Avec ou sans machine à voter, 15 jours terribles pour les provinciales…

 

  • Oui, quinze jours pour les candidats de conserver ou non les chances de participer aux provinciales sans lesquelles, cela va de soi, il n’y a ni sénatoriales, ni « gouvernorales », donc sans base essentielle entre les institutions nationales et les Entités territoriales décentralisées…

 

  • Les candidats potentiels des forces politiques et sociales anti-Machine à voter subissent une très forte pression d’ici au 8 août 2018, date de clôture du dépôt de leurs dossiers. Certains partis ou regroupements pourraient voler en éclats…

 

  • Si, en plus, les anti-Machine à voter parviennent à contraindre la Céni à leur accorder une rallonge, la conséquence logique serait le report de la date des élections ! Autant dire la quadrature du cercle…

 

Depuis l’ouverture des Brtc (Bureaux de réception et de traitement des candidatures) pour les élections provinciales, les réactions vont dans tous les sens, et c’est une bonne chose pour le débat démocratique. D’où l’intérêt de revisiter le calendrier électoral. Au point 22, la période prévue en effet pour «l’actualisation des dossiers des candidatures des députés provinciales» va du 24 juin au 8 août 2018. Au point 23, celle allant du 9 au 13 juillet 2018 est réservée aux opérations «Ajout, retrait et substitution des candidatures des députés provinciaux», selon l’article 16 de la loi électorale, suivie au point 24 de la période comprise entre le 14 et le 24 juillet pour «Transmission des dossiers physiques des dossiers des candidats Députés provinciaux et Délibération par l’Assemblée plénière de la CENI». La date du 25 juillet (point 25) est pour la «Publication des listes provisoires des candidats députés provinciaux». Du 26 juillet au 5 août, le calendrier prévoit 11 jours pour le «Contentieux des candidatures (dépôt et traitement des recours) des députés provinciaux», conformément aux articles 25 et 27 de la loi électorale. Au point 27, la période allant du 6 au 12 août est consacrée, elle, à la «Notification à la CENI des arrêts des Cours rendus dans le cadre des contentieux de candidatures des députés provinciaux» tandis que la période du 13 au 19 août, selon le point 28, à la «Prise en compte par la CENI des devoirs des Cours d’Appel». Bien entendu, au point 29, la finale fixée au 20 août 2018 est pour la «Publication des listes définitives des candidats députés provinciaux». Il va falloir respecter les étapes planifiées…

 

Or, la première de ces étapes – dépôt des candidatures pour les provinciales – est déjà perturbée à cause de plusieurs préalables dont la fiabilisation du fichier électoral et le rejet de la machine à voter.

Après la chronique précédente intitulée «Dépôt des candidatures : premier pas de l’Udps vers la machine à voter !», l’Udps – par la voix autorisée de son secrétaire général Jean-Marc Kabund – a quelque peu recadré son porte-parole, Paul Tshilumbu. Dans une déclaration reproduite par Radio Okapi le 24 juin 2018 sous le titre «Elections provinciales en RDC : l’UDPS/Tshisekedi prête à déposer la liste de ses candidats», Tshimbulu a probablement commis l’imprudence de ne pas insister sur le rejet de cet outil.

Dans son édition du 25 juin 2018, Forum des As rapporte que «Dans une interview accordée à 7 sur 7.cd hier dimanche 24 juin, le Secrétaire général de l’UDPS a signifié que son parti n’est pas concerné par cette opération de dépôt des candidatures tant que ses préalables ne sont pas satisfaits. Pour Jean-Marc Kabund, il n’est pas question de concourir aux élections sans le retrait de la machine à voter, ni correction du fichier électoral». Titre de l’article : «Elections provinciales : l’Udps prête mais pose des préalables».

Comme pour renchérir, MCN Team relève dans le sien, intitulé «Provinciales : le PPRD dépose ses listes, l’UDPS pose des préalables» : «…Jean-Marc Kabund fait savoir que son parti est prêt avec ses listes et posent encore des préalables. Il a affirmé que l’UDPS ne peut pas aller aux élections là où la fraude est planifiée. Le parti phare de l’Opposition s’oppose à l’usage de la machine à voter. Pour Jean-Marc Kabund, la Ceni doit renoncer à l’utilisation de cette machine pour que l’UDPS dépose ses listes».

En dehors de Moïse Katumbi qui a rejeté le 25 juin dernier ce matériel, il s’observe toutefois côté Opposition radicale une sorte d’attentisme.

La machine, le moindre de leurs soucis

Il y a de quoi être à la fois attentiste et attentif en ce que l’étape ouverte le 24 juin pour se refermer le 8 juillet 2018 avec les candidatures pour les provinciales est plus décisive que celle prévue du 25 juillet au 8 août prochain avec le dépôt des candidatures pour la présidentielle et les législatives.

Comme relever plus haut, les provinciales sont une élection-pivot. Elles conditionnent le fonctionnement des institutions nationales et des Entités territoriales décentralisées (ETD).

En cette période de coupe du Monde de football, on peut les comparer au milieu du terrain sans lequel, évidemment, l’attaque ne saura marquer de but et la défense l’arrêter.

Comme relever également dans la dernière chronique, l’Udps fait aujourd’hui les frais de la politique de la chaise vide car le parti n’a «ni sénateurs ni députés provinciaux (en glissement continent de 2007 à ce jour), ni députés nationaux reconnus ni gouverneurs de province ou ministres provinciaux, encore moins mandataires dans les entreprises publiques ou mixtes». D’où la succession pénible d’Etienne Tshisekedi et le remplacement difficile de Jean-Pierre Kalamba à la Ceni.

«On peut supposer qu’à Limite, on ne veut plus refaire les erreurs du passé, surtout au moment où la donne politique change au travers de l’acquittement du président du Mlc. Félix Antoine Tshilombo ne peut que se sentir à l’étroit avec, à ses côtés, Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi. ‘Géopolitiquement’ parlant, il ne fait pas le poids devant à ses challengers», y lit-on.

C’est peut-être l’occasion de le faire noter ici : tant qu’il n’y aura pas élections en RDCongo, les partis et les regroupements de l’Opposition radicale comme le Mlc, l’Unc, le G7 (Ensemble) etc. vont garder en poste leurs députés provinciaux, députés nationaux et sénateurs. Partant, la machine à voter est le moindre de leurs soucis. Ils savent le sort des leurs liés à celui du Président de la République.

Dure épreuve en perspective

Il y a toutefois plus important : la Céni insiste sur le respect du délai imparti : 15 jours, pas plus.

Au moment où cette chronique est mise en ligne, il en reste douze.

On devrait commencer à se demander ce qui adviendrait de toute résistance si jamais, à l’expiration du délai, les dossiers des candidatures apprêtés n’étaient pas remis aux Bcrt !

Concrètement, les candidats sélectionnés se sauront condamnés. Une fois de plus.

Vont-ils résister à la tentation de s’autodéterminer comme l’avaient fait en leur temps les députés élus de l’Udps ayant rejoint l’Assemblée nationale. Ou Eve Bazaïba, Jean-Paul Lisanga Bonganga et Jean-Claude Mvuemba en 2006 ? Mieux, les partis et les regroupements politiques préserveraient-ils leur unité ?

Dans le calendrier électoral, il y a une phrase qui devrait interpeller les forces politiques et sociales s’agissant du dépôt des candidatures pour les provinciales. Il est question, au point 22, d’«actualisation des dossiers des candidatures des députés provinciales». En d’autres termes, se savent concernés et s’estiment privilégiés ceux des candidats de 2015 restés fidèles aux partis et regroupements politiques.

Ils pourraient ne pas accepter un nouveau retard à cause d’une machine à voter après 3 ans de patience.

Déjà, les députés provinciaux, les députés nationaux et les sénateurs en glissement continu les uns depuis 2007, les autres depuis 2016 savent leurs mandats sécurisés par les articles 197 (alinéa 6), 103 (alinéa 2) et 105 (alinéa 2) de la Constitution. Parmi les seconds, c’est juste une supposition, aucun n’a postulé pour la députation provinciale. Question de ne pas rétrograder.

Dure épreuve alors pour les candidats de 2015.

Il y a davantage plus important : en insistant sur le respect du délai imparti, la Céni serait dans une posture délicate si jamais elle était obligée, à son corps défendant, d’accorder un délai supplémentaire à cause de la «culture nzombo le soir». Comme relever aussi plus haut, l’effet d’entraînement renverrait les élections au-delà du 23 décembre 2018, surtout la présidentielle.

Aussi, le dépôt des candidatures pour les provinciales met-il l’Opposition radicale dans une période de 15 jours stressants, chaque nouveau jour à affronter rapprochant dirigeants et candidats de l’AVC, et cela à cause d’une machine diabolisée peut-être à tort ! (Lire EDITORIAL intitulé «Machine à voter : juste un enjeu pour concessions politiques !».

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s