours en place, mais le départ précipité de ces agents est un coup dur duquel la Céni ne devrait pas se relever de sitôt. Avec le départ de son directeur informatique, suivi d’autres agents, c’est le cœur même de l’administration de la Céni qui est déstabilisé.

LA DÉSILLUSION

Que reste-t-il à faire pour Corneille Nangaa, président de la Céni, lui qui ne jure que par la machine à vo ter aux élections de décembre 2018 ? Difficile à dire.

Dans tous les cas, la machine à voter crée un véritable remous au sein de l’administration de la Céni. De quoi donner des arguments à tous ceux qui, comme dans l’Opposition et dans la communauté internationale, redoutent que l’usage de la machine à voter ne puisse être à la base d’une crise postélectorale de grande ampleur en RDC.

Comme on l’a toujours dit, il n’est pas trop tard pour la Céni de se ressaisir. La machine à voter n’a jamais été un bon choix. A moins que, derrière son usage, la Céni ne dissimule un plan de tricherie en grande échelle.

 

http://www.mediacongo, 20 juin 2018

Démission de Jonathan Seke Mavinga : panique générale à la Ceni ?

 

Porté disparu depuis un temps, Jonathan Seke Mavinga, informaticien en chef de la Ceni, a été annoncé aux Etats-Unis. Qui pis est, dans sa cavale, le directeur du CNT aurait emporté, dans ses valises, le logiciel de base de la machine à voter ; ce système de vote électronique que la Ceni veut tester aux élections de décembre 2018, malgré la vague de critiques. A la centrale électorale, c’est la panique générale. Finalement, selon le journal Le Potentiel, ce qui n’était que rumeur a fini par être confirmé par les hautes instances de la Ceni. Jonathan Seke Mavinga, le directeur de son Centre national de traitement (CNT), autrement dit la cellule informatique de la Ceni, a bel et bien démissionné…

 

Comme en pareille circonstance, à la Ceni, on explique cette démission par des raisons de convenance personnelle. Non seulement qu’il a introduit en bonne et due forme sa démission – du reste acceptée par la haute direction de la Ceni – le directeur du CNT a également reçu l’autorisation, confirme la Ceni, de sortir de la RDC pour des soins de santé appropriés. C’est le côté jardin.

Mais, côté cour, le scénario est tout autre. Des sources internes de la Ceni rapportent que depuis la volonté du bureau de la Ceni de faire usage de la machine à voter aux élections de décembre 2018, les rapports n’étaient plus au beau fixe entre le directeur du CNT et le bureau de la Ceni. Et le niveau de détérioration des rapports a été tel que le directeur du CNT n’a trouvé d’autre issue que de rendre le tablier. Ce qui, du reste, rentre dans le cadre du fonctionnement normal de toute organisation. Mais, là où le bât blesse, c’est lorsqu’on apprend qu’après sa démission, le directeur du CNT a réussi à sortir de la RDC. Direction : les Etats-Unis, après une escale dans une capitale africaine.

En sortant du pays, le directeur du CNT se serait soustrait à la vigilance des services aux frontières avec, dans ses bagages, confirment des sources concordantes, le secret de la machine à voter. Que s’est-il donc passé ? On n’en saura un peu plus dans les jours à venir maintenant que, petit à petit, des langues se délient.

A la Ceni, on essaie tant bien que mal de relativiser, même si, au fond, le coup assené par le désormais ex-directeur informatique est bien fatal. Bien évidemment, la machine à voter est au cœur du débat. La technologie importée de la Corée du Sud a fait que le CNT est au cœur de tout le processus électoral.

UNE MACHINE À PROBLÈMES

Que son responsable n°1 du CNT démissionne et se volatilise dans la nature à moins de six mois de la tenue d’élections, il y a de bonnes raisons de s’interroger. Et les inquiétudes sont d’autant plus vives qu’on rapporte que, dans sa fuite – juste après sa démission – le directeur Jonathan Seke s’est envolé avec le logiciel de base du système informatique qui régit l’opérationnalisation de la machine à voter. Rien qu’à ce titre, on comprend pourquoi une panique générale a gagné le quartier général de la Ceni, sur le boulevard du 30 Juin. Corneille Nangaa, son président, minimise l’incident. Mais, pour combien de temps encore ? C’est tout le problème.

La démission du responsable informatique passe pour ce grand arbre qui cache la forêt de la tricherie qui se met en place autour de la machine à voter. Pour l’instant, la Ceni s’active à le remplacer au plus vite. Des noms circulent déjà, dont celui du fils du vice-président de la Ceni, point focal en RDC du fabricant sud-coréen de la fameuse machine à voter.

A tout prendre, le machine à voter, qui peine déjà à faire l’unanimité aussi bien dans l’opinion nationale qu’internationale, est presque poursuivie par un signe indien. Il ne se passe pas un jour sans qu’une révélation remette en cause la fiabilité et la crédibilité du système de vote choisi par la Ceni. Que le responsable informatique rende le tablier dans des conditions tout aussi obscures qu’improvisées, l’on craint que la Ceni se retrouve prise au piège de sa propre technologie.

Pour se laver de l’opprobre, il est du devoir de la Ceni de sortir de sa torpeur en faisant toute la lumière sur ce qui s’est réellement passé dans son Centre national de traitement. Il s’agit non pas de défendre bec et ongles son gadget, mais surtout de rassurer l’opinion publique qui reste toujours sceptique sur cette technologie sortie de nulle part – car non prévue dans le chronogramme repris dans le calendrier électoral du 5 novembre 2017.

S’entêter, comme c’est le cas avec l’intransigeance dont fait preuve Corneille Nangaa, c’est planter déjà le décor d’une contestation électorale aux conséquences imprévisibles. La Ceni ferait mieux de se ressaisir. Il n’est pas trop tard. La démission de son directeur informatique est une alerte qu’on ferait mieux de prendre à sa juste mesure.

Corneille Nangaa est-il assis sur un volcan prêt à entrer en éruption avec tout le risque de déflagration sur le processus électoral ? Wait and see.

Le Potentiel / MCN,via mediacongo.net

 

Jeune Afrique, 18 juin 2018

Élections en RDC : démission surprise du directeur du Centre national de traitement de la Ceni

 

Les rumeurs n’ont cessé de se propager ces dernières semaines autour du sort de Jonathan Seke Mavinga, directeur du Centre national de traitement de la Ceni en RDC. A-t-il démissionné de son poste ou a-t-il été contraint à le faire ? Et pourquoi ? Où est passé Jonathan Seke Mavinga ? À la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) de la RDC, personne ne sait où se trouve aujourd’hui son désormais ex-directeur du Centre national de traitement (CNT).  L’expert électoral et diplômé en génie informatique se trouverait aux États-Unis, selon des indiscrétions.

 

D’après nos informations, Corneille Nangaa, président de la Ceni, a pris acte de la démission de Jonathan Seke Mavinga le samedi 9 juin à Kinshasa, avant de s’envoler pour Washington où il a notamment eu des entretiens au département d’État au sujet de la machine à voter. Un exemplaire de cet engin controversé a même été présenté à ses interlocuteurs américains, acteurs politiques, ONG et aux médias.

Mais à Kinshasa, aucune information n’a filtré entre-temps sur cette démission surprise du directeur du Centre national de traitement, structure qui compte quelque 120 agents et est chargée, entre autres, de la centralisation, du traitement et de la consolidation des données biométriques au sein de la Ceni. Ce manque de communication officielle a rapidement laissé place à des rumeurs dans les officines des partis politiques, voire dans les couloirs des représentations diplomatiques sur place.

Une « question de perte de confiance »

Certains soutiennent que Jonathan Seke Mavinga a été poussé à la démission, d’autres ajoutent qu’il lui serait reproché d’avoir remis aux experts de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) le fichier électoral contenant six millions d’électeurs inscrits sans empreintes digitales ou à empreintes partielles.

Une dernière hypothèse catégoriquement rejetée par la Ceni. «Rien à voir avec l’audit du fichier électoral !»,  jure-t-on dans l’entourage de Corneille Nangaa.

Dans sa lettre de démission datant du 9 juin et que Jeune Afrique a pu consulter, Jonathan Seke Mavinga évoque en effet son «état de santé qui ne [lui] permet pas d’être efficace et de donner un bon rendement à [son] poste de directeur informatiqu» de la Ceni.

C’est surtout une «question de perte de confiance», précise-t-on du côté de la Ceni. Mi-avril, de retour d’une mission à Abuja, au Nigeria, où il accompagnait son président Corneille Nangaa, Jonathan Seke Mavinga s’est envolé dans la foulée vers Dallas pour une visite privée et sans autorisation de son patron.

Nangaa en a alors informé le bureau de la Ceni qui a exigé des explications, voire la révocation du Seke Mavinga. Ce dernier présentera d’abord des «excuses» pour son «départ précipité» aux États-Unis, soutenant qu’il ignorait qu’il lui fallait une autorisation préalable de sa hiérarchie. C’est lorsqu’il regagne Kinshasa, début mai, qu’il annonce son intention de démissionner.

D’autres directeurs de la Ceni sur le départ

Problème : la Ceni ne pouvait se séparer de son directeur du Centre de traitement alors que l’audit de l’OIF est pendant. Nangaa aurait donc décidé de temporiser. «Une fois les conclusions satisfaisantes de cet audit ont été rendues publiques, l’option a été levée d’accepter sa démission, conclut notre source au sein de la Ceni. Ce départ n’a aucun impact sur le processus électoral».

D’après nos informations, le remplacement de Jonathan Seke Mavinga pourrait coïncider avec l’éviction de «quatre ou cinq autres directeurs» de la Ceni. «Cela se fera pour des raisons opérationnelles : nous sommes au moment du processus électoral où nous avons besoin d’un nouvel esprit, un nouveau souffle», confie un membre de l’entourage du président de la Ceni.

Trésor Kibangula 

 

Top Congo fm, 20 juin 2018

La loi autorise même le vote électronique en RDC (CENI)

 

«Le vote s’effectue soit au moyen d’un bulletin papier, soit par voie électronique», stipule l’article 47 de la loi électorale publiée dans le Journal Officiel le 30 décembre 2017, rappelle le Raporteur de la CÉNI. Invité du Magazine Le Débat sur TOP CONGO FM, Jean-Pierre Kalamba précise que plusieurs autres articles de la loi électorale parlent aussi du vote électronique. Qui concède que « dans notre pays, nous ne pouvons pas faire le vote électronique parce que les bureaux de vote doivent être interconnectés. Nous n’en avons pas la possibilité»…

Machine antivol, «kanga moyibi»

À ceux qui qualifient la machine à voter de machine à voler, Jean-Pierre Kalamba les exhortent «de l’appeler plutôt machine kanga moyibi (antivol)». Et rappelle que «la machine à voter est le résultat d’une recherche, débutée depuis 2013 par Abbé Apollinaire Malu-Malu, pour résoudre un problème». Elle permettra notamment «à chaque électeur de rentrer à la maison avec son procès-verbal». La machine à voter donnera également la possibilité d’avoir «des résultats dans quelques 3 jours après les élections au lieu d’attendre 3 ou 4 mois comme c’était le cas avant».

« La CENI était prête à enrôler la diaspora »

«Il y avait 220 machines pour l’enrôlement des Congolais de la diaspora», se souvient Jean-Pierre Kalamba. «La loi nous demande d’enrôler les congolais qui se trouvent dans les rayons accessibles de l’ambassade. Nous avons la cartographie et tout le reste». Le problème est venu du ministre des Congolais de l’étranger, Emmanuel Ilunga qui a dit que «c’était injuste d’enrôler seulement les congolais qui se trouvent dans les rayons accessibles des ambassades». Pour le ministre, «il fallait enrôler les 16 millions» des Congolais de l’étranger. Selon Jean-Pierre Kalamba, «nous n’en avons pas la possibilité. Le monde a 180 pays. Nous n’avons que 68 ambassades».

Sans empreinte, aucun problème  

Après l’audit du fichier électoral, 16% d’électeurs étaient sans empreintes digitales. « Rien d’alarmant cependant», selon la CENI, parce que la loi dit que «pour les personnes qui ne disposent pas d’empreintes digitales pour cause d’handicap et pour celles dont les empreintes sont illisibles, la saisie d’autres renseignements personnels seront effectué après autorisation préalable du président du Centre d’inscription».

« Le directeur informatique voulait se reposer » 

Le directeur informatique de la CENI, «Jonathan Seke Mavinga est venu me voir à mon bureau il y a une semaine pour me dire merci après avoir travaillé sous ma supervision. Il m’a dit, j’ai travaillé beaucoup aux élections de Burkina Faso, je suis fatigué. Je vais me reposer. C’est ce qu’il m’a dit». Jean-Pierre Kalamba, pour qui il ne fait pas polémiquer autour de cette démission, refuse «d’entrer dans des spéculations», aussi sur le fait que l’UDPS exige son départ de la CÉNI.

«Au nom du respect du droit de réserve».

Barick Bwematelwa

Une sélection de www.congo30juin.com

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